Découvrez l’avis du Cerveau pour Black Panther 2 : Wakanda Forever, à mi-chemin entre une aventure à réflexion politique et l’hommage au héros perdu

Il était difficile d’imaginer qu’un super-héros charismatique et introduit il y a si peu de temps dans le MCU se verrait remplacer à peine 4 ans après son arrivée sur les écrans.

C’est pourtant le cas avec la disparition de Chadwick Boseman, l’interprète charismatique du Black Panther, qui a fait ses débuts chez Marvel dans Captain America Civil War avant de nous offrir un Origin Story acclamé par le public et la critique dans le film éponyme qui lui est dédié.

Avec la vive émotion générée par son décès des suites d’un cancer que ce dernier n’avait pas révélé au public, difficile pour la firme de Super-héros de choisir un nouvel acteur pour incarner T’Challa. Le Roi du Wakanda restera pour toujours incarné pour le public par Chadwick Boseman, malgrès sa mort. Un décès qui ainsi génère la disparition de son propre personnage à l’écran.

20 000 lieues sous Black Panther

Dans Black Panther 2, La Reine Ramonda, Shuri, M’Baku, Okoye et les Dora Milaje luttent pour protéger leur nation des ingérences d’autres puissances mondiales après la mort du roi T’Challa. Alors que le peuple s’efforce d’aller de l’avant, nos héros vont devoir s’unir et compter sur l’aide de la mercenaire Nakia et d’Everett Ross pour faire entrer le royaume du Wakanda dans une nouvelle ère. Mais une terrible menace surgit d’un royaume caché au plus profond des océans : Talokan.


La mort de T’Challa ouvre l’intrigue de ce nouveau film Black Panther.  Une mort amenée avec élégance et beaucoup de respect, contrairement à ce qu’on aurait pu imaginer.

Une disparition qui se fait de manière assez organique dans l’intrigue de cette nouvelle aventure au Wakanda, integrée à une histoire qui – bien qu’elle soit rythmée par la thématique de la perte d’un être cher et du deuil (thème récurrent de la phase 4) – développe un peu plus les rapports de ce peuple discret et reclus, avec le reste du monde.

Un film politique

Si le premier film effleurait brièvement la place du Wakanda dans le monde, tout en suggérant une critique de l’héritage de l’esclavage et de la colonisation vis-à-vis des peuples noirs, notamment américain avec le personnage de Killmonger, ce second opus est beaucoup plus engagé dans des thématiques post-coloniale, et les ravages de la colonisation.

En effet, alors que certains pays de l’occident, notamment les USA ou la France tentent de profiter du décès du Black Panther pour récupérer les ressources et richesses de ce pays, comme le vibranium, le Wakanda se découvre un nouvel ennemi, lui aussi mit en danger par ces même assaillants à la recherche de ce minerai précieux, et des technologies qui en découlent.

Aqua-Fishman

Un ennemi qui se présente avec le personnage de Namor, animé par des enjeux revisités pour cette intrigue, bien que le personnage reste assez fidèle à celui des comics. Ici Namor n’est ni héros, ni antagoniste, et c’est ce qu’on aime. Un personnage humain, qui a des enjeux nobles malgré sa confrontation avec le Wakanda, ou les décisions qu’il prend pour protéger son peuple.

Namor est un personnage plus complexe qu’on aurait pu imaginer, proposant lui aussi de réfléchir aux ravages de la colonisation et du pillage des ressources de peuples autochtones. Ainsi, ce qu’on imaginait comme une simple guerre entre deux peuples dôtés d’une technologie et de ressources sans pareilles, est une véritable réflexion politique subtile. A l’échelle de Marvel, cela va sans dire.

No Woman No Cry

Mère, sœur, guerrière, espionne, ou cheffe d’états, scientifiques, jeune prodige et princesse, ce second opus consacré au super-héros félin africain donne la part belle aux femmes noires.

Black Panther Wakanda Forever n’est pas qu’un film sur le deuil et la nostalgie d’un héros perdu, il est surtout un film qui redonne la place aux femmes. Aux sociétés africaines matriarcales, dans lesquelles ces dernières sont la pierre angulaire autour desquels gravitent les hommes.

Si les femmes étaient très présentes dans le premier film, ici elles sont les véritables héroïnes de l’intrigue. Une intrigue contre un homme, certes, mais aussi d’autres super-puissances, portée par une émotion chargée. Une émotion que la reine Ramonda transmet dans chacune de ses scènes, entre force, dignité et sagesse, jusqu’au sacrifice.

Black Panther lives

Quant à Shuri, celle qui bien évidemment enfilera les griffes du Black Panther, la jeune fille pétillante et facétieuse du premier film devient une véritable femme, avec autant de noirceur et de douleur que de force.

La jeune femme est aux cœur de l’histoire et se présente avec plus de profondeur et de complexité, que la petite sidekick dans son laboratoire pleine d’énergie, d’humour et d’entrain. Elle brille notamment dans l’avant dernier acte du film, où cette dernière va devoir prendre des décisions radicales, notamment pour son royaume, mais surtout pour elle-même et sa vision de l’autorité.

Iron Riri

Dernière jeune femme à prendre de la place dans le film : Riri Williams, introduite ici avant de rejoindre les écrans de Disney+ dans sa propre série. Si le personnage s’intègre de manière fluide à l’intrigue et permet de proposer la même fraicheur et optimisme que Shuri proposait dans le premier opus, elle s’efface très vite, soulignant dans le dernier acte son rôle de macguffin de l’intrigue.

Si Wakanda Forever est, côté narratif, peut-être le film le plus abouti de la phase 4, il reste un film très long ( 2èmefilm le plus long du MCU après Endgame ) qui propose beaucoup ( peut-être trop ?) de séquences d’action.

Action et longueur

De l’action qui commence dès la 9ème minute du film et qui rythmera l’intrigue assez souvent, entre course poursuite – dont on aurait peut-être pu se passer – et batailles guerrières entre deux peuples surpuissants.

Les séquences sous l’eau proposent un univers esthétique jamais vu jusque-là dans le MCU qui n’est pas pour déplaire, avec quelques temps morts qui font du bien, dans des séquences de batailles et d’affrontement grandiloquentes.

Et bien que le peuple de Namor puisse parfois évoquer chez certains les fond marins de Pandora, cette visite des profondeurs aquatiques n’est pas pour déplaire.

Au-delà de la nostalgie et de l’hommage

En conclusion, si l’on s’attendait à un film essentiellement porté par le deuil et la nostalgie, Black Panther 2 Wakanda Forever arrive à proposer une suite qui fonctionne au-delà de l’hommage et tristesse à l’évocation de T’challa et Chadwick Boseman.

Bien que le deuil soit à la base de ce passage de relai plus-tôt que prévu, Black Panther 2 Wakanda Forever propose un film meilleur et cohérent vis-à-vis de son premier opus, sans tomber dans l’écueil du pathos vis-à-vis de la perte d’un être cher. Fait rare, l’intrigue de Black panther 2 se suffit à elle-même, un peu comme Shang Chi ou Thor 4.

Même si le film intègre ou développe certains personnages qu’on sera ramené à retrouver dans les prochaines itération Marvel, ces derniers sont avant tout là au service de l’intrigue avant tout. Une intrigue plus aboutie que d’autres aventures de la phase 4 de Marvel.

 

Black Panther 2 : Wakanda Forever – La Bande Annonce

Crédit photo : ©Marvel/Disney