Hunters : Chasse aux nazis et loi du Talion sauce Tarantino

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3.5

Découvrez la critique de Hunters, produite par Jordan Peele et starring Al Pacino, qui débarque dès aujourd’hui sur Amazon Prime Video.

Elle est l’une des séries les plus attendues de ce début 2020. Une série produite par le talentueux et oscarisé Jordan Peele pour la plate-forme de streaming du géant du e-commerce : Amazon Prime Video : Hunters.

Créée par David Weil, acteur reconverti pour la première fois à l’écriture et caméra au poste de showrunner, à mi-chemin entre Inglorious Basterds et La liste de Shindler, avec une pointe de Scorsese, Hunters est une série dramatique pop et colorée, boostée à bloc, sur fond de nazisme et de loi du Talion.

Sus aux nazis

Hunters raconte l’histoire d’une brigade qui chasse du Nazi à New York vers la fin des années 70, alors que ces derniers ont trouvé refuge aux USA après la guerre sans rencontrer le moindre problème. Alors que les enjeux de ces derniers, toujours partisans du IIIème Reich et de l’idéologie qui va avec, s’accélèrent, Jonah, un jeune homme juif découvre le groupe de chasseurs d’un ami de sa grand-mère assassinée, dont cette dernière est l’une des fondatrice. Il choisit de rejoindre la troupe pour venger le meurtre de cette dernière, elle qui menait la troupe aux côtés de son ami Meyer Offerman (Al Pacino), un ancien rescapé des camps de concentrations.

Filière d’exfiltration

Hunters s’inspire d’une réalité de notre Histoire. Celle où certains nazis ont réussi à trouver refuge en Amérique Latine et Moyen-Orient par les réseaux d’exfiltration du Reich. Dans cette version inspirée de notre Histoire commune, certains nazis se sont installés dans divers territoires des USA pour y monter une opération de conquête du pays, à travers des réseaux alternatifs très organisés, infiltrés jusqu’aux hautes sphères du gouvernement américain. C’est là que les Hunters vont entrer en jeu, pour non seulement rendre justice à tous ceux qui ont péri par les mains de ces nazis installés sur ce territoire, mais aussi défier les enjeux de ces derniers.

Al Pacino sur le petit-écran

Un casting 4 étoiles mené par Al Pacino, pour la première fois sur le petit écran, un sujet fort et une réalisation de choix. Tel pourrait se résumer Hunters. Si le travail de mémoire de la Shoah est inscrit dans nos manuels scolaires, Hunters pourrait être une série d’utilité publique tant elle remémore et visualise la souffrance des 6 millions de juifs qui ont péri dans l’une des périodes les plus noires de l’Histoire européenne.

Une série qui montre l’horreur des camps et de l’idéologie nazie, à l’heure de la montée des extrêmes dans plusieurs pays d’Europe. Si parfois Hunters peut sembler un peu violente ou poussive dans ses séquences de mises à mort juives des mains des SS – certains pourraient même reprocher à cette dernière d’en faire trop – il est important de rappeler l’horreur infligée à toute une population dans les multiples camps de concentrations, car beaucoup aujourd’hui – notamment les plus jeunes – ignorent la réalité macabre de cette période du 20ème siècle.

Macabre mais pas toujours

Une série parfois macabre, parfois dure (une certaine partie d’échec dans le premier épisode de la série pourrait en choquer plus d’un) à mi-chemin entre l’éducation et le divertissement. Si certains salueront l’audace dans ses thèmes et choix, d’autres pourraient être rebutés au-delà de la violence par la popularisation de la loi du Talion.

Œil pour œil, dent pour dent. Plus ou moins.  Avec cette équipe de chasseurs très tarantinesque, Hunters revisite la vengeance dans un registre très inspiré de Inglorious Basterds voire Kill Bill. Si l’on peut comprendre voire excuser ces chasses aux nazis, certaines mises morts sont parfois poussives, voire difficiles pour leur caractère graphique, bien qu’il s’agisse de meurtres de personnages qui ont commis un crime contre l’humanité et échappé à la justice.

Besoin de nuances

Au visionnage de deux épisodes, le Cerveau ne peut pas dire si Hunters proposera plus de profondeur ou de remise en question de la loi du Talion, que ce soit à travers ses personnages très burlesques, ou ses choix narratifs au fil des épisodes. Ce que l’on sait, c’est que bien que la série ait un caractère violent à travers ses thèmes et ses séquences de flashbacks dans les camps de concentration, elle propose des moments de légèreté et d’échanges parfois burlesques, notamment avec ses personnages stéréotypés, qu’il soit un acteur féru de cinéma torturé incarné par Josh Radnor, un couple âgé très tech-savy ou une nonne anglaise bad-ass.

Dédramatisation par l’humour

La légèreté et l’humour décalé de Hunters permettent d’ailleurs de dédramatiser les séquences dures attachées à la Shoah. Car la série ne se contente pas juste de proposer un gang de justicier seventies chassant du nazi. Elle pose les bases pour explorer le passé de chacun des membres de ce groupe de chasseurs atypiques, pour mieux traiter des sujets qu’elle souhaite aborder au-delà de la Shoah, comme le deuil d’un parent, l’addiction, la dépression ou le déracinement.

Production Pulp

Côté réalisation et production, Hunters est une série de cachet : avec sa réalisation ouvertement inspirée des films des années 70, avec une grosse influence visuelle des films de Tarantino (Pulp fiction ou Orange Mécanique pour ne citer que ces deux-là) elle propose un New York des années 70 plus vrai que nature. Des costumes aux décors, la série possède tout ce qu’il faut pour amener le spectateur dans une époque qu’il ne connaît pas. Quant aux flashbacks dans cette période funeste de l’Histoire attachée à la Seconde Guerre Mondiale, tout est calculé pour respecter la réalité de ces camps macabres, tout en gardant un style assez proche du présent de la série.

Il faudra attendre pour voir si Hunters tient sur la longueur au-delà de ses concepts pour offrir quelque chose de plus substantiel et nuancé au-delà de la loi du Talion. Pour le savoir, rendez-vous dès ce 21 Février sur Amazon Prime Video.

Crédit photos : ©Prime Video

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