Lovelace sort en salles ce mercredi avec pour vedette Amanda Seyfried dans le rôle de Linda Lovelace, l’actrice à la « gorge profonde » qui a sorti le porno de l’ombre.

lovelace-deep-throat-posterA la fin des années 60, Linda étouffe au sein de sa famille. A 20 ans, Linda est pleine de vie et aspire à la liberté. Quand elle rencontre Chuck Traynor elle quitte le domicile familial pour l’épouser et fait auprès de lui l’apprentissage d’une liberté qu’elle soupçonnait à peine. Chuck la persuade de ses multiples talents et l’incite à se laisser filmer lors de leurs ébats. Amoureuse et soumise, elle accepte de jouer quelques scènes d’un film pornographique. En juin 1972, la sortie sur les écrans de Gorge profonde fait d’elle du jour au lendemain une star unique.

BioPorn

Loin du récit frivole ou de la sexualité débridée à l’écran, Lovelace est un long métrage poignant sur  une femme victime des abus de son époux. Un biopic féministe pour un  film revenant sur la démocratisation du porno et la liberté sexuelle assumée des années 70. Lovelace est un film qui plait, aux fausses allures de biopic, ce long métrage réalisé par Rob Epstein  adapté de l’ouvrage rédigé par son actrice principale, Linda Lovelace, la vraie, six ans après le tournage de Gorge Profonde.  Un ouvrage qui revient sur la face cachée du tournage et de ce milieu,et tout aussi bien sur la tyrannie de son  mari à son égard.

Lovelace est donc un biopic qui tombe dans les écueils de son genre : à savoir le sentimentalisme et le mélodrame face au premier film porno de tous les succès, qui à l’époque passait pour une comédie drôle et le porte étendard d’une nouvelle société libérée des conventions sociétales et religieuses. Un film porno assez bien dépeint à l’écran, qui pour les gens de l’époque était plus une comédie qu’un véritable film X.

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SOS Femme Battue

Lovelace c’est aussi le récit d’une femme abusée par l’homme qu’elle aime. Une femme sous le joug de la puissance masculine psychologique et amoureuse qui a eu beaucoup de mal à s’extirper des griffes de son oppresseur.  Le récit de la tyrannie misogyne à une époque  à peine précédant les mouvements de le libération de la femme. L’histoire d’un homme qui a trouvé un filon auprès de sa femme dans l’industrie du porno. Une histoire relativement dure d’une femme qui sous ses allures d’ultra libéralisme sexuel reste prisonnière de la tyrannie masculine. Une femme au récit destructeur qui au final mérite quand même son happy ending, dans la fiction comme la réalité.

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Peter Sarsgaard, aux antipodes des rôles qu’on lui connait est plus que convaincant dans la peau de ce personnage détestable.  Par contre, le spectateur sera sûrement décu de la prestation d’Amanda Seyfried dans une palette d’émotion relativement pauvre avant, pendant et après avoir incarné Linda lovelace, ce qui étonne lorqu’on connait les talents de l’actrice. Servi par une réalisation sobre et classique, à défaut d‘être complétement poignant, Lovelace reste quand même un film qui arrive a dédramatiser son sujet par des pointes d’humour tout en racontant l’histoire tragique de son héroïne. Un film poignant pour un biopic relativement documenté à voir.

Lovelace Bande Annonce

Crédit photos : ©helios