Young Sheldon : le petit Sheldon comme le grand

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3.0

Elle a débarqué hier soir sur les écrans américains de CBS. La série spin-off à The Big Bang Theory consacrée à Sheldon enfant se présente comme une comédie familiale moins audacieuse et rigolote que le Cerveau aurait imaginée. La critique de Young Sheldon.

Elle aura fait buzzer depuis son annonce au printemps dernier. L’univers de la célèbre et lucrative série de CBS, The Big Bang Theory, s’étend avec un préquelle consacré à son personnage le plus iconique : Sheldon. Young Sheldon s’est dévoilée hier soir sur CBS, pour une comédie familiale spin-off qui fait marcher son spectateur en terrain conquis.

Young sheldon critique brain damaged image 2 Un préquelle qui suit donc les premiers pas au Lycée à 9 ans de notre personnage bien-aimé, agaçant, bizarre mais assurément brillant. Préquelle qui se déroule donc au cœur de la famille Cooper, avec mère, père, sœur jumelle et grand frère. Si l’on connait déjà la conclusion de cette série, qui se fait 25 ans plus tard avec ses amis de CalTech, Chuck Lorre tente avec Young Sheldon autre chose qu’une sitcom de plateaux.

Malcolm en héritage

Filmée autrement, Young Sheldon est une sitcom familiale et loin du format de la série originelle. Une sitcom qui ne manquera pas de rappeler la série iconique des années 90, Malcolm, dans l’esprit de tous ceux qui la regarderont : un jeune prodige dans une famille de beaufs, aux revenus modestes, avec un petit génie. Sauf que Sheldon n’est pas Malcolm. Il est bizarre, il a des tocs, et une grande incompréhension des autres puisque peu d’empathie. Et surtout les bêtises, ce n’est pas son truc (et c’est bien dommage, parce que celles de Dewey, Reese et Malcolm étaient légendaires).

Pilot

Avec ce premier épisode, on marche en terrain connu. Le petit qui incarne Sheldon, Iain Armitage joue le personnage que nous connaissons tous avec conviction et un jeu maîtrisé. Il est en plus très mignon. Bien plus mignon que le Sheldon adulte – plus proche de C3PO ou d’une mante religieuse – et semble de plus ouvert aux autres.

Maman convaincante, famille absente

Quant à celle qui incarne sa mère, sachant que l’actrice Zoe Perry est la fille de l’autre interprète Laurie Meltcalf qui incarne la mère de Sheldon dans The Big Bang Theory, cette dernière reprend le flambeau avec brio, et quasiment le même accent Texan et autres mimiques que sa mère. On apprécie le lien entre la mère et le fils, plus proches que jamais, expliquant un peu plus les rapports entre les deux personnages que nous connaissons si bien. Une belle osmose de maman ours et petit génie, qui touchera même ceux qui n’ont aucune fibre maternelle.

Young sheldon critique brain damaged image 1Là où Young Sheldon pèche un peu, sont dans les personnages que nous découvrons pour la première fois : le frère aîné, qui tapait Sheldon plus jeune, sa sœur, que nous n’avons vu qu’une seule fois dans la sitcom, et son père, qui devrait décéder plus tard, d’une crise cardiaque. Parfois antipathiques, beaucoup trop au second plan, le Cerveau a du mal à s’attacher à eux. Surtout que ces derniers voient le petit Sheldon comme le vilain petit canard de la famille.

Conventionnel et acquis

Tout est conventionnel concernant ce qu’on peut attendre d’une comédie familiale comme celle-ci. On ne force pas trop le côté années 80/90 mais on le met en avant quand même histoire d’appuyer un minimum sur le bouton nostalgie de certains trentenaires… on propose des séquences à table avec toute la tribu, et bien évidemment on assiste au rituel du coucher.

Tout est déjà acquis, pas besoin d’étonner ou surprendre son spectateur. On propose même quelques clin-d’œils que nous connaissons de Sheldon : comme son oreille absolue lors d’une séquence à l’école avec une violoncelliste, ou les posters des vrais héros de Sheldon, Stephen Hawking et Albert Einstein. Mais aussi les trains que Sheldon affectionne tant. Pour le moment, rien de fameux, ce pilote est un presque un flashback spécial consacré à Sheldon. Flashback narré par l’intéressé adulte que nous connaissons tous.

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Un peu décevant

Le Cerveau ne va pas mentir, il aurait aimé voir quelque chose de moins convenu et facile avec Young Sheldon. Mais cela n’empêche pas d’apprécier ce spin-off de Chuck Lorre, puisqu’on marche en terrain connu et que le spectateur a déjà été conquis par les personnages grâce à sa série mère.

Cependant, pour que la série perdure et ne soit pas un simple énorme flashback à The Big Bang Theory il en faut plus et surtout qu’on s’amuse avec ce petit Sheldon, beaucoup trop ressemblant à l’adulte. Peu de véritables séquences comiques, peu de fou-rire, pas de geekitudes ni de prémices du fanboy que nous connaissons… Il faudra beaucoup pour faire de Young Sheldon une vraie série, au-delà de l’exercice du préquelle. On laissera le bénéfice du doute à Young Sheldon, car en 20 minutes, on ne peut pas faire le tour de son potentiel comique, surtout avec un bagage hérité d’un mastodonte tel que The Big Bang Theory.

Crédit photos : ©CBS

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