Hannibal saison 3 : La fin d’une mythologie exacerbée et arrogante

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hannibal promo
1.5

Hannibal s’est éteinte dans une troisième saison à l’image de la série : inégale, lente, prétentieuse et déstabilisante. Retour sur une série arrogante. Bilan.

Le consensus général voudrait que l’on dise d’Hannibal que de bonnes choses : que l’on encense ses images, couleurs et son esthétique travaillée, que l’on salue l’audace de son créateur, que l’on soit subjugué par le jeu de ses acteurs, enfin, principalement de Mads Mikkelsen (pourtant loin d’égaler Hopkins dans le même personnage), et glorifier ses images gores et la sublimation de l’horreur qui a été offerte aux téléspectateurs ces trois dernières années. Au-delà de la célébration de la qualité de sa production, Hannibal devrait être une série de légende, élevée au rang d’autres cultes du petit écran.

hannibal saison 3Mais ce n’est pas ce que le Cerveau fera. Il ne va pas non plus jouer la carte de la mauvaise foi pour se distinguer du consensus, comme pourrait l’accuser certains fervent admirateurs de l’œuvre de Fuller. Il va tout simplement exposer pourquoi Hannibal s’est ratée, et pourquoi cette annulation de la part de la chaîne est justifiée.

Etalage visuel

Le point fort d’Hannibal est sans conteste son esthétique léchée et sans pareille en télévision. Même si certains n’aimeront pas cette comparaison, Hannibal, depuis son arrivée sur NBC, apparait comme un ovni visuel face à ses consœurs. Une série qui semble réinventer les codes de son genre à la TV, surtout avec cette réalisation proche d’un cinéma indépendant. Un cinéma artistique, axé sur l’image et son impact, au-delà du script et ses acteurs. Hannibal redonne sa place au visuel, chose rarement autant mise en valeur en télévision. Un choix qui se salue mais qui est aussi le plus grand défaut d’Hannibal.

Le présupposé d’Hannibal est la beauté du macabre. Thématique principale de la série qui s’inspire d’un culte cinématographique. La célébration du gore, le classicisme de l’art mis en parallèle avec tout ce que notre culture qualifierait d’horreur, sont l’essence d’Hannibal. Une sublimation de la mort dépassant les frontières et l’ordre établi, pour prouver que la beauté est là même dans l’inévitable.

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Too Much

Malheureusement, Hannibal en a trop fait. Quand on lui reprochait en saison 1 de faire trop de foodporn pour illustrer cette beauté macabre, Hannibal a enfin embrassé le gore, surtout en saison 2, avec ses tableaux macabres à foisons. En saison 3, on pousse ses tableaux vers la macro : des images de sang et autres muscles et visages dépouillés au plus proche de la caméra, brouillant le spectateur dans sa perception des choses et la réalité.

hannibal_s03e13_stillA l’excès. Ces images finissent petit à petit par prendre le dessus sur l’intrigue, et sur les personnages. Au point de perdre le spectateur dans leurs méandres, notamment dans la première partie de cette ultime saison de la série. Parfois hypnotisantes, souvent gratuites, et presque inutiles, les close-up, les séquences musicales, les chirurgies ou autres noyades dans son bain finissent par ne plus avoir l’effet attendu auprès du spectateur. Elles exaspèrent. On pourrait même dire que ces « tableaux » de l’image du Cerf en saison 1 à celui du Dragon Rouge, finissent par perdre en intérêt, puisque le spectateur n’est plus dupe au bout trois saisons, surtout quand on les ressert, sans limite, au fil des épisodes.

Verbe et bavardage

L’arrogance d’Hannibal réside principalement dans son écriture. Les dialogues des personnages travaillés au possible, qui finissent par être des bavardages, entre mysticisme et psychologie humaine. Des bavardages sensés questionner le genre humain, la nature de notre espèce et la frontière entre le bien et le mal. Bavardages qui perdent en authenticité et intérêt au fil des épisodes.

hannibal-gillian-anderson-bedelia-will

En effet, Hannibal étant psychologue, les scénaristes ont usé d’étalage de notions et principes de psychologie basiques histoire de définir la nature d’un monstre et de ce monstre. La frontière existante entre ce qui peut pousser la plus innocente des âmes à devenir un assassin, ce qui nous différencie d’un animal… des principes philosophiques et psychologiques basiques, présentés comme complexes dans un étalage de joutes verbales lentes et hypnotisantes, sensées rendre Hannibal plus compliqué qu’il ne l’est, et surtout fascinant.

Une grosse erreur de la part de Fuller et son équipe, puisque cette masturbation intellectuelle n’a pas l’effet escompté. Pire, le spectateur a l’impression d’être pris pour un ignorant qui va se nourrir de ces joutes verbales, une fois de plus à l’excès, avec l’illusion d’une intelligence sans pareille en télévision. Les plus aguerris bien évidemment ne se feront pas avoir.

hannibal_s3_richard_armitage

Mysticisme et Massacre

Les œuvres de Thomas Harris ont pour but d’illustrer la fascination de la Mort. Cette choses inévitable de la vie, devenu art pour Hannibal, un moyen d’exister pour un tueur en série, et la traduction de la schizophrénie d’un agent du FBI. Dans Hannibal, on cherche le mysticisme au-delà de l’art. En effet, Bryan Fuller a voulu créer une symbiose entre ses deux personnages principaux, autour desquels vont graviter tous les autres. Une sorte de relation passionnelle, animée par la fascination de l’autre, et la mort.

C’est cette relation qui va animer le fil rouge d’Hannibal, qui à partir de la saison 2 deviendra une série entièrement consacrée à Hannibal Lecter, et non plus un cop-show autour de ce dernier. Une relation qui va venir nourrir les joutes verbales exacerbées de la série, dont le but est d’illustrer les différentes figures de la monstruosité. Celle d’Hannibal, celle de Mason Verger, celle du Dragon Rouge, mais surtout celle de Will Graham.

Mads-Mikkelsen-and-Hugh-Dancy-in-Hannibal-Season-2-Episode-8

Cette relation est sans doute la seule chose qui a permis à la série de tenir debout en lui offrant un semblant d’intérêt. Deux personnages nourris par des meurtres chacun à leur manière, qui dans la série, deviennent deux alter-egos incapables d’exister l’un sans l’autre, encore plus quand il s’agira de chasser le Dragon Rouge. Une liberté de Fuller qui est bien la seule acceptable puisqu’elle donne un semblant de sens à tout ce qu’on a servi au spectateur, aux allures parfois brouillonnes.

Personnages très secondaires

Cette saison, Fuller a choisi de tenter de rajouter une couche de mysticisme en insufflant une réflexion autour de la religion et de la foi. Une décision incomprise, puisque la foi était déjà présente dans la relation de ces deux hommes. Une thématique très souvent reprise par Verger, Alana Bloom ou Zeller, les autres personnages de la série.

alana bloomLes personnages secondaires d’Hannibal sont d’ailleurs insipides. Dans le sens où chaque personne n’est que le deus ex-machina d’une situation ou personnage, permettant aux deux personnages principaux d’avancer dans leurs quêtes respectives, entre fuite et chasse. Quand dans une série TV, les personnages se doivent d’être creusés et travaillés pour séduire le spectateur, dans Hannibal, ils n’ont qu’un but, servir l’intrigue de Graham et Lecter. Ni plus ni moins.

Que ce soit Bedelia Du Maurier avec Hannibal, Jack Crawford, Verger…. etc, ils ne sont que des satellites qui gravitent autour de deux soleils. Tout n’existe dans la série que dans le but de valoriser Graham et Hannibal, jusqu’au point culminant, la fin, l’union de nos deux hommes ensemble contre le Dragon Rouge.

Not enough

Ce que le Cerveau reprocherait avant tout à Hannibal, qui s’inspire des œuvres de Thomas Harris avant les films et qui le rappelle dans son générique, c’est de passer à côté des vrais motifs de Dragon Rouge. Celui de la perversion sociale, de ce qui crée un tueur en série et la menace que ce dernier puisse être. Un autre thème cher à l’auteur que l’on retrouve d’ailleurs au cinéma, est le rôle des médias dans la création du tueur et ce qui le pousse à exister. L’auteur étant journaliste de profession, cette thématique majeure devient inexistante dans la série.

Dans Hannibal ces thèmes importent peu. Ce qui importe c’est de flirter avec l’art, d’être une œuvre au sens noble et élitiste du terme, en étalant des plans dans des décors mythiques, jouant de notes classiques, illustrant la beauté romanesque à travers des plans travaillés, des diners chics et bourgeois, histoire de souligner un contraste flagrant avec le macabre.

hannibal_s03e13_still

Le tout servi avec lenteur, pour se délecter de chaque image, nourrir l’œil du spectateur, bercé, voire anesthésié par les dialogues, parfois plaisant par leurs fausses complexités. Une lenteur qui finit par devenir un personnage à part entière de la série, un élément qui la définit, dont le spectateur va s’accommoder au fil des épisodes.

Mais ce n’est pas suffisant pour faire d’Hannibal une série mythique. Elle est sans conteste atypique, jamais vue, exécutée avec finesse, mais elle n’est pas réussie. Pour preuve, elle n’a pas séduit les spectateurs et même perdu en audiences au fil de son existence.  1 million et demi de téléspectateurs ont disparus entre le premier épisode et l’avant dernier de saison 3 de la série. Seul 1 million et demi auront vu la révérence d’Hannibal. Ceux qui attendent une saison 4 peuvent faire leur deuil, même si Bryan Fuller se voit déjà réinventer Clarice Sterling, même au cinéma, il est certain que la tombe d’Hannibal est bien scellée. Et ce n’est pas plus mal.

 Crédit photos : © NBC Universal

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  • Corona

    Y a que votre cerveau qui a pas saisi alors, on n’a pas du regarder la même série. Je parie que vous êtes les genre à faire l’éloge de séries à la PLL

  • chouchou

    euh franchement arrogante je crois pas non ! le final était magnifique comme toute la série .
    Et non la série ne s’inspire pas des livres
    c’ est juste son créateur qui a fait de cette série un ovni ce que vous n ‘ avez pas compris .
    Je vois aussi que quand vous faites des éloges ce sont surtout a des séries redondantes et ennuyeuses dont je ne citerais pas le nom mais bon chacun a ses gouts

  • chouchou

    et pour info Games Of Thrones est bien plus arrogante qu’ Hannibal

  • Mad

    J’ai bien accroché à la première saison, un peu galéré avec la seconde saison et complètement largué avec cette troisième saison. J’ai dû me forcer à regarder certains épisodes luttant contre le sommeil. Même si l’esthétique de la série est irréprochable et ce jusqu’à la fin, je serais plutôt de l’avis du cerveau, désolée aux personnes ayant commenté cet article juste avant moi. Après comme on dit « chacun ses goûts » :)

  • Adrien

    Hannibal est une très bonne série, elle aura l’avantage d’avoir voulu sublimer les dialogues, l’image, la mise en scène et une histoire quoi que parfois soporifique mais montrant une traque longue et douloureuse qui ne se fait pas comme dans 95% d’autres séries par l’action mais aussi par le dialogue.

    Vous avez fait une énorme faute d’interprétation :/
    Si c’est une série arrogante, c’est justement pour être à l’image d’Hannibal !!
    Un psychopathe qui se sert d’images fortes (un chirurgien renommé, excellente situation, avec de très bonnes manières qui reflètent le rêve de tout homme) et de manipulations (comme vous l’avez évoqué précédemment Hannibal est un psychiatre) pour parvenir à ces biens.

    Personnages secondaires inexistants ? C’est le but, ce ne sont que des pions pour Hannibal. (Même chose au fil du temps pour Will et Jack Crawford)

    Le spectateur se sentent perdu ? C’est le but là aussi ! Hannibal est un psychopathe et le spectateur, même s’il voit toutes ces atrocités, ne voient pas comme Will l’homme derrière le masque (à part les dernières secondes où on voit clairement l’un des rares sentiments qu’il à avec le monde).

    Brain damaged, je vous conseillerais de revoir la série, cette fois ci, n’essayez pas de vous masturber intellectuellement en vous prouvant à vous même que vous avez tout compris. Juste asseyez vous, n’essayez pas de lutter, et laissez vous guider par votre majestueux hôte, Hannibal :D

  • PStephane

    À mon sens, cette critique d’Hannibal a le défaut de pointer, entre autres choses, sur la prétendue arrogance de la série, avec un ton qui est lui-même assez arrogant – son auteur se situant sans ambages (sous couvert
    d’une posture affectée assez particulière) et à plusieurs reprises, vers le haut de la
    pyramide de l’évolution mentale, en faisant mine de penser que l’on ne pourra
    qu’être convaincu par la puissance de sa démonstration (comme s’il n’avait
    jamais fait l’expérience inverse : trouver une série géniale, et puis tomber
    quelque part sur le Net sur une personne qui soutient le contraire en
    affirmant avoir tout compris). On pense inévitablement à cette citation de Montaigne :
    « Autant peut faire le sot celui qui dit vrai que celui qui dit faux, car
    nous sommes sur la manière, non sur la matière ».

    • Jim

      Dénoncer une arrogance de ton et insulter de manière déguiser cette personne avec ce même ton. N’est ce pas un comble ?

      • PStephane

        Il me semble que vous inversez un peu les rôles. À mon sens, la personne insultée de manière déguisée par certains propos figurant dans cette critique, serait moi, en tant que fan de la série. La première transgression couvre la seconde : je me suis fait traité de sot et j’ai choisi de ne pas me laisser intimider en réagissant de façon proportionnée.

        • Jim

          Il n’est écrit nul part que le spectateur ou fan de Hannibal est un sot… Vous interprétez ce que dit le critique. Le soit disant « affront » n’existe que dans votre interprétation de ce que pense la critique. Il est dit que la série est arrogante car prétentieuse et aux faux semblants intellectuels, loin de dénoncer ses fans ou de les accabler en les traitant d’idiots. Une interprétation personnelle ne justifie pas une attaque insultante. Si vous vous êtes senti idiot c’est peut être parce que les raisons énumérées et arguments sont légitimes et que pour le coup, vous regrettez de vous êtes fait avoir, tout simplement. Non ?

          • PStephane

            Cette critique d’Hannibal me semble à côté de la plaque. Je vais tenter de vous faire comprendre mon point de vue.

            Imaginez par exemple que vous aimiez et désiriez fortement une femme. Dans sa totalité elle vous enchante, et même ses prétendus défauts – dont vous êtes parfaitement conscient – vous plaisent. Ils participent à son charme, selon vous.

            Arrive alors un type, qui dit : je suis un expert ! Je vais
            vous démontrer en quoi cette femme est en réalité moyennement désirable et pourquoi tout individu éclairé partagera mon point de vue à son sujet.
            Le type commence son analyse détaillée : une
            analyse qu’il croit tranchante, pertinente et fine. Il s’imagine que son
            interlocuteur ne voit pas si loin que lui et qu’il ressortira forcément bluffé par tous ses arguments intelligents.

            Voilà !

            La sottise, disait Montaigne, ne réside pas dans la
            matière, mais dans la manière.

          • Jim

            Donc parce qu’il a démontré que la femme que vous aimez n’a pas les critères d’une femme d’exception, cela fait de lui une personne detestable, surtout parce que ses arguments sont intelligent ? Très bien. De plus, jamais la critique n’a appelé à la conviction ou démontré que son point de vue était l’ultime sur la série. Et oh misère, il la critique négativement, mais ose quand même pointer ses qualités… Mais quand on est aveugle… d’amour…
            La sottise de ne pas accepter l’avis d’une personne en face qui ne partage pas le votre, ne réside pas dans la manière de fustiger cette personne, mais dans la matière. Pour la matière, au delà du fait que cette personne a clairement attaqué l’objet de votre affection là où ça fait mal ou vous déplaît, on a pas grand chose venant de votre part.
            J’en reste là, discuter avec une personne bornée, et surtout virulente, et j’ose rajouter irrespectueuse, tartinant citations sur citation pour faire bonne figure et se donner l’illusion d’un savoir, c’est pas mon hobbie. ( Moi on sait plus on étale, c’est bien connu)
            je vous salue mon cher ami fan de Hannibal ( personne n’est parfait ;)) bonne soirée

          • PStephane

            Vous n’y êtes décidément pas. L’article ne m’a rien révélé sur la série (et n’a donc pu me contrarier). C’est ce que vous ne parvenez pas à concevoir je pense.

          • Jim

            S’il ne vous a rien révélé alors pourquoi tant de véhémence et de manque de respect dîtes moi ? Quand le troisième oeil n’est pas ouvert, ça nous passe au dessus de la tête non ? Vous ne seriez pas un peu de mauvaise foi non ? :) Mauvaise foi, mais sympatique et clairement distrayant. Sur ce bonne soirée !

          • PStephane

            Le troisième œil carrément. Quel aplomb surprenant. Mais surtout, quelle naïveté vous avez à penser que l’analyse en question doive éblouir le monde entier. C’est là peut-être votre aveuglement (pour employer un terme qui n’emprunte pas à la terminologie médicale) ? Vous savez : il faut rester sur Terre. J’ai pu lire bien des choses au sujet de cette série depuis deux ans. L’article dont nous parlons est respectable, mais c’est un point de vue parmi d’autres. Mon propos initial, quant à lui, portait sur la posture de son auteur et je me suis déjà largement exprimé à ce sujet. Allez… Sans rancune.

          • Jim

            Je n’ai jamais dit qu’elle devait éblouir qui que ce soit, vous êtes en droit d’être en désacord, comme je suis en droit de soutenir ses arguments. Par contre vous n’êtes pas en droit, avec votre ressenti d’y prêter plus que ce qui est écrit et des intention déshonorable car ces arguments vous ont blessé dans votre vision de la série. Chaque critique est libre d’apprécier ou déprecier une oeuvre, qu’elle quelle soit. Il n’est dit nul part que le but de cette analyse et de convaincre le monde qu’Hannibal est une série de m****. Elle explique pourquoi selon ses critères et ses arguments elle n’est pas réussi. Que vous ayez été tant touché prouve que les arguments in fine sont convaincant. Vous pretez à l’auteur des intentions qui ne sont pas et de plus vous lui portez un procès de ces dernières… Et vous soutenez avoir raison de ce faire. Et bien. Je ne vois pas que dire de plus puisque vous êtes convaincu mordicus de votre opinion. Je vous laisse avec elle, comme vous dîtes sans rancune. L’amour rend aveugle, parait-il ;)

          • PStephane

            Je n’ai pas été blessé par les arguments développés dans
            cette critique. J’ai lu plusieurs fois l’article en question pour en avoir le cœur net. Il ne m’influence pas, tout simplement. Je peux revoir les épisodes d’Hannibal avec le même plaisir. Je pourrais aborder une nouvelle saison sans me sentir perturbé par ses analyses. Je respecte les arguments qui y sont développés. Je les trouve très intelligents, mais triviaux (dans le sens où ils pointent à mon sens sur des éléments que tout fan d’Hannibal a sans doute remarqué sans s’y attarder, sans que cela n’affecte son plaisir à regarder la série). Que son auteur ne se formalise pas de cette appréciation : sa critique parlera à d’autres. Et de toute façon mon propos n’avait rien à voir avec cela.
            Ce qui m’a fait réagir (surréagir), c’est le ton assuré
            ou parfois inutilement péremptoire qui est adopté d’emblée (ex : « Mads Mikkelsen (pourtant loin d’égaler Hopkins dans le même personnage) », «Il (le cerveau) va tout simplement exposer pourquoi Hannibal s’est ratée ») ainsi qu’une tendance à s’arroger le point de vue du spectateur, et aussi, l’impression de lire un propos de type messianique (l’ambition étant d’aider le fan d’Hannibal à
            sortir de la mélasse dans laquelle il est plongé). Mais je suis d’accord : j’ai été inutilement agressif. Mea Culpa.

  • Alex

    Je trouve aussi que cette critique est très exagérée et même si elle soulève des défauts évidents (la lenteur du début de 3e saison, seul vrai hic dans la série) n’a pour but que de rendre son auteur intéressant.
    Pourquoi chercher à se justifier au début de la critique, que vous allez à contresens du soit disant consensus? J’ai vu beaucoup de critiques négatives, mais cela portait majoritairement sur le début de saison 3. Si réellement vous ne cherchiez pas qu’a aller à contre courant de la foule, vous n’en ressentiriez pas le besoin de vous justifier.
    Je rajouterais que dire que Mikkelsen n’égale pas Hopkins, ça aurait pu paraître crédible sans cette remarque mais bon, Hopkins en 3 films (ou plutôt 2 vu son rôle peu habité dans Red Dragon justement) n’a fait que répéter le même registre, la ou Mikkelsen joue le parfait manipulateur, sociopathe dérivant vers tout les aspects du psychopate, cannibale et narcissique.

    Et je ne pense pas, mais ça on s’en moque, que la chaîne ait annulée la série pour une seule des raisons que vous citez, mais que c’est bien les audiences qui ont parlées.

    Il est vrai que la série est considérée comme un OVNI et que parfois elle pète ‘plus haut que son ….’ ce qui peut expliquer en grande partie son échec, mais de la à être condescendants envers vos lecteurs… Je cite :

    « Une grosse erreur de la part de Fuller et son équipe, puisque cette masturbation intellectuelle n’a pas l’effet escompté. Pire, le spectateur a l’impression d’être pris pour un ignorant qui va se nourrir de ces joutes verbales, une fois de plus à l’excès, avec l’illusion d’une intelligence sans pareille en télévision. Les plus aguerris bien évidemment ne se feront pas avoir. »

    Plus aguerris dont vous faîtes évidemment partis, et ou nous simples moutons (et les réactions à votre critique le montre) sommes bien en dessous de l’intellect élitiste.

    Comme le disait certains commentaires, vous feriez mieux d’être un peu plus objectifs ou logiques dans vos avis, encenser des séries bas de gamme ou bien infèrieures (Walking Dead, Pretty Little Liars, Supernatural..) ça vous fait perdre en crédibilité. Parce que la au final ça fait un peu ‘tirer sur l’ambulance’.

    Et au passage, j’apprécie votre site, mais apprenez à faire en sorte qu’il ne soit pas down la moitié de la semaine avant de donner des leçons de mise en scène ou d’esthètisme..

    • chouchou

      Je viens de lire ta critique je partage ton avis sur certain point mais considérer que la série » se la pète » j’ ai du mal quand on prend la série Games Of Thrones superbe série qui est diffusée sur HBO (alors que Hannibal est diffusée sur un network non prestigieux NBC )avec de super acteurs , actrices et que le problème c’ est que quand on voit la nullissime saison 5 ou rien avance . c’ est que ça fait poser des questions
      Ce que je voulais dire c’ est qu’ il y a d’ autres série qui » se la pètent « prenant les fans pour des jambons

      • Alex

        Je ne pense pas qu’elle se la pète, je ne l’ai pas dis non plus, j’entendais juste par la que parfois les dialogues super psychologiques et profonds (enfin parfois pas du tout mais on nous laisse penser que c’est super mature et profond) surtout dans la saison 3, ça devenait lourd voila pourquoi je pense qu’effectivement par moments on peut lui reprocher ça. De même, et dans la 3 plus que les autres surtout la première partie il y a beaucoup trop de scènes esthétiques ‘gratuites’ (la tasse qui s’assemble à l’envers.. Bedelia qui se noie, etc..) il y en avait dans les 2 premières, mais le trait a vraiment été exagéré dans la premiere partie S3 ce qui peut paraitre vraiment prétentieux. J’ai apprécié, mais je peux comprendre que ça en ai saoulé plus d’un.

        Pour GOT je ne suis pas d’accord, ou alors ce n’est pas la bonne série à comparer car après 4 saisons d’excellentes factures, la 5 est plus posée et calme (il faut dire que les très gros évènements se passent dans les 4 premières saisons) mais la fin de la 5e saison est géniale dès l’épisode 8

        • Adrien

          Normal que la saison 5 n’avance pas, dans la précipitation, il faut vite lancer une nouvelle saison chaque année avant que la hype retombe plutôt que d’attendre que l’auteur finisse tranquillement et convenablement son dernier tome.

          Quitte à ce qu’il n’y ait aucun contenu !

          Et la saison 6 sera pire puisqu’il y aura de nombreux flash backs inutiles alors qu’il y a nombreux personnages qui n’ont pas été bien traités dans la saison 5 (Bran Stark par exemple).

          Les créateurs de la série vont être obligés de s’éloigner des livres car ils ne sont pas finis et ainsi perdre une importante réserve de contenu. (Une saison fait environ 400 pages de scripts contre 1000 pages pour un tome). Et si en plus c’est à eux d’inventer le contenu bâclé en moins d’un an je vous explique pas le massacre…

  • petite lucarne

    J’avoue avoir du mal avec l’argument du dernier paragraphe qui veut qu’une série ne soit pas réussie parce que le public n’a pas été séduit… Dans ce cas, comment expliquer qu’une série comme Walker Texas Ranger a duré 9 saisons et Terriers seulement 1?..
    Une série peut être diffusée sur une « mauvaise » chaîne, dans le sens où elle ne correspond pas forcément à son cœur de cible, à un mauvais horaire (remember Dollhouse le vendredi soir sur FOX) ou tout simplement être en décalage avec les aspirations du public à ce moment-là… On peut ainsi imaginer qu’une série comme Profit aurait eu plus de succès sur la télévision d’aujourd’hui, peuplée d’anti-héros en tous genres… Bref, résumer la qualité d’une série à son succès (ou échec) public, à son audimat est le comportement d’un patron de chaîne, pas d’un critique.

    • Jim

      L’audience n’est pas le critère avec lequel cette critique est partie mais une Chute non. On explique pourquoi ca marche pas avant de conclure sur l’audience qui vient assoir ce qui est dit plutôt. La critique est longue, de la à dire qu’elle est résumée à baisse d’audience = nul, c’est de la mauvaise foi. « elle n’a pas séduit les spectateurs et même perdu en audiences au fil de son existence. 1 million et demi de téléspectateurs ont disparus entre le premier épisode et l’avant dernier de saison 3 de la série. Seul 1 million et demi auront vu la révérence d’Hannibal. »
      Est énuméré un phénomène factuel, c’est tout. Il n’est dit nul part que l’audience est synonyme de qualité ou d’échec. C’est factuel, c’est tout.
      Elle dit bien le contraire, que la série ne fonctionne pas pour les raisons énumérées et que c’est bien pour ça que ça ne marche pas.
      Moi personnelement grand fan des romans, que j’ai adoré, j’aime beaucoup le passage où il est mis en valeur l’oeuvre originelle face à la série qui en est loin. On a trop sorti l’argument que ca ne s’inspirait pas du cinéma pour justifier du « partage en couille » non seulement dans l’intrigue mais surtout dans les dialogues, pour une fois quelqu’un souligne bien le travaille d’Harris je suis content.
      Quand à la série, elle a été inégale pour moi du début à la fin, elle s’était améliorée un chouia en milieu de saison 2 pur retomber dans ses pires travers en trois. Donc oui, cette critique est juste. Et la résumer à l’audience comme monsieur le fait plus tôt prouve qu’on ne la soit pas comprise, soit qu’on est de mauvaise foi pour tenter de discréditer ce qui est dit plus haut, que ce soit sur la réalisation, l’intrigue que les personnages. On peut ne pas être d’accord, mais sur des points réels, pas un détails….

    • chouchou

      Petite lucarne avant NBC était une chaine bien plus ambitieuse qui diffusé des programmes de qualité ( Friends ,Urgence ) aujour d’ hui la chaine a perdu de sa splendeur en diffusant des séries assez moyennes ( the blacklist … ) et Jim tu as tord l’ audience fait partie de l’ avenir d’ une série avec par exemple the bing bang théory , NCIS malheureusement la qualité d’ une série ne compte pas pour les networks c’ est surtout l’ audience

    • audre

      Je suis d’accord surtout de la part d’un site qui défend « Cristella » alors que la série a été annulé. Vous vous contredisez. Et ça commence a devenir lassant de mire tout et sont contraire sur ce site.

  • Nicolas

    Asma, l’art de combattre l’arrogance en s’arrogeant la parole du téléspectateur :
    « … brouillant le spectateur dans sa perception des choses et la réalité. »
    « Au point de perdre le spectateur dans leurs méandres … »
    « … finissent par ne plus avoir l’effet attendu auprès du spectateur. »
    « … puisque le spectateur n’est plus dupe au bout trois saisons … »
    « Pire, le spectateur a l’impression d’être pris pour un ignorant … »

    Qu’en aurait pensé le Dr Lecter ?

    Cette série n’est pas une oeuvre sur Hannibal. Elle est Hannibal. Hannibal est présent en toute chose et devient le prisme placé devant la caméra pour voir son univers et celui de Will. Tout est léché, maniéré.

    La mort est magnifiée. Elle devient une obsession, l’élément chimique de base se mélangeant à tous les sentiments de tous les personnage. La mort devient acceptable. Elle ne souffre plus de l’angoisse qu’elle génère en temps normal, elle peut être traitée avec romantisme dans les dialogue et une certaine sexualité dans les scènes les plus sanglantes.

    Après avoir soupiré quelques fois au début de la troisième saison, je suis sorti du dernier épisode empli d’un sentiment étrange. J’étais triste de voir Hannibal et Will me quitter. Au même moment, j’étais sans voix face à la beauté de cette série que je venais de voir.

    Quand j’ai expliqué ça à mon amie – qui n’a pas vu la série – elle m’a dit que j’avais perdu le sens de la mesure. Mais je vous assure sans exagérer que, pour les jours à venir, je vais avoir un peu de mal à passer à autre chose.

    Pour ceux que ça intéresse voici la musique finale (qui colle tellement bien au final de la série) : https://www.youtube.com/watch?v=3Vnr1jpL7s0

  • Michel

    Utiliser comme argument final une baisse d’audience est une erreur grossière. J’ai apprécié chaque dialogue d’Hannibal, et je préfère avoir à « supporter » des joutes verbales que des dialogues insipides, ou le sous entendu et la finesse n’ont pas leurs places (cf. Toute ces séries aux scénarios vu et revus qui n’apporte aucune originalité dans le parc des séries du petit écran)

  • Alana

    (dsl pour les fautes)
    (dsl pour le roman aussi)
    (et pour l’élan de passion que je n’ai pas contrôlé)

    L’article ne veut pas se distinguer du consensus, et pourtant, quand le titre de l’article fini par « une mythologique exacerbée et arrogante »tout en poursuivant par une série « inégale, lente,prétentieuse, déstabilisante » il y a de quoi se poser des
    question.

    Chacun à le droit à son avis certes mais les termes employés ne sont à mon avis pas approprié. Certes je suis une fan de la série et du réalisateur et j’accepte les critiques, mais en lisant cet article j’ai eu l’impression de lire l’article d’une personne qui n’aimait pas vraiment ce genre de scénario, c-a-d thriller, dramatique,
    psychologique, etc.

    La série de Bryan Fuller est un ovni qui se distingue totalement des séries US qu’on voit au petit écran (depuis quelques années) résumé par des scènes de sexe constantes, d’adrénaline à tout va, de héros justicier qui sauve la veuve et l’orphelin à coup de vodka pomme.

    La série suit l’évolution d’un héros instable qui ne sait plus quel camp choisir une fois sous les mains du terrifiant Hannibal (Mads Mikkelsen), qui inspire au spectateur frayeur mais aussi fascination. Le tueur qui ne
    souhaite qu’une chose qu’il devienne son « apprenti », son élève, son égal.

    On entre ici dans une psychocriminologie simpliste (afin de ne pas perdre justement le spectateur) par le biais de l’art (l’art visuel, culinaire, musical)
    – embellit par Fuller.

    C’est une sorte des musées des horreurs que les spectateurs aiment visités – le
    transformant en cabinet de curiosité – ce qui explique pourquoi
    beaucoup de spectateurs on désertés la série car les images sont
    parfois difficilement soutenable (témoignage de amis pour qui la
    boucherie n’a plus était possible vers la saison 2)

    En ce qui concerne les images fantastiques qui peuvent parfois être un peu trop présentes et inutiles, elle apporte une esthétique fantastique que l’on ne
    retrouve pas dans ce genre de série – elles montrent également la
    skizophrénie de Dolorhyde.

    Autre l’esthétique, les dialogues qualifié de « bavardages » qui sont à mon
    avis la force de la série. Pas vraiment simplistes – ni compliqués
    à outrance – c’est une véritable conversation psychologique sur
    la mort et éthique. Certes seuls les conversations en lien avec la
    foi semble totalement désué (je tiens juste à préciser que les
    fans de la série ne sont pas des non-aguerris, merci).

    Toutefois je reconnais
    que les personnages secondaires ne sont pas du tout exploités voir
    ne font que mettre en valeur le duo pseudo romanesque Graham/Lecter
    et c’est bien dommage car des personnages mériterai un remaniement
    ou un coup de projecteur comme Abigail, Jack Crawford, Francis
    Dolorhyde, etc.

    Pour finir vite après ce roman, cette série – extrêmement axé sur la manipulation mentale (il suffit de voir Abigail, Chiyo, Alana, Will, etc) – constitue
    l’apologie (je sais pas si c’est le terme adéquat) du tueur en série
    le montrant comme quelqu’un de raffiné ou ses pratiques ressortent
    comme des chefs d’œuvre. Le psychopathe devient ici un peintre
    italien, un maître formant ses élèves.

  • audrey

    pas vraiment d’accord non plus… Le but de cette série est justement de captiver par ces images fortes, et le final me semble plutôt à la hauteur !Et en effet l’audience ne détermine en rien la qualitée d’une série, on compte plus de séries médiocres qu’il n’en fait qui ont pourtant eu un nombre incalculable de saisons

  • Drag

    Personnellement je trouve que les dialogues sont l’un des points forts de la série. Malgré le fait qu’ils peuvent parfois sembler indigestes, ils sont pour moi à l’image de la photographie : léchés et ésthétiques. Au final, on ne cherche pas à suivre un cours de psychologie mais seulement à passer du bon temps devant son petit écran…

  • Khalil Melaouhia

    J’aime bien votre paragraphe, on voit bien que vous avez passée du temps à apprécier cette oeuvre d’art. C’est juste dommage que vous présentiez votre avis en tant que critique. Il me semble que l’idée des deux créateurs était de se focaliser de façon quasi-exclusive sur l’art visuel des lieux, des scènes macabre et autres. En outres, les discours qui vous semble être « plaisant par leurs fausses complexités », me semble, pour ma part, incroyablement instructif, même si parfois on note certains discours qui sert de bouche trou plus qu’autre chose. Je dois avouer que ces 3 saisons et surtout la deuxième, fut incroyablement enrichissante dans leurs mélange à la fois psychologique et philosophique. Alors psychologie de base… Non absolument pas ! La symptomatologie rapporté des criminels ainsi que leurs profilage était incroyablement remarquable. Les idéologies de Lecter, de Graham, de Du Maurier et autres était pour le moins qu’on puisse dire époustouflante.

    Je ne vais pas m’étaler sur le sujet même si j’ai beaucoup d’autres remarques à faire. Je voulais juste transmettre l’idée que même si cette série n’est pas en grand rapport avec le livre, c’est sans doute une décision prises avec sagesse. Une baisse de l’audimat, n’est pas un indicateur viable d’une série raté (dans une société de consommation rapide je crains que ce genre de série n’a pas vraiment sa place, et d’ailleurs les créateurs n’en attendait pas moins). Les scènes macabre ne me semble pas être balancé à tout va, bien au contraire, elle me semble structuré et artistique. Si on voit bien, chaque saison a un nouveau genre de mutilation qui progresse de façon croissante. Surement une stratégie pour habituer le publique (une habituation qui sert à éviter le choc, non pas une habituation qui conduit vers l’indifférence).

    Bref, tout de même j’aime bien votre analyse qui me semble être très bien rédiger, même si nos avis divergent.
    PS : Hannibal est un psychiatre et non pas un psychologue (attention ! Certains spécialistes peuvent être tés susceptible..).