Justice League débarque aujourd’hui en salle : la critique à l’image du dernier DC qui se veut aussi drôle et décomplexé que possible, malgré ses défauts et incohérences.

Ca y est ! Après avoir souffert d’une production compliquée entre reshoots et autres réécritures, Justice League débarque sur les écrans français aujourd’hui. Une apparition de la league extraordinaire des super-héros de DC qui n’aura pas été sans mal mais qui au final n’est pas si catastrophique qu’on l’imaginerait.

justice-league-retour-a-un-batman-plus-traditionnel-et-heroique-uneDans Justice League, après avoir retrouvé foi en l’humanité, Bruce Wayne, inspiré par l’altruisme de Superman, sollicite l’aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, pour affronter un ennemi plus redoutable que jamais. Ensemble, Batman et Wonder Woman ne tardent pas à recruter une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite…

Pas en avant

Un scénario qui se tient pour Justice League, même si bourré d’incohérences, notamment concernant les évènements des précédents longs-métrages (la maison des Kent est décidément indestructible… à l’image de celui qui y habite), est la première chose qui est à saluer dans ce dernier DC. Un scénario avec ses moments drôles mais aussi ses instants sérieux… Justice League veut faire la nique à Avengers, et il ne s’y prend pas trop mal.

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Et pour cela, le Cerveau est certain qu’on peut dire merci à Tonton Joss Whedon, qui s’était déjà illustré chez Marvel. Sa collaboration avec Zack Snyder, à l’image de celle des super-héros pour lesquels les cinéastes se sont penchés, fonctionne pour un film de super-héros bien plus « comics » et léger que ce à quoi Snyder nous avait habitué pour DC. Moins premier degré, plus proche du Wonder Woman de Patty Jenkins, Justice League marque un sacré pas en avant chez DC.

Humour et effet de groupe

justice-league-jason-momoa-tease-une-scene-post-generique-uneDès les premières séquences, on comprend que l’humour distillé dans le précédent opus dédié à Wonder Woman, va être de retour dans ce film sous le signe de l’union. Un humour qui n’est pas pour déplaire, repris en majorité par les nouveaux visages introduits dans cet univers : Barry – le Geek – The Flash, Victor le Cyborg et Arthur l’Aquaman interprété par un Jason Momoa survolté. Alors que jusqu’ici on pouvait reprocher aux films DC de se prendre beaucoup trop au sérieux, avec une mise en scène lisse et stéréotypée, dans Justice League, on ose la moquerie et la folie parfois, sans se priver de grands discours dignes du genre, et autres envolées héroïques et plans très américains. Clairement, le film propose un équilibre entre mythologie et divertissement qui n’est pas désagréable, pour un film moins « premier degré » que Batman v Superman par exemple.

Hashtag Teamwork

Le maître mot de Justice League est l’union (qui bien évidemment fait la force – Duh !). Toute l’intrigue du vilain que les (supers) héros affrontent réside sur une certaine union d’ailleurs, comme un parallèle avec la nécessité d’une alliance pour vaincre le Mal et sauver le Monde.

Une union qui se fait d’ailleurs assez naturellement et tout en légèreté, sûrement aidée par l’entente et l’ambiance bon enfant entre les acteurs. Bien évidemment les nouveaux personnages introduits dans ce film charnière avec les chapitres consacrés à chacune nouvelle tête, y sont pour beaucoup dans le sentiment de fraîcheur du film. Mais celle qui ressort du lot est bien évidemment Wonder Woman.

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Gal Gadot est toujours impressionnante dans ses scènes de combats et ce dès les premières séquences du film, et bien plus convaincante dans son jeu, bien meilleure que dans Wonder Woman même s’il reste du travail à faire pour être une bonne actrice. Clairement, elle portera le film et cette nouvelle équipe jusqu’au retour de Superman, dont l’absence n’était pas si gênante que cela.

Problemas

justice-league-critique-film-DC-snyder-Joss-Whedon-gal-gadot-image-4Le véritable bémol de cette fine équipe est bien évidemment le regrettable Ben Affleck dans la peau de Batman, qui n’est toujours pas aidé par l’écriture de son personnage, toujours en complexe d’infériorité face à Superman. Il est temps que ce dernier face une petite séance chez le psy, car le prochain film consacré à l’homme chauve-souris ne sera pas de bon augure s’ils continuent avec l’aspect torturé du super héros face à l’homme à cape rouge.

L’autre soucis – attention minute féministe – concerne Wonder Woman, qui en fait des tartines sur son regretté Steve, 100 ans après son sacrifice… La première séquence qui fait référence au personnage de Chris Pine dans Wonder Woman n’est pas désagréable et même compréhensible, la seconde un peu lourde, et la troisième… la goutte d’eau qui donne envie de secouer l’Amazone pour lui demander de tourner la page et d’arrêter le deuil de son ex…. Surtout pour une femme qui s’affiche un peu comme la mère de tous ces hommes, protectrice et aimante, tout en douceur. #ClichéMuch

Le messie comme un cheveu sur la soupe

Quant au dernier personnage qui a un peu exaspéré le Cerveau : Clark Kent. Le retour de Superman dans la seconde partie de Justice League plombe un peu le rythme de ce dernier, cassant une certaine rondeur et cohérence scénaristique que le film proposait jusqu’ici. Comme une pièce rapportée attendue comme le Messie, la League aurait pu tenir seule, vu l’inutilité de ce dernier, pourtant imaginé comme le christ accompagné de ses apôtres. Pire, le Cerveau pense même que Superman est un peu le personnage qui casse l’équilibre du groupe avec tous les clichés qu’il apporte vis-à-vis de sa résurrection, soulignant ainsi tous les autres stéréotypes du film, et du genre.

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Réalisation en dents de scie

Ce qui est bien dommage, car l’effort de cohérence et de renouveau se sent dans ce nouvel opus de la franchise DC. Justice League arrive à proposer quelque chose d’assez sympathique, malgré une réalisation qui pêche par ses reshoots, clairement visibles, et sa réalisation un poil plus bancale que ce qu’on a pu voir dans les précédents DC. Le divertissement est au rendez-vous, puisque le film ne lésine pas sur les séquences d’actions et les effets spéciaux, ainsi qu’une 3D maîtrisée au possible. Là où la réalisation étonne, est dans l’effort de dissimuler les séquences qui viennent se juxtaposer au film originel, dans des profondeurs de champs mal exécutées, et certains faces-à-faces parfois risibles.

Musique épique

justice-league-critique-film-DC-snyder-Joss-Whedon-gal-gadot-image-1Un bémol visuel, rattrapé par une bande originale signée Danny Elfman qui est très bonne, et qui se permet même de faire écho à certains thèmes cultes de la pop-culture dans ses mélodies, comme celui de Superman composé par John Williams, ou même son thème composé pour le Batman de Tim Burton en 1989. Un petit écho qui n’est pas pour déplaire, puisqu’ils se font dans l’orchestration globale et les mélodies restent subtiles. Le travail d’Elfman est sans conteste bien meilleur que celui de Zimmer dans les précédents DC, proposant un retour à des mélodies et orchestrations bien plus classiques et connue du genre, plus épiques et héroïques, moins mécaniques que les derniers thèmes pour ces nouveaux héros DC.

En somme, Justice League n’est ni bon, ni mauvais. Assez divertissant, le film propose quelque chose d’assez sympathique si l’on n’est peu friand du côté très premier degré de Man of Steel et Batman v Superman. Comme un renouveau lancé par Wonder Woman, Justice League donne clairement le ton pour les prochains opus de la franchise DC chez Warner, qui cherche toujours un équilibre entre l’humour et la mythologie sérieuse des comics. Pour savoir si le ton du film très ancré dans l’humour est bien la route choisie, il faudra attendre les prochains Aquaman et Wonder Woman 2. 

Justice League : Bande Annonce

Crédit photos : Warner /Marvel – droits réservés