The Handmaid’s Tale saison 1 : Une série à voir même avec ses défauts

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Critique du final de la saison 1 de The Handmaid’s Tale, une série difficile à regarder mais qui mérite le coup d’oeil malgré un souci avec le traitement des minorités. Spoilers.

La saison 1 de The Handmaid’s Tale vient de se terminer sur la plateforme de streaming américaine Hulu. Et c’est une bonne saison qui s’achève avec des moments violents, tristes mais aussi avec un peu d’espoir pour certains personnages. Les premiers épisodes étaient très prometteurs et le reste de la saison fut, dans son ensemble, à la hauteur du défi que s’est lancer le créateur de la série Bruce Miller. Cependant, la série A un problème, le traitement frileux des minorités raciales dans un monde tel que Gilead.

NightDans ce final de The Handmaid’s Tale, Offred commence vraiment sa rébellion. Si la série a commencé avec une Offred très soumise qui tentait simplement de survivre, la saison 1 se termine sur un acte de rébellion où elle suit la nouvelle Ofglen et tient tête à Tante Lydia en poussant ses collègues servantes à faire de même . Et même si cet acte est infime, il montre que les servantes ne sont pas des robots qui font tout ce qu’on leur dit de faire. Elles refusent de lapider l’une des leurs.

Des points pas toujours clairs

Bien évidemment, si la série est très bonne et fait froid dans le dos, elle n’est pas exempte de défauts. Certains points narratifs sont assez faciles et hasardeux, notamment le moment où un homme appartenant à une délégation mexicaine confie à Offred que son mari Luke est toujours vivant. Ce même mari qu’on va suivre dans un épisode assez spécial qui lui est dédié et montre comment il s’en est sorti. Si cet épisode est intéressant et montre l’autre côté de la barrière, il est aussi un peu lent. Il sort aussi complètement de la narrative du livre sur lequel est basé la série. Encore une fois, ce n’est pas complètement hors sujet parce que ça donne un aperçu de la résistance, mais ça sort un peu du sujet de la série.

The Other Side

Il y a aussi plusieurs points que la série n’a pas éclaircie comme la place des minorités raciales dans la société. Parce que s’il y a des Handmaids noires, comme Moira, il n’est à aucun moment dit comment sont considérés les “minorités visibles” dans les hautes sphères de Gilead ou même s’il y a des couples mixtes. La série a loupé une véritable opportunité d’aborder la question raciale et c’est dommage, surtout avec un personnage aussi fort que Moira. Elle est présente, mais son expérience de femme noire n’est pas traiter. Et sachant que dans l’histoire des Etats-Unis, les femmes noires et latinas ont souffert des pires sévices, The Handmaid’s Tale, qui a en gros pour sujet l’esclavage et l’humiliation, manque à son devoir de mettre un projecteur sur ces femmes en particulier.

Traitement des minorités pauvres

the-handmaids-tale-saison-1-critique-finale-3Oui Moira est présente mais c’est l’une des rares et par miracle, elle finit par s’en sortir. Si le téléspectateur est content pour elle, son statut de femme noire et lesbienne n’est jamais vraiment exploré. La série ignore ce fait et c’est dommage, comme s’ils avaient peur de mal aborder la question. Pourtant, June alias Offred, qui est le personnage principal est entourée de noirs. Son mari est noir, sa fille est métisse et sa meilleure amie est noire. C’est presque une faute de l’ignorer.

Dans le livre, Moira n’est pas noire, Samira Wiley a été castée parce qu’elle est talentueuse, il en est de même pour OT Fagbenle qui incarne Luke, le mari de June. Le casting est donc divers mais l’histoire ne l’est pas et c’est dommage. Cela n’enlève en rien la qualité de la série, ça montre seulement une maladresse ou du moins, une opportunité manquée de raconter une histoire importante dans un tel monde. On aimerait que la race ne soit pas un problème, que la série soit “post-raciale” mais c‘est le monde dans lequel on vit et il est important de le souligner. The Handmaid’s Tale est censé représenter un futur cauchemardesque de l’Amérique, il est donc difficile d’imaginer que les difficultés pour les asiatiques, les latinos et les noirs aient complètement disparues. La série a réussi à dénoncer le traitement immonde de la communauté LGBT, elle aurait dû aussi explorer les difficultés raciales.

Dure à regarder et poignante

The Handmaid’s Tale est une série très difficile à regarder. Il est évidemment qu’elle n’est pas à binge-watcher parce que chaque épisode est à méditer. Comme pointé dans la critique du début de la saison, la série reste poignante, presque étouffante et c’est une sensation assez rare à éprouver quand on regarde une série. Les sévices que certains reçoivent sont insoutenables et nous avons mal pour les personnages. La série réussit à ce que le public soit en totale empathie pour les personnages et chaque victoire est un soulagement. La réalisation donne le sentiment d’être avec les personnages, au plus près de leur calvaire et les acteurs sont excellents.

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Même si elle n’est pas parfaite, The Handmaid’s Tale est probablement l’une des séries les plus intéressantes de cette année 2017 et elle mérite clairement l’attention des prochains Emmy Awards tant elle est puissante et surtout très révélatrice d’un monde qui n’est pas si éloigné de ce que vivent certaines personnes dans le monde, sous certains régimes autoritaires. Surtout les femmes dont les droits sont bafoués.

La saison 2 a été rapidement commandée après le lancement de la série. Il y a encore beaucoup de choses à explorer dans cette République de Gilead, cette histoire n’est clairement pas terminée. Il y a un message très fort dans la série sur la société et le féminisme mais The Handmaid’s Tale ne doit pas oublier que les combats sont bien plus variés.

The Handmaid’s Tale sera diffusée en France à partir du 27 juin sur OCS.

Crédit ©Hulu

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  • Camille Derouaisné

    Pour la question raciale, je ne suis pas vraiment d’accord. C’est vrai que j’y ai pensé à un moment de la série  »tiens ils n’abordent pas le sujet de la couleur » et puis je me suis dit que peut importe la couleur de peau ou l’origine des femmes, le seul fait important pr eux est qu’elles soient fertiles et asservies. blanche, noire, asiatique… du moment qu’elles pondent des gosses. Je pense qu’ils sont passé au dessus de ça pr quelques choses de bien pire en definitive. Elle ne sont plus réduit à l’esclavage car elles sont noires mais parce qu’elles sont des femmes. C’est ce qui m’a choqué, le fait qu’ils soient très évolué mais intentionnellement en régression. Mais c’est mon point de vue

    • chouchka

      Tout à fait d’accord: traiter la question raciale, ce serait se disperser ou vouloir verser dans le politiquement correct à l’américaine où il FAUT parler des minorités visibles… Pas forcément pertinent ici car l’enjeu c’est la reproduction.

  • Ichi

    Je ne trouve pas que ne pas traiter de la couleur est un défauts, en vrai, l’histoire ce passe dans une Amérique ou plutôt un monde évolué qui subis une hausse drastique de stérilité. Gilead est un groupe extrémiste religieux qui prends le contrôle d’un pays et y instaure une vie dictatorial pour tout être y vivant. Ils suivent la bibles de manière très près et n’hésites pas a punir gravement pour chaque entorse possible écrit dedans sans prendre en compte l’idée moral que voulais une religion. On parle forcément d’une communauté LGBT puisque dans la bible c’est un péché clairement indiqué, mais on en parle pas spécialement trop car deux solution à ça, soit tu cache, soit tu montre et tu te fait exécuté soit tu fait partie des femme fertile et tu subis un autre châtiment. Bref évident, présent par petite doses un peu partout, aucun probleme.
    J’en viens donc au probleme « raciale » comme indiqué dans l’article. Et bien incroyable mais il n’y en a pas, et oui, comme bien montré dans la série, ils suivent leur religions, jamais on parle de ségrégations raciale dans la religions, donc ils n’en font pas, ils se contentent de séparer les femmes en castes et forcément mis de côté par un fort côté misogyne (ici présent dans la bible.)

    Je suis d’accords avec Camille Derouaisné, c’est une société en continuel régression mais réglant un probleme mondiale ou plutôt une catastrophe mondiale sur la fertilité, et montre ici jusqu’où on peut aller pour régler de tel probleme. Parler de ségrégation raciale serait totalement hors contexte et ne mettrait qu’incompréhensions et mélanges de problèmes qui n’ont pas lieu d’être.
    Oui on peut faire une histoire basé la dessus puis-qu’encore très présent dans la réalité mais ce n’était clairement pas celle là, suffis alors de regarder d’autres œuvres qui eux traitent de ce sujet ^^.
    J’aimerais terminer par un dernier détails, c’est une série, un livre, une fiction, oui ça n’aborde pas tout les problèmes en 35 milles dimensions qu’est la réalité, mais ça tombe bien, c’est pas ce qu’on recherche en créant et en regardant une fiction ;3 (tout cet avis ne tiens qu’a moi mais c’est ma vision je respecte la votre =D)

    PS: navré pour les fautes je suis pas très bon en orthographe et tout le reste.