Peacemaker : Hard Rock, papillons et bras cassés hilarants (critique)

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Découvrez l’avis du Cerveau pour la série héritée de The Suicide Squad de James Gunn : Peacemaker 

Ce jeudi, les trois premiers épisodes de la série spin-off consacrée à l’un des personnages marquants de The Suicide Squad de James Gunn ont été mis en ligne sur HBO Max. Une mini-série consacrée au super-héros auto-proclamé et haut en couleurs incarné par John Cena dans le film de DC : Peacemaker.

Un personnage qui avait fortement inspiré son acteur, mais surtout auteur, après l’avoir écrit pour cette nouvelle version de The Suicide Squad sortie l’été 2021. Ainsi, James Gunn signe ici sa première mini-série pour HBO Max. Une série héritée bien évidemment de l’univers mis en place dans le film qu’il a écrit et réalisé. A l’image de The Suicide Squad, Peacemaker est aussi folle et débridée que ce qu’on a pu voir en salle.

La suite

Elle se déroule d’ailleurs juste après les évènements à Corto Maltese et la confrontation entre Bloodsport et Peacemaker. Alors qu’on voyait en scène post-générique ce dernier encore vivant et à l’hôpital, on savait que la mini-série se concentrerait sur une Task Force qui recrutera ce super-héros atypique pour une enquête particulière.

Une enquête que l’on découvre donc dans ces trois premiers épisodes de plus d’une cinquantaine de minutes, chacun étant un chapitre de l’histoire de Chris Smith, alias Peacemaker, dans sa vie post-escadron du suicide. Et dès le générique, le ton est donné : Peacemaker va être aussi barré que ce qu’on a pu voir dans The Suicide Squad. Peut-être même encore plus fou.

Peace and Love… enfin presque

Celui qui prône la paix par l’assassinat, scande à tout va qu’il est toujours prêt à tout pour y parvenir, est en pleine crise existentielle dans sa série éponyme. Au fil de ces trois premiers épisodes, on comprend très vite que la mini-série tournera autour de cette crise et l’évolution de Peacemaker, tout en explorant son origine.

Une origine qui bien évidemment prend ses racines chez son père. Un personnage horrible et raciste, qui bien évidemment va avoir une grande place dans les prochains épisodes et suite de l’intrigue.

Peacemaker les origines

Ce dernier, incarné par le célèbre Robert Patrick, semble avoir été Peacemaker avant son fils, ou un autre vengeur dans sa jeunesse.

Un homme odieux aux principes délétères. Un père qui a une emprise toxique sur son fils et qui est sans conteste la source de ses problèmes, rien d’étonnant venant du créateur de la série – la figure paternelle toxique étant un de ses thèmes favoris, de Peter Quill, en passant par Bloodsport jusqu’ici.

Dès le premier épisode, Peacemaker – ou Chris Smith c’est comme on veut – montre qu’il est peut être un loser fou, mais un loser avec une tendresse et ou faiblesse loin de ce qu’on a pu voir dans The Suicide Squad. De la nuance à une caricature absurde hilarante, qui n’est plus un twist antagoniste comme imaginé dans le film. Ici, il est un (anti) héros avec de la rondeur, une histoire et un entourage. Ainsi, une critique de l’Amérique se dessine, ainsi que celle de la notion de l’héroïsme ou du concept du sauveur.

Entre comédie trash et amour de la pop-culture

Si l’on devait situer Peacemaker dans l’échelle de la multitude de séries de super-héros qui ont envahi nos écrans, elle serait plus proche de The Boys ou Doom Patrol, l’autre série déjantée de l’univers DC.

Centrée sur un groupe de ratés, porté par un loser en chef, on sait que la série va nous offrir une histoire de groupe de personnes que tout sépare, qui vont s’unir pour combattre une force dangereuse. Le tout, en rire et dérision, avec un peu de trash, car la série et bel et bien héritée de l’univers de The Suicide Squad.

Avec bien évidemment l’autre ingrédient si cher à James Gunn. : la musique, grâce à une bande originale improbable composée de titres glam-rock années 80, qui vont donner plus de punch et de folie à des séquences pourtant déjà assez folles (une bande originale composée de titres à retrouver dans cette playlist créée par le réalisateur en personne).

Peacemaker, à l’image de ce que fait James Gunn, que ce soit chez Marvel avec Les Gardiens de la Galaxie, ou chez DC, est une série qui célèbre des œuvres issues de la pop-culture comics et musicale les plus improbables, pour le plus grand plaisir des spectateurs, qu’ils soient férus de comics, ou non.

Kitchissimement Américain, faussement patriote

John Cena est toujours aussi habité par son personnage, au point de ne se laisser aucune limite, même dans des séquences plus ridicules les unes que les autres, que ce soit une danse en slip blanc ou un câlin avec son sidekick : un aigle américain, symbole kitch et fou de l’Amérique sauce Peacemaker.

Il est clair que la série ne bénéficie pas des mêmes moyens que le film Suicide Squad, avec une réalisation somme toute classique de série fantastique, entre enquête digne d’un cop-show et comédie trash.

Mais ça marche. Notamment grâce au casting de la série, avec des visages déjà vu dans Suicide Squad, comme Steve Agee (John Economos) ou Jennifer Holland (Emilia Harcourt), mais aussi l’hilarant autre tueur super-héros du nom de Vigilante : Freddie Stroma (Adrian Chase/Vigilante), qui apporte non seulement de l’humour, mais aussi une dimension nouvelle au héros, entre meilleur pote et gros boulet.

Sauce James Gunn

On apprécie la multitude de personnages secondaires, assez solides pour engager le spectateur dans cette intrigue aussi folle qu’on pouvait l’imaginer, dans une narration qui non seulement fait rire, mais peut parfois étonner.

Il faudra attendre la suite au-delà de ces trois premiers épisodes, pour voir si la folie de Peacemaker tient sur la longueur tout en offrant quelque chose de vraiment inédit au-delà de ce qu’on nous propose – qui même si dépoussière les séries classiques de super-héros à la perfection – reste une  extension de l’univers The Suicide Squad sauce James Gunn, sur le petit écran.

Crédit photos : HBOMax /Warner

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