Jour Polaire : une série en demi-teinte (bilan)

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2.5

Avec un démarrage pourtant percutant, Jour Polaire n’a pas su tenir ses promesses et n’arrive pas à renouveler le genre « Nordic Noir ».

Le Cerveau était pourtant enthousiaste après le premier épisode qui commençait avec un meurtre très spectaculaire. Finalement, Jour Polaire va s’avérer être une série qui use de grosses ficelles narratives, dont le suspens s’épuise, pour finalement laisser principalement place à l’histoire personnelle de notre héroïne qui n’est pas des plus captivantes. Pour autant, les amateurs du genre devraient quand même y trouver leur compte.

Un début plein de promesses

jour polaire leilaAu cœur de l’été arctique (période où le soleil ne se couche jamais), une macabre découverte est faite. La victime étant de nationalité française, Kahina Zadi, enquêtrice parisienne se rend sur les lieux en Suède. Elle va devoir collaborer avec la police locale et en particulier avec le procureur Anders Harnesk.

Le premier épisode mettait l’eau à la bouche, avec des meurtres sanglants bien mystérieux et l’atmosphère si particulière des séries scandinaves. L’histoire n’était pas sans rappeler celle de la série Bron, avec son duo de flics aux nationalités différentes, ce qui est tout à fait normal puisqu’à la réalisation on retrouve la même équipe suédoise Måns Mårlind et Björn Stein. Et c’est sûrement là qu’est le problème, le scénario de Jour Polaire est maladroitement calqué sur celui de Bron, et ça ne prend pas.

Les personnages sont trop aseptisés, leur histoire personnelle prend beaucoup trop le pas sur l’intrigue principale qui passe très rapidement au second plan et fait ainsi disparaître le genre thriller recherché.  Notre duo d’acteurs franco/suédois tente de s’en sortir comme il peut. Mais au fil des épisodes, on sent que Leila Bekthi s’épuise dans son rôle d’enquêtrice névrosée au passé douloureux et laisse peu de place à Gustaf Hammarsten dans son rôle de procureur attachant.

Une histoire d’identité et d’intégration

Jour Polaire bascule très rapidement sur l’histoire des Sami, peuple autochtone, rejeté, méprisé et insulté par les suédois, qui tente de se faire entendre et de faire valoir leurs droits.
Histoire qui raisonne avec celle de notre héroïne, Kahina Zadi, d’origine Berbère, qui a fui étant plus jeune l’Algérie pour venir vivre en France à Paris : comment faire face à son identité, à ses racines, comment les vivre et comment se faire accepter ?jour-polaire-une-serie-en-demi-teinte-bilan-sofia-jannok

Jour Polaire pousse cette critique sociétale encore plus loin, avec cette ville minière qui doit être complétement déménagée car il y a un risque qu’elle soit engloutie sous la terre. Comme une allégorie, celle de la faille de la société suédoise envers les Sami, tellement profonde que la ville s’effondre. Mais au lieu de résoudre le problème, ils le déplacent.

Ajoutons à tout ça un complot nucléaire, et c’est là que le Cerveau commence à avoir une indigestion. Jour Polaire aurait certainement mérité une critique sociétale plus subtile, et moins de multiplication de fil-rouge.

Des idées

jour polairePour autant, nos deux réalisateurs exploitent habilement le décor suédois et celui qu’offre le peuple Sami, avec notamment leur culture chamanique, pour articuler leur intrigue sur cette question d’identité. Le contexte de ce soleil qui ne se couche jamais est bien utilisé, le manque de sommeil et la perte de repère vont évidemment mettre en difficulté notre enquêtrice, mais également le spectateur, qui ne sait plus si c’est la réalité ou Kahina Zadi qui rêve.

Les indices sont intelligemment disséminés au fil des épisodes, nous mettant parfois sur des fausses pistes et nous donnant la solution complète lors de l’épisode final. Une fin réussie, pas totalement heureuse, puisque le tueur va mener à bien sa mission et en quelque sorte s’en sortir, puisque tout se passera comme il l’avait malheureusement prévu.

Jour Polaire est comme cet été sans fin, elle finit au fil des épisodes par lasser. Plus de noirceur et une intrigue au premier plan aurait été une plus grande réussite.

 Crédit photo : ©Canal+

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