The Crowded Room : Un Tom Holland au top de son jeu

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Retour sur le final de la mini-série, The Crowded Room, avec Tom Holland et Amanda Seyfried. Spoilers.

La série Apple TV+, The Crowded Room, a sorti son dernier épisode ce vendredi, un point culminant de cette série en 10 parties, mettant en vedette les brillants Tom Holland et Amanda Seyfried dans les rôles principaux de l’accusé Danny Sullivan et de la psy Rya Goodwin. La série trace le parcours d’un jeune homme victime d’un trouble dissociatif de l’identité et montre la façon dont sa maladie est révélée lors d’un procès sous tension.

Dans l’épisode précédent, après que la mère de Danny, Candy (Emmy Rossum), ait nié que son fils ait jamais été agressé sexuellement, Danny s’est tranché les veines pour mettre fin à ses jours. Le dernier épisode nous apporte les suites de cette tentative de suicide, ainsi que le verdict du procès. Danny est sauvé à temps par Ariana qui se manifeste puis le verdict arrive et il est acquitté après avoir témoigné à la barre. Alors que Jack a enfermé Danny et a pris le contrôle, l’interrogation prend un tournant et les jurés comprennent que Danny est malade alors que le sujet d’Adam fait surface.

Le final confirme qu’Adam n’existe pas, il est bien la création de Danny pour se protéger des méfaits qu’il a subit enfant. Danny réalise enfin qu’Adam est une partie de lui, une création de son inconscient malade. A la fin, alors que Danny est traité dans un institut où il peint (les peintures qu’on voit dans le générique du début), il a enfin réussi à assimiler les différentes personnalités qui vivent dans sa tête, sauf Adam parce qu’il le considère vraiment comme son frère. Il protégera et chérira Adam pour le reste de sa vie parce qu’Adam a fait de même quand Danny était enfant. À certains égards, oui, Danny est guéri de sa maladie, et maintenant il est le seul à contrôler son esprit, mais il a conservé une infime partie de sa psyché sous la forme de son « frère jumeau », Adam.

Un puzzle à mettre en place

Dans la critique du début de saison, on a pointé le fait que l’histoire avançait bien trop lentement et que si vous connaissez un peu l’histoire vraie sur laquelle est basée la série, il était asse facile de comprendre ce qui arrivait à Danny. Il est vrai que les trois / quatre premiers épisodes sont lents et mettent du temps à vraiment installer les choses, cependant la série finit vraiment par prendre aux tripes durant le second tiers et décolle ensuite dans son dernier acte. Si on comprend assez vite que Jack, Ariana, Yitzhak, Jonny, Mike et Adam sont dans la tête de Danny, c’est le combat de Danny qui est le plus important.

La série joue avec la chronologie et la perception de la réalité d’une manière vraiment intéressante, cela maintient les choses captivantes. Le jeu du « est-ce réel ou pas réel ? » est difficile à jouer lorsque la moitié de l’histoire racontée provient d’un narrateur peu fiable, c’est un peu comme recevoir une poignée de pièces de puzzle à la fois, sans aucune idée du moment où vous avez toutes les pièces ou de ce que sera l’image finale.

Une fois que les choses sont claires par rapport à ses différents alters, on finit enfin par comprendre le mécanisme de Danny, la façon dont son cerveau fonctionne. Si au départ la narration semble être un peu brouillon, tout finit par prendre sens.

Un sujet délicat porté par un Tom Holland brillant

Tom Holland est le vaisseau parfait pour transcrire ce que Danny traverse et il prouve vraiment tout son talent d’acteur en jouant les différentes personnalités de son personnage. On comprend aussi pourquoi il a décidé de faire une pause parce que c’est mentalement épuisant. Évidemment, si on n’est pas atteint de ce trouble, on ne peut pas dire avec certitude si la série en fait un portrait juste mais il semble vraiment que c’est traité avec respect.

Il est très délicat de parler de trouble dissociatif de l’identité et The Crowded Room le fait avec tact tout en mettant la lumière sur des sujets importants comme les abus sexuels et comment ils peuvent brisés un être. Rya se bat pour l’expliquer aux gens qui essaient de faire passer Danny pour un menteur ou de le traiter de « fou ». Elle a une telle empathie pour Danny et lui montre une telle gentillesse, même lorsqu’un de ses alters lui donne du fil à retordre.

Honnêtement, c’était parfois difficile à regarder car la série aborde des thèmes vraiment sombres, mais le jeu des acteurs est si bon qu’on se retrouve complètement happé. Comme Rya, on veut en savoir plus sur l’histoire de Danny, on veut l’aider à assembler les pièces afin d’avoir une véritable vue de l’image d’ensemble.

Différent de la véritable histoire

La véritable histoire sur laquelle la série est basée est… beaucoup plus sombre que celle de Danny. Le vrai Billy Milligan (la personne qui a inspiré le film Split de M. Night Shyamalan) a commis des crimes bien pires, et c’est une bonne chose que la série soit restée à l’écart de cela, car un aspect important de la série, est que Danny n’est pas une mauvaise personne.

Les crimes commis par ses alters étaient soit sans victime, soit en état de légitime défense. Danny devait être indéniablement coupable, et aussi complètement pardonnable pour que cette histoire fonctionne. La question doit être « Danny devrait-il être puni pour quelque chose qu’un de ses alters a fait ? », et le public doit se sentir déchiré à ce sujet. Et Rya, l’empathie incarnée, est là pour transmettre la compassion envers Danny.

Si Danny ou ses alters avaient commis l’un des vrais crimes de Billy Milligan, rien de tout cela n’aurait été possible. La vérité est que tous ceux qui souffrent de trouble dissociatif de l’identité ne commettent pas de crime. Comme le montre la série, la maladie est déclenchée par des abus et des traumatismes, le plus souvent des abus et des traumatismes envers les enfants. Donc, dépeindre l’un des alters de Danny comme un méchant irrémédiable aurait raconté une histoire entièrement différente.

L’intégralité de The Crowded Room est disponible sur Apple TV+.

Crédit ©Apple TV+

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