One Last Adventure : L’incompétence des créateurs de Stranger Things au grand jour  

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Retour sur un documentaire catastrophique pour le dernier clap de Stranger Things sur Netflix. Un documentaire accablant sur les coulisses de fabrication de la saison final de la série, soulignant toutes les failles de ses créateurs et les raisons du fiasco.

Après la réception désastreuse de la saison 5 de Stranger Things, Netflix vient de sortir un documentaire qui, au lieu de célébrer l’héritage de la série, révèle involontairement les coulisses d’un naufrage créatif.

One Last Adventure: The Making of Stranger Things 5, diffusé le 12 janvier sur la plateforme de streaming, devait être un adieu émouvant à la série culte. Il s’est transformé en autopsie involontaire d’une production chaotique et d’une écriture bâclée de la part des créateurs de la série.

Un documentaire qui tourne au désastre

Réalisé par Martina Radwan, ce documentaire de deux heures suit Matt et Ross Duffer, les créateurs de la série, ainsi que l’équipe et le casting durant la production de la saison finale de son premier épisode au dernier.

Un documentaire qui dès sa mise en ligne a déclenché une vague de critiques sur les réseaux sociaux, les fans accusant les frères Duffer d’incompétence et de négligence créative, voire d’utilisation d’IA sur deux captures de leurs ordinateurs en plein processus d’écriture.

Comme le Cerveau l’avait expliqué dans sa critique, la saison 5 représentait déjà un naufrage abyssal, pire même que le final de Game of Thrones. Le documentaire ne fait que confirmer ces impressions en révélant l’ampleur du chaos qui régnait dans les coulisses.

Un script inachevé en pleine production

La révélation la plus choquante arrive dès les premières minutes du documentaire. Ross Duffer admet ouvertement : « Nous sommes entrés en production sans avoir un script terminé pour le final. » Une confession faite à 3 minutes du début de ce film.

Le documentaire révèle que le tournage de l’épisode final lui-même avait commencé sans script complet. Des membres de l’équipe décrivaient leur travail comme « poser les rails pendant que le train roule ».

Montana Maniscalco, assistante de production clé, confie à la caméra : « Nous ne savons même pas vraiment ce qui se passe. » Autrement dit dans le langage courant « on navigue à vue… c’est la M**** ». On a pu voir le producteur de la série face à ses planning à multiples reprises, dépité sur l’organisation du tournage alors qu’il n’avait même pas de script fini.

Matt Duffer tente dans plusieurs séquences malgré tout de justifier cette situation chaotique en expliquant qu’ils étaient « constamment harcelés par Netflix et la production pour l’épisode huit », que l’échelle de la saison était bien plus grande et donc plus compliqué de trouver les bonnes idées pour conclure la série et tous ses arcs en bonne et due forme.

Une excuse qui semble creuse quand on réalise qu’ils avaient au moins deux ans et demi entre la saison 4 et le tournage de la saison 5 pour finaliser leur vision. En lieu et place de se concentrer sur leur vision globale de la série, ces derniers se sont concentrés sur ce que les spectateurs au-delà de Netflix  pourrait attendre pour la fin, chose qu’ils ont avoué dans plusieurs séquences du documentaire et durant la promotion de cette ultime saison. Preuve que ces derniers ont écrit leur saison sans réel objectif final si ce n’est la confrontation avec Vecna et le flagelleur mental.

La controverse des Demogorgons ignorés

L’un des moments les plus révélateurs du documentaire concerne l’absence criante des créatures emblématiques de la série dans le combat final. L’un des scénaristes de la série, soulève lors d’une réunion d’écriture de la bataille finale « ce serait fou s’il n’y a rien là-bas, je pense. »

Oui fou qu’on imagine une bataille dans le monde originel des créatures mythiques de la série sans ces dernières. Sans Démogorgons, Démodogs, Chauve-souris démoniaques et autres créatures dans l’Abysse.

Une observation pertinente est immédiatement balayée par les Duffer qui invoquent une éventuelle « fatigue des démos » pour les spectateurs, prétendant que le public en aurait eu assez de ces monstres. Voilà la réelle raison du vide dans l’abysse. Une fatigue fantasmée de leurs fans ou spectateurs…

Cette décision a été l’une des critiques majeures du final, notamment pour le Cerveau de Brain Damaged, soulignant l’incohérence narrative flagrante. Le documentaire montre comment cette préoccupation légitime a été tout simplement ignorée, Matt Duffer affirmant que « le monstre géant, c’est la nouveauté » – une justification qui ne tient pas la route face à la logique établie par la série elle-même. Entre l’absence d’imagination, l’écriture repoussée et les envies de grandeur de la production, peu étonnant que cette ultime saison ait tourné au fiasco.

Conformity Gate : Un espoir déçu

Le documentaire arrive après plusieurs jours de spéculation intense de la part des fans de Stranger Things, qui avaient développé une théorie baptisée « Conformity Gate ». Cette théorie soutenait que le final de la série était en réalité une illusion créée par Vecna, et qu’un neuvième épisode secret serait diffusé le 7 janvier.

Les fans avaient accumulé des « preuves » : des incohérences visuelles, des postures suspectes des personnages rappelant celles de victimes de Vecna, l’absence de l’horloge iconique du méchant. Une pétition en ligne réclamant la « vraie fin » a même récolté plus de 400 000 signatures.

Beaucoup espéraient que One Last Adventure serait en réalité ce neuvième épisode tant attendu. Quand ils ont découvert qu’il s’agissait simplement d’un documentaire, la déception s’est transformée en colère. Sur Twitter, les réactions ont été virulentes, notamment après toutes ces deductions qui au final apparaissent désormais comme des simples ratés des scénaristes.

La polémique ChatGPT et Reddit

Autre source de controverse majeure : des captures d’écran du documentaire montrant les ordinateurs des Duffer. Des fans aux yeux d’aigle ont cru identifier des onglets ChatGPT et Reddit ouverts pendant l’écriture du script final.

Sur Twitter, les accusations ont fusé, les réactions vont de la moquerie à l’indignation pure. Bien qu’il n’y ait aucune preuve concrète que ChatGPT ait été utilisé pour écrire des dialogues, et que les onglets identifiés correspondent ou non exactement au logo de l’outil d’IA, l’accusation révèle surtout la méfiance profonde des fans envers le processus créatif des Duffer.

Néanmoins, l’image d’un créateur consultant Reddit pour écrire la fin d’une série a fait mouche, alimentant la perception d’une écriture influencée par les fans plutôt que par une vision artistique claire.

Une production à bout de souffle

Le documentaire révèle également l’ampleur démesurée de la production : 237 jours de tournage, 6 725 configurations, 630 heures de rushes représentant un pétaoctet de données (1 000 téraoctets). Douze plateaux de tournage utilisés en permanence, des décors démontés pour en construire de nouveaux.

Mais cette ambition technique ne peut masquer le vide créatif, que même le documentaire a mis au jour malgré lui.

Un making-of qui vient malheureusement confirmer tout ce que nous avions diagnostiqué : L’absence d’enjeux réels, la multiplication des deus ex machina, la paresse narrative, l’écriture automatique – tout cela trouve maintenant son explication dans les révélations de One Last Adventure.

Un final raté pour sur

Le documentaire a souligné comment les créateurs étaient dépassés, incapables de finaliser leur vision, prenant des décisions arbitraires en cours de route avec une prudence qui s’est installée, par peur de décevoir ou de recréer un phénomène de bad buzz final à la Game of Thrones , écartant les suggestions risquées pour privilégier la facilité.

Stranger Things 5 : One Last adventure illustre parfaitement la stratégie destructrice de Netflix de transformer une œuvre culte en vache à lait jusqu’à l’épuisement total. Quatre ans d’attente entre les saisons 4 et 5, des épisodes qui s’allongent démesurément (plus de deux heures pour le final), un découpage en trois parties pour maximiser les abonnements.

Le documentaire révèle la pression constante de Netflix sur les créateurs pour finaliser l’épisode 8, mais aussi comment cette pression s’est faite au détriment de la qualité narrative. La plateforme voulait son contenu, peu importe l’état du script.

Un miroir cruel

Stranger Things 5 : One Last adventure devait être une célébration. Il est devenu un miroir cruel reflétant l’incapacité des frères Duffer à conclure dignement leur création. Il expose involontairement tous les défauts de cette saison 5 catastrophique : manque de préparation, décisions arbitraires, ignorance des critiques légitimes, pression du diffuseur.

Matt et Ross Duffer affirment dans le documentaire qu’ils étaient « terrorisés » à l’idée de rater la fin, conscients que les fans rejetteraient les séries si la conclusion déçoit. Ironiquement, c’est exactement ce qui s’est produit. Et maintenant, grâce à ce documentaire, nous savons précisément pourquoi.

One Last Adventure n’est pas tant l’histoire de la fabrication d’une saison finale que le récit d’un échec annoncé, documenté scène par scène, aveu par aveu.

Pour les fans qui espéraient des réponses ou une forme de rédemption, le documentaire n’offre que la confirmation de leurs pires craintes. Stranger Things méritait mieux. Et ce documentaire, censé honorer la série, ne fait qu’enterrer un peu plus son héritage.

crédit photo : © Netflix

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