Jon Bernthal fait son retour dans un épisode spécial brutal de Punisher qui voit Frank Castle face à son chagrin et son syndrome de stress post-traumatique. Spoilers.
Après son retour dans la saison 1 de Daredevil Born Again, Jon Bernthal reprend à nouveau le rôle de Frank Castle, mais cette fois-ci, dans un épisode spécial unique de Punisher, co-écrit par Bernthal lui-même. Et si ce spécial se nomme « One Last Kill » (un dernier meurtre), Frank tue bien plus qu’une seule fois durant cette heure.
Mais derrière cette violence débridée se cache une étude de personnage poignante : celle d’un vétéran rongé par le syndrome de stress post-traumatique qui a presque tout perdu. L’interprétation vengeresse de Bernthal dans le rôle de Frank Castle est un point fort de l’univers cinématographique Marvel depuis ses débuts il y a dix ans, mais cette fois, il est poussé à bout dans un épisode spécial intense de 50 minutes.

Un personnage tourmenté à travers les années
Pour rappel, Jon Bernthal a commencé son parcours de Frank Castle dans la saison 2 de Daredevil sur Netflix qui faisait partie d’un mini-univers Marvel antérieur à Disney+, centré sur des héros de proximité comme Daredevil, Jessica Jones et Luke Cage. À l’instar des comics, le Punisher de Bernthal était un justicier imprévisible, armé jusqu’aux dents et rongé par le chagrin suite au meurtre brutal de sa famille. Sa rencontre avec Daredevil (Charlie Cox) a immédiatement donné lieu à un conflit, ce dernier s’interposant à cause de son principe de ne jamais tuer.
Après son interprétation remarquée dans Daredevil, Bernthal a enchaîné avec sa propre série Punisher sur Netflix, qui a duré deux saisons. Celle-ci a enrichi l’univers de Castle et exploré sa personnalité au-delà de ses accès de violence meurtrière montrant une âme perdue et tourmentée.

Suite à l’annulation des séries Marvel sur Netflix, celles-ci ont rejoint Disney+ en 2022, mêlant ainsi la violence de ces séries à des séries beaucoup plus familiales sur la même plateforme. Les héros de Netflix ont fait leur grand retour dans l’univers cinématographique Marvel avec la suite de l’année dernière, Daredevil : Born Again, qui a ramené le Punisher de Bernthal dans le giron de l’univers Marvel avec une apparition spéciale et des scènes de combat brutales.
Durant les six années d’interruption entre les séries, Castle est devenu encore plus reclus et instable. One Last Kill révèle ce qui l’a poussé à revêtir à nouveau son armure ornée d’un crâne et à reconstituer son arsenal inépuisable.
Trauma dans un monde chaotique
L’épisode s’ouvre sur Bernthal s’entraînant dans une pièce presque vide, dans un style digne des plus grands théoriciens du complot. Dehors, New York est en proie au chaos. Des membres de gangs agressent des passants innocents, incendient des voitures de police et jettent même un chiot sur la chaussée.
Ce chaos est une parfaite illustration de l’état d’esprit de Castle. Les années de traumatismes le rattrapent et il commence à avoir des hallucinations : sa famille assassinée et ses camarades Marines. Bernthal craque et libère la souffrance de Castle dans une scène poignante sur la tombe de sa famille. Une scène d’une émotion poignante qui n’hésite pas à montrer l’esprit torturé de Frank, une chose rare que les films et séries Marvel ont tendance a à peine effleurer.

Parce que même si certaines productions Marvel joue sur la corde de l’émotion, ces scènes sont souvent rapidement coupées par des répliques percutantes ou des blagues pour faire retomber la pression. Ici, on ne s’éloigne pas de la souffrance de Frank, on ressent sa douleur profonde et sérieuse. Rien n’est couper par de l’humour inutile.
Quête de vengeance
Dès lors, la violence se déchaîne comme un torrent. Judith Light incarne Ma Gnucci, la matriarche en fauteuil roulant d’une famille criminelle en déclin, qui se lance dans une quête de vengeance contre Castle après qu’un flashback révèle qu’il a tué sa famille. Les criminels de la ville convergent vers Castle, qui doit réagir instantanément et utiliser tout ce qui lui tombe sous la main pour se protéger.
Frank survit à une immolation par l’essence, une explosion de dynamite et une chute du toit, sans parler d’innombrables balles et coups de couteau. Les scènes de combat sont incessantes et le mènent des étages de son immeuble aux rues de New York, noires de monde. Bernthal se transforme en une véritable armée à lui seul, dont les épreuves le protègent paradoxalement de la douleur, lui donnant la force de vaincre n’importe quel agresseur.

Malgré sa mission sanglante, Castle n’est pas qu’un exécuteur sans coeur. Il veille toujours sur les innocents, et on assiste à un moment touchant entre lui et une jeune fille qu’il a sauvée. De plus, il venge le meurtre du chiot en exécutant son tueur. Très « John Wick » de sa part.
Frank n’a pas dit son dernier mot
One Last Kill n’est pas la fin pour Castle, mais plutôt une parenthèse appropriée pour l’anti-héros brutal de Marvel car nous le reverrons dans Spider-Man : Brand New Day qui sortira cet été. On attend ainsi de voir comment sa personnalité sans détour s’intégrera à l’univers familial de Spider-Man. Car tout comme Frank, Peter a lui aussi vécu des drames, mais ils gèrent leur chagrin de manière bien différente, voire même opposée.
Marvel s’est aventuré en douceur dans le domaine du contenu adulte avec le duo déjà établi Deadpool & Wolverine, mais ici, aucune réplique futée ne vient atténuer l’intensité de la psyché et de la sauvagerie du Punisher. Grâce à la performance enfin débridée de Bernthal, One Last Kill consacre son Punisher comme l’une des interprétations les plus singulières de Marvel.

Punisher One Last Kill n’est en soit, pas un épisode indispensable (ce n’est ni une série complète, ni un film) mais il prouve que la franchise Marvel peut vraiment s’aventurer dans des histoires sombres et brutales. C’est aussi toujours un régal de voir Jon Bernthal dans ce rôle fascinant de Frank Castle qui montre toute l’étendue de son talent, non seulement en tant qu’acteur, mais aussi en tant que scénariste.
Punisher One Last Kill est disponible sur Disney+.
Crédit ©Disney+
























Connecte tes Neurones à Brain Damaged sur