Euphoria saison 3 : Comment se termine la série ? (Spoilers)

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Découvrez comment la série Euphoria prend fin après trois saisons. Qui est mort et qui a survécu ? Spoilers.

Après trois saisons (étalées sur 7 ans et 26 épisodes) Euphoria a officiellement pris fin ce lundi avec un épisode de près d’une heure et demi. Si on savait plus ou moins que ce serait la dernière saison, rien avait été confirmé par le diffuseur. C’est désormais chose faite via le créateur Sam Levinson qui l’a annoncé sur Popcast, un podcast du New York Times.

Cette nouvelle n’est pas surprenante, étant donné que Zendaya, l’actrice principale, avait indiqué dans des interviews qu’elle pensait que la série s’arrêterait après la saison 3. Même avant cela, il était entendu depuis longtemps que le drame de HBO ne se poursuivrait pas. Quatre années complètes se sont écoulées entre les saisons 2 et 3, et Zendaya ainsi que plusieurs de ses co-stars ont vu leur carrière au cinéma propulsées, avec des agendas remplis de films à succès pendant cette période.

Adieu Rue

Cet épisode final de Euphoria rappelle qu’avant de devenir un bazar sans nom, la série était avant tout une histoire d’addiction et ses conséquences. Des conséquences graves puisque le public a dû dire au revoir à Rue qui a perdu sa bataille.

Après la mort brutale de Nate Jacobs (Jacob Elordi) dans l’avant-dernier épisode, c’est Rue Bennett qui décède d’une overdose de fentanyl dans le dernier épisode. Un triste rappel puisque c’est ainsi que l’acteur Angus Cloud (Fezco) est décédé dans la réalité, durant l’écriture de la saison 3. (La série lui rend un bref hommage avec une scène.)

Rue (Zendaya) meurt avant la moitié de l’épisode, et Ali (Colman Domingo) doit la venger. De son côté, Cassie (Sydney Sweeney) semble promise à un bel avenir en tant que magnat d’OnlyFans, mais elle a encore du chemin à parcourir pour panser les blessures de son mariage bref et tumultueux avec le défunt Nate (Jacob Elordi).

Survie avant la mort

Avant de mourir, Rue s’échappe par miracle du repaire nazi de Laurie (Martha Kelly) après la trahison de Faye (Chloe Cherry) dans les derniers instants de l’épisode 7. Son agilité et sa vitesse lui sont précieuses alors qu’elle est presque sortie, lorsqu’un des hommes de main de Laurie la capture au lasso, G (Marshawn Lynch) abat l’agresseur et la met en fuite.

Le raid de la DEA sur le ranch de Laurie (cette dernière choisit de se pendre plutôt que d’être arrêtée) se solde par la fuite indemne de l’équipe d’Alamo (Adewale Akinnuoye-Agbaje). Les agents de la DEA ouvrent le plancher d’une ambulance que ses hommes de main ont amenée du Mexique et, au lieu de drogue, ils découvrent un rat mort. Alamo sait ce qui se trame.

Plus tard, il félicite Rue (lui disant qu’elle est « employée de l’année ») et examine ses blessures, notamment la vilaine coupure à sa paume. Il lui offre ensuite un Percocet, mais lui rappelle de ne pas en abuser : « C’est pour la douleur physique. Pas pour ces conneries dans ta tête. » Il lui tend également un flacon rempli de pilules.

Ses paroles semblent, avec le recul, hypocrites, mais Rue aurait peut-être dû l’écouter : assise avec Ali, elle entre dans un état maniaque après avoir vu un reportage télévisé annonçant l’évasion de Fezco de prison grâce au parkour. Rue se précipite à sa recherche, forçant un barrage de police pour entrer chez elle.

Une fois à l’intérieur, elle imagine sa mère, Leslie (Nika King), dont elle était séparée, lui tendant la main. Tragiquement, ce n’était que le fantasme d’une jeune femme mourante. Quelque temps plus tard, Ali découvre le corps sans vie de Rue sur son canapé, trouve les comprimés et les analyse pour y déceler du fentanyl. Lorsqu’il voit le résultat positif, il est pris de rage, puis appelle Leslie pour lui annoncer la mauvaise nouvelle.

Vengeance

Dans une scène d’une intensité dramatique remarquable, on voit Ali lors d’une réunion de narcotiques/alcooliques anonymes. Il confie avoir bu un verre pour se consoler de la mort de Rue. Il précise que cela s’est passé quelques mois auparavant, un certain temps a passé depuis la mort de Rue, mais la douleur est toujours vive.

Ali ne souhaite plus faire partie du programme, qu’il juge contre-productif alors qu’il traverse une nouvelle épreuve. (Dans l’épisode précédent, un flashback le montrait confronté à la perte d’amis qu’il n’avait pas pu sauver lorsque COVID avait temporairement rendu les rencontres en personne impossibles.) « Je vais trouver un autre moyen d’être plus utile », déclare-t-il. On le voit ensuite scier un fusil.

Au club d’Alamo, Ali parvient à un face à face avec le chef, qui échappe à une balle en interposant Maddy (Alexa Demie) entre lui et le fusil. Il semble se douter qu’Ali ne tuera pas une innocente. Alamo fixe les conditions d’un duel : une des danseuses, Kitty (Anna Van Patten), fera rouler une bouteille de champagne sur le bar, et lorsqu’elle se brisera au sol, les deux hommes pourront dégainer.

Comme on pouvait s’y attendre, Alamo viole les termes de son propre accord et dégaine son arme bien avant que la bouteille ne touche le sol, appuyant sur la détente : le pistolet, cependant, n’est pas chargé. Ali regarde son associé Bishop (Darrell Britt-Gibson), dont il comprend qu’il a retiré les balles, et commence à dire « Je te reverrai en enfer, enfoiré » avant d’être touché par une balle titrée par Ali. Le charme étrange d’Alamo rompu, les filles du club quittent lentement les lieux, libres.

Quid des autres ?

Maddy se retrouve au club d’Alamo pour rembourser la dette contractée lors de sa tentative de libération de Nate dans l’épisode précédent. Laissant Cassie à la maison, elle lui dit de ne pas l’attendre, car elle rentrera tard. On ignore ce qu’elle deviendra après la mort d’Alamo, mais il semble bien que la balle d’Ali lui ait rendu sa liberté.

Cassie, quant à elle, semble avoir fait la paix avec la mort de Nate, même si elle n’a pas partagé les détails. Lors d’une conversation chez elle avec sa sœur Lexi (Maude Apatow), Cassie reste évasive quant à la question de la disparition de Nate. Elle envisage de transformer leur manoir en une sorte de maison de modèles OnlyFans et propose à sa sœur d’écrire leurs scénarios. Mais Lexi sait que ce rôle ne lui conviendrait pas.

Une fois Lexi partie, on retrouve Cassie assise sur ce qui était autrefois le lit qu’elle partageait avec Nate. Éclairée par le ring light qu’elle utilise pour ses vidéos, elle se retient de pleurer, mais on l’entend déglutir tandis qu’une grosse larme coule sur sa joue et qu’elle contemple une photo d’elle et de son défunt mari. La caméra s’éloigne, révélant un monde au-delà de la souffrance de Cassie : elle vit dans une sorte de maison de poupée, un monde où elle continue de jouer la comédie, ne serait-ce que pour elle-même.

Lexi est mieux ailleurs ; elle a d’autres préoccupations. Elle lit la Bible que Rue a laissée chez elle, alors que Rue explorait sa foi. À l’époque, Lexi avait dit à Rue qu’elle l’agaçait ; maintenant, elle le regrette et pense qu’elle aurait pu mieux faire. Dans une rare tentative de réconfort, Cassie lui dit que peu importe comment on laisse les choses « Ça reste dur », en évoquant l’abandon de la famille par leur père. Il y a cependant un certain réconfort à traverser cette épreuve ensemble. L’art apporte aussi du réconfort à un autre personnage. Dans une brève séquence, on voit une Jules (Hunter Schafer) endeuillée peindre un portrait de Rue.

Un hommage final

Dans la scène finale de l’épisode, on voit Ali rendre visite à la ferme que Rue avait rencontrée au début de la saison, lorsqu’elle traversait la frontière entre le Mexique et les États-Unis pour faire passer de la drogue et chercher de l’aide. La famille qu’elle avait rencontrée, et l’aura de bienveillance et de paix qui s’en dégageait, l’avaient alors incitée à se tourner vers la foi. Aujourd’hui, la famille se souvient d’elle avec tendresse lorsqu’Ali leur dit que « ma fille » a séjourné ici il y a quelque temps. Ils prennent de ses nouvelles et sont surpris lorsqu’Ali répond leur révèle qu’elle nous a quittés.

La famille prie avec Ali avant le repas, une chaise restant vide à table. Ali s’assoit en face de Rue et, un bref instant, l’aperçoit. Derrière elle, la baie vitrée offre un panorama immense sur la terre et le ciel de ce lieu qui lui aura momentanément donné la paix. Dans cette vision de Rue, elle semble vraiment heureuse, arborant un sourire pur et sincère. « Que Dieu nous bénisse », dit Rue en voix off, concluant l’épisode et le récit de sa vie trop courte.

Déception

Euphoria aura eu ses problèmes, et cette saison 3 s’est éloignée de l’essence de la série avant d’y revenir un bref instant. Mais on ne reste insatisfait dans l’ensemble, sans réelle rédemption pour personne ou véritable introspection. Le potentiel de beaucoup de personnages ont été gâché par l’égo d’un scénariste qui refuse de travailler en équipe, manquant ainsi de différentes perspectives.

Par moments, la série semblait s’égarer hors du cadre, explorant un mélange confus de genres et d’intrigues, dont certaines ont été critiquées pour leur glorification de la misogynie et de la violence. Malgré ces critiques, la série a toujours pris des risques artistiques audacieux, ce qui devient de plus en plus rare dans un paysage audiovisuel qui privilégie la quantité à la qualité.

Mais au final, beaucoup de choses restent malheureusement en surface et on se retrouve avec un fantasme irréel et un faux semblant d’ « empowerment ». La frontière entre la critique et la glamourisation est très fine et la série a fini plus dans l’exploitation des femmes et de la violence à leur encontre que dans la dénonciation.

L’intégrale de Euphoria est disponible sur HBO Max.

Crédit ©HBO Max

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