Scrubs revival : Un retour au Sacré Cœur qui ignore la saison 9 (spoilers)

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La sitcom médicale Scrubs, fidèle à elle-même, est de retour pour une nouvelle saison qui ignore la saison 9. Spoilers.

Seize ans après la fin de Scrubs, la comédie médicale déjantée est de retour avec une nouvelle saison diffusée sur ABC. Ce revival ramène les téléspectateurs à l’hôpital Sacred Heart (Sacré Cœur), tel qu’on l’a vu à la fin de la saison 8.

En effet, la saison 9, centrée sur l’école de médecine et qui avait débuté par la démolition de l’hôpital d’origine, est ici effacée de la continuité, la nouvelle saison reprenant comme si le Sacré Cœur n’avait jamais été détruit.

Dans une interview avec TVLine, le créateur Bill Lawrence confirme : « C’est clairement écrit comme si la huitième saison était le final de ‘Scrubs’, comme cela était plus ou moins prévu. »

« La saison 9 est un peu comme un « et si », ou comme un univers Elsewhere », ajoute Donald Faison (Turk), en référence à la collection d’univers alternatifs de DC Comics.

Retour au Sacré Cœur

Mais cela ne signifie pas pour autant que tout est exactement comme avant. Dans le premier épisode, les fans découvrent que J.D. (Zach Braff) travaille désormais comme médecin à domicile, une situation qui lui permet de passer plus de temps avec ses enfants. On dit bien ses enfants au pluriel, ce qui laisse supposer qu’en plus de Sam (qu’il a eu avec Kim, interprétée par Elizabeth Banks), il a maintenant au moins un enfant avec Elliot.

J.D. se retrouve de nouveau à l’hôpital Sacré Coeur lorsqu’une de ses patientes y est admise. Ce retour se transforme rapidement en une habitude. Dans ces couloirs familiers, il retrouve Turk et Carla (Judy Reyes), toujours aussi amoureux 25 ans plus tard et parents de quatre filles. Et bien sûr, il croise son mentor de longue date, le Dr Cox (John C. McGinley), qui quitte ses fonctions à la fin du premier épisode et laisse sa place de chef du service de médecine à J.D.

Mais le choc de l’épisode est l’état de sa relation avec Elliot (Sarah Chalke). Cette dernière travaille toujours au Sacré Cœur, mais on découvre très vite que le couple phare de la série originale n’est plus ensemble. En effet, la série ne perd pas de temps pour annoncer que J.D. et Elliot ont divorcé.

Prolongement naturel

Pour Bill Lawrence, cette décision semblait être le prolongement naturel de l’histoire des personnages, et non le fantasme imaginé par J.D. dans le final de la saison 8. « On peut espérer que tous ses rêves se réalisent, ne serait-ce que pour une fois », dit-il. Hélas, « rien n’est jamais parfait. C’est toujours plus compliqué que ça. »

Si la série a toujours été un peu un fantasme, elle reste encrée dans une certaine réalité et quand on regarde l’évolution du couple durant la série originale, leur séparation est triste mais pas surprenante : « Je ne dirais pas qu’après avoir regardé les 9 000 premiers épisodes de « Scrubs », vous vous diriez : « Voilà un couple vraiment solide comme un roc, » confie Lawrence à propos du parcours de cette relation tumultueuse.

Zach Braff, quant à lui, voit cette séparation comme le reflet de l’âge et de l’expérience. « À 50 ans, certains mariages fonctionnent, comme celui de Carla et Turk, et d’autres non », explique-t-il. « Ce que J.D. voit à la fin de la saison 8, sur cette projection, c’est ce qu’il espère… pas forcément ce que sera sa vie.»

Pour Sarah Chalke, le divorce a ouvert de nouvelles perspectives à l’histoire au lieu de la clore. « J’ai trouvé que c’était une excellente façon d’aborder le sujet », dit-elle. « On peut ainsi se demander comment ils vont gérer la coparentalité, puis retravailler ensemble. Et quand vont-ils recommencer à fréquenter d’autres personnes ? Et qu’est-ce que ça leur fait ? »

Au lieu de simplement les faire revenir heureux ensemble, ajoute-t-elle, les scénaristes ont créé « tellement plus d’opportunités pour la comédie et le drame ».

Des amitiés affectées

Un autre point intéressant dans ce début de saison est l’impact de ce divorce sur d’autres relations. En effet, Le divorce n’affecte pas seulement J.D. et Elliot. Il a des répercussions sur tout le groupe d’amis.

L’épisode 2 aborde ce changement lors d’une conversation touchante entre Turk et Elliot, où cette dernière confie regretter leur complicité depuis la séparation. Pour Donald Faison, ce moment était essentiel.

« Ce serait dommage que les téléspectateurs voient Turk se dévouer corps et âme à J.D. sans se soucier d’Elliot », explique-t-il, soulignant qu’après la rupture, « une division persistait », avec Elliot et Carla d’un côté, et Turk et J.D. de l’autre.

« Elliot, faisant preuve de courage, a su combler le fossé », poursuit-il. « Turk avait besoin de l’entendre. »

Sarah Chalke, quant à elle, souligne que la scène est empreinte d’une nostalgie supplémentaire : « La toute première scène que Donald et moi avons tournée [dans le pilote original] se déroulait juste là, devant le flipper », que l’on aperçoit derrière eux dans la salle de repos des médecins, un clin d’œil subtil au point de départ de leur relation, lors de leur premier jour à l’hôpital.

Encrée dans la réalité

Toujours entre fantasme et réalisme, Scrubs continue de toucher à des sujets importants. On découvre rapidement que Turk est en plein burn-out. Il est aux prises avec la dépression et se demande s’il reste encore de la joie à trouver au Sacré Cœur. Pour Lawrence, ce changement prend racine dans quelque chose de personnel, qu’il a vu de ses propres yeux.

« L’histoire de Scrubs s’inspire de mon meilleur ami de fac, John Doris », explique-t-il. « Il est toujours cardiologue et chirurgien cardiaque, et ça va nous vieillir tous les deux, vu qu’on a fait nos études ensemble. Mais il approche à grands pas de la retraite. Non pas qu’il prenne sa retraite du travail, parce que tous ceux qui prennent leur retraite ont l’impression de vieillir de vingt ans en six semaines, mais il est tout simplement épuisé par ce métier. »

Voir son ami se débattre avec « la bureaucratie médicale… l’impossibilité d’aider les gens… faire partie d’un secteur où, même si on y entre par altruisme, presque tout le monde n’a que du mal à dire, ce qui est compréhensible », a influencé l’orientation de cette nouvelle saison. « On a été plus surpris de découvrir que celui qui semblait intouchable était en réalité celui qui avait presque atteint le bout du rouleau », explique Lawrence.

Et tandis qu’un personnage finit par « quitter ce milieu », il ajoute que pour Turk, « ce qui lui manquait, c’était la communauté et l’amitié qui lui permettaient de tenir le coup ».

« Sans vouloir être trop sentimental », poursuit Lawrence, « c’est littéralement le thème de la chanson du générique… l’impossibilité de s’en sortir seul ». Et avec J.D. qui reprend le poste du Dr Cox, Turk retrouve son meilleur ami à ses côtés.

Retraite bien méritée pour le Dr. Cox

Alors que l’évolution du personnage de Turk explore le burn-out, celle du Dr Cox va encore plus loin : à la fin du premier épisode, il démissionne de son poste de chef du service de médecine et désigne J.D. pour lui succéder.

Pour John C. McGinley, cette décision était ancrée dans une dure réalité : « Je trouve très intéressant que Bill Lawrence explore la fatigue, l’épuisement et le burn-out, des problèmes très répandus chez les personnes de ma génération », explique-t-il. « J’ai 66 ans et je vois des gens complètement épuisés.»

Pour un personnage dont l’identité est depuis longtemps liée à cet hôpital, choisir de partir a nécessité, selon McGinley, « un sacré courage ». Le moment le plus poignant survient juste avant le départ définitif de Cox, lorsqu’il confie à J.D. qu’il est la personne idéale pour prendre la relève.

Le départ à la retraite de Cox ne signifie pas la fin pour McGinley dans la série. Il apparaîtra dans deux épisodes supplémentaires plus tard cette saison, dont un aux côtés de sa partenaire tout aussi acerbe, Jordan (Christa Miller). Interrogé sur la possibilité que ces apparitions explorent l’adaptation de Cox à la vie hors de l’hôpital, McGinley se contente de déclarer que Cox a « des problèmes bien plus importants » à l’horizon.

Maturité et évolution

Les deux premiers épisodes de cette nouvelle saison de Scrubs montre la maturité acquise par les personnages, mais la série n’oublie pas leur l’essence. Cette évolution ne signifie pas pour autant qu’on le dépouille de ce qui faisait de J.D.… J.D., mais il est désormais un véritable mentor pour la jeune génération de médecins qui arrive derrière.

« Nous devons aux fans qui se sont attachés à ces personnages de se dire : “Ah, il a bien grandi” », explique Lawrence. « Il a atteint une maturité qui lui permet d’être pour les autres ce que les personnages plus âgés de “Scrubs” représentaient pour lui autrefois. »

Il reste lui-même : « Ses deux atouts majeurs sont son monologue intérieur et son monde imaginaire », explique Lawrence. « On pourra peut-être les peaufiner, mais ils ne disparaîtront jamais complètement. »

J.D. ne traversera pas cette transition seul. Braff partage l’écran dans chaque épisode avec ses partenaires de longue date, Donald Faison et Sarah Chalke, tandis que Judy Reyes reprend son rôle de Carla pour trois épisodes supplémentaires et John C. McGinley pour deux autres. Et oui, Neil Flynn reprendra le rôle du Concierge dans un épisode de cette première saison. Il y a également des nouveaux, notamment Joel Kim Booster dans le rôle du Dr Park, qui va clairement donner du fil à retorde à J.D. en sa nouvelle qualité de chef.

La nouvelle saison de Scrubs est actuellement diffusée sur ABC aux Etats-Unis chaque mercredi. Pour le public français, il faudra patienter un peu puisque la série sera disponible sur Disney+ à partir du 15 avril. En attendant, vous pouvez voir ou revoir les 8 premières saisons sur la plateforme pour vous rafraîchir la mémoire. (Et oubliez la 9, elle n’a jamais existé…)

Source : TVLine / Crédit ©ABC

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