Mon Comeback saison 3 : Le retour de Valerie Cherish à l’ère de l’IA

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La série Mon Comeback de Lisa Kudrow, revient pour une troisième et dernière saison, 21 ans après la première saison et 12 ans après la saison 2.

Valerie Cherish (Lisa Kudrow) est de retour pour une troisième (et dernière ?) saison. Pionnière des séries dans les coulisses d’Hollywood, lancée en 2005, Mon Comeback était une série bien en avance sur son temps, des années avant The Studio ou encore Hacks.

Avec Valerie Cherish, une actrice éternellement optimiste, désespérée et totalement égocentrique, Lisa Kudrow et le producteur exécutif Michael Patrick King (Sex and the City) ont décroché le statut d’œuvre culte depuis la première saison, en 2005, dépeignant les hauts et les bas de la vie d’acteur à Los Angeles, notamment une collaboration avec un scénariste toxique.

Dans la saison 1, on suivait Valerie qui se lançait corps et âme dans l’univers alors en plein essor de la télé-réalité, tournant une émission « méta » consacrée à sa tentative de retrouver la gloire des sitcoms.

La première saison a su saisir le sentiment apocalyptique qui régnait à Hollywood au début des années 2000, cette impression que la télé-réalité, moins coûteuse à produire qu’une série traditionnelle, serait la fin pour la télévision telle qu’on la connaissait.

Retour d’une série qui a inspiré un genre

L’humour de la série, fondé sur le malaise, a lui aussi fait école. Il était douloureux de contempler Valerie se faire constamment humilier et c’est peut-être précisément en raison de ce ton acide qu’HBO n’a pas reconduit la série pour une seconde saison à l’époque. Mais une fois le temps passé, la série Mon Comeback est devenue culte, lui permettant un retour presque 10 ans après.

La saison 2 surfait alors sur le côté télévision prestige et méta avec une Valerie qui jouait une version d’elle-même. Sur fond d’essor des séries télévisées d’auteur centrées sur des anti-héros, Valerie a accepté de jouer dans une dramédie autoflagellatrice, écrite par son vieil ennemi et showrunner de « Room and Bored », Paulie G. (Lance Barber).

Depuis la dernière diffusion de la série en 2014, Hollywood s’est retrouvé au cœur de plusieurs autres comédies mordantes, telles que « Hacks » et « The Studio » (cette dernière étant l’œuvre de Seth Rogen, invité vedette de la saison 2 de « Mon Comeback »), toutes deux très prisées lors de la saison des récompenses. La série a aussi précédemment inspirée Episodes, autre série critique d’Hollywood avec l’ex co-star de Kudrow, Matt Le Blanc.

Valerie et l’IA

Aujourd’hui, vingt et un ans après la première diffusion de « Mon Comeback », il y a de la place pour toutes ces séries, et ce, même si le succès fulgurant de la critique acerbe d’Hollywood signée Rogen a incité Kudrow et son équipe à apporter quelques ajustements en coulisses à la saison finale de leur propre série.

Car si Mon Comeback critique beaucoup Hollywood et ses travers, c’est surtout une série sur l’égo des acteurs et jusqu’où ils sont capables d’aller pour avancer leur propre carrière. Quelle limite Valerie est-elle prête à dépasser pour débloquer sa situation de star has-been de la télévision et revenir sous les projecteurs ? Est-elle prête à utiliser un outil qui pourrait sonner la fin pour les scénaristes ?

Bien des choses se sont passées dans le monde depuis la dernière apparition de Valerie. La pandémie COVID (qui a malheureusement emporté Mickey – son interprète Robert Michael Morris est décédé en 2017) ainsi que les deux grèves syndicales qui ont paralysé Hollywood ces dernières années sont abordées avec humour dès le début de cette nouvelle saison, laquelle traite en grande partie de l’avènement de l’intelligence artificielle, alors que Valerie accepte de tenir le rôle principal d’une nouvelle sitcom écrite par une IA.

Vivre avec son temps ?

Au début de la saison 3, on retrouve Valerie en 2023, à nouveau suivie par la documentariste Jane (Laura Silverman) alors qu’elle répète pour une brève et désastreuse participation à la comédie musicale « Chicago » qu’elle finit par abandonner pour des raisons qu’elle tente de justifier par de nobles intentions, mais surtout parce qu’elle n’a pas assez répété.

Le premier épisode fait ensuite un saut dans le temps, trois ans plus tard, alors que Valerie tente désespérément de rester dans la course avec un podcast, une présence sur les réseaux sociaux et une série sur une plateforme que personne ne regarde. C’est alors qu’arrive une offre que Valerie devrait refuser : on lui propose le rôle principal d’une sitcom générée par IA, intitulée How’s That?!, dans laquelle elle incarnerait la propriétaire d’une chambre d’hôtes.

L’une des grandes réussites de l’interprétation de Valerie par Kudrow, une performance télévisuelle d’anthologie, réside dans sa semi-opacité : on parvient toujours à voir, en transparence sous sa peau, ce qui bouillonne en elle. Son grand sourire sa perruque ne cachent pas grand-chose. Lisa Kudrow ne perd pas le rythme et retourne sans aucun souci dans la peau de Valerie qui a vieilli mais qui tente de vivre avec temps.

Mon Comeback a toujours réussi à avoir un discours et un regard assez juste et acerbe sur le monde d’Hollywood. La saison 3 s’adapte à son temps et traite de la véritable menace qu’est l’IA et le combat que les scénaristes et les acteurs mènent contre cette technologie qui pourrait bien mettre un grand nombre au chômage. C’est un véritable sujet que la série arrive à traiter tout en restant aussi drôle et cynique qu’elle était il y a 20 ans.

Mon Comeback, c’est chaque lundi sur HBO Max.

Crédit ©HBO

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