The X Files saison 11 : Un Revival qui ferait mieux de s’arrêter ! (bilan)

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2.5

La onzième et inespérée saison de X Files s’est terminée cette semaine aux USA, dans un final mythologique à l’image du retour de la série : souvent brouillon et expéditif. Le Cerveau vous propose son bilan de The X Files, saison 11 .

Il y a deux mois, l’une des séries les plus cultes revenait d’entre les morts : The X Files. Une saison 11 pour la série SF la plus culte des années 90, qui tente de renouer avec son passé mais qui au final est plus qu’en demi-teinte, voire décevante, puisqu’elle ne réussit pas l’exploit de captiver ceux qui étaient au rendez-vous en 2016. Une audience qui a déserté pour cette saison 11, vu ses chiffres peu glorieux, loin de ceux enregistrés pour sa saison 10.

A l’aube de la diffusion sur M6 en avril, on peut dire avec certitude que Mulder et Scully, ainsi que le paranormal, ne fascinent plus le spectateur. Mais à qui la faute ? Réponse dans ce bilan critique.

Tentative échouée

Si le lancement de cette 11ème saison, deux ans après le retour de X Files sur les écrans 20 ans après, avait laissé le Cerveau perplexe, voire déçu par le retour de Mulder et Scully, la suite, jusqu’à l’épisode 5 n’est pas meilleure. Le reste de la saison est à l’image des dernières saisons de la série : peu convaincante dans son ensemble, parfois même pénible.

Quelques épisodes sortent du lot cependant, en renouant avec ce qui faisait de X-Files une exception à son époque, notamment grâce à ses légendaires « monstres de la semaine ». D’autres sont bâclés ou faciles, surtout ceux inspirés par la mythologie qui clairement, depuis la saison 7 s’égare. La tentative de moderniser la série mais sans réelle mise à jour a inexorablement échouée, tel est la conclusion à laquelle le Cerveau arrive en fin de visionnage de cette saison 11 de X-Files.

Anthologie un peu mieux maîtrisée

Pour commencer, attaquons-nous aux épisodes en dehors de la mythologie de la série, qui nécessite doliprane et autres pilules d’antalgique tellement la migraine est forte. Une migraine causée par la volonté de Chris Carter de faire dans le complexe, alors qu’il pourrait faire bien plus simple.

La saison, de 10 épisodes cette année, propose 8 épisodes d’anthologie, à savoir des enquêtes en dehors du fil rouge traditionnel de la série. 8 ou presque, puisque l’épisode 5 de la saison, intitulé Goulhi, traitera en partie de la mythologie sans vraiment le faire, en revenant sur William, le fils de Scully, ses pouvoirs, et son rapport avec ses géniteurs, sur fond de paralysie du sommeil.

Plume rouillée

Après cette saison, on peut dire que les scénaristes de The X Files sont rouillés. Très rouillés. Il faudra au moins facilement 5 épisodes pour que les choses deviennent intéressantes et que X-Files propose – enfin – des enquêtes paranormales presque dignes de la grande époque.

Sans vraiment chercher à s’inscrire dans notre époque ou actualité avant son 8ème épisode, la série prouve une fois de plus avec cette saison 11 qu’elle est dépassé, non seulement par son style, la vieillesse de ses personnages, ou ses intrigues qui ont du mal à se connecter à la réalité actuelle. Surtout son concept, qui ne correspond plus à notre époque, ne fascine plus, et peine à rivaliser avec la qualité d’autres séries originales et conceptuelles d’aujourd’hui.

Même si elle essaie de proposer quelques réflexions sur notre société, comme avec l’épisode 4, autour du Mandela Effect et des Fake News, The Lost Art of Forehead Sweat, entre manipulation gouvernementale et société inerte capable de tout croire, l’exécution n’est pas à la hauteur des intentions des divers scénaristes de la série.

Mulder et Scully loin de la légende

C’est bien dommage, car Mulder et Scully en 2018 auraient beaucoup à faire, en s’inspirant de la technologie, ou tout autre problèmes de notre société. Les deux agents du FBI pourraient être les portes paroles de problèmes de société,ou les émissaires d’une vérité bien plus réaliste que paranormale, face à une actualité plus effrayante parfois que des petits hommes verts. Ce n’est malheureusement pas le cas.

Toute la saison est à l’image des personnages sur lesquels on se focalise beaucoup : parfois fatiguée, souvent paresseuse, même si sa seconde moitié est un peu plus divertissante et engageante pour le spectateur. Le Cerveau va être honnête : seul un épisode en particulier arrive à allier mystère et critique de notre société, pour un véritable moment de science-fiction estampillé X-Files : Rm9sbG93ZXJz.

X-Files : édition Black Mirror

Avec des faux airs de Black Mirror, une réalisation sobre et quasi muette, le septième épisode de la série propose enfin ce qu’on attendait depuis le retour The X Files 20 ans après : une réflexion sur notre époque, sur ce qui nous entoure dans la vie quotidienne, pour une peur bien plus réaliste et tangible que ce qui vient de l’espace.

Un épisode de science-fiction pur qui s’inspire du e-commerce, de l’invasion des smartphones et autres applications robotisées, pour réfléchir sur le rôle de l’humanité dans la création d’une intelligence artificielle.

S’inspirant de faits réels, et dénonçant les dérives de l’insertion de la technologie dans notre vie quotidienne, en défaveur de relations et d’interaction humaine, Rm9sbG93ZXJz est un bijou épisodique qui permet, le temps de 45 minutes, d’oublier le désastre du retour de Mulder et Scully. Un épisode quasi 5 étoiles qui propose une véritable réflexion et immersion dans l’intrigue, comme à l’époque. Preuve que l’on peut faire du X-Files, quand on ne cherche pas à renouer avec la gloire d’antan.

Presque dans la tradition

Les deux épisodes suivants renouent assez bien, mais sans être époustouflant, avec la tradition The X Files : des enquêtes entre sorcelleries et sectes gores, qui fonctionnent et proposent des intrigues dignes de l’Age d’or de la série. Dommage qu’il ait fallu attendre la fin de la saison pour que cela arrive, même si aucun de ces épisodes n’est à la hauteur de celui mentionné plus haut, puisqu’ils ressemblent étrangement à certaines intrigues déjà vues dans la série.

Une saison avec des épisodes « loners » inégaux qui a la volonté de rester dans sa tradition, sans réellement chercher à se réinventer dans l’ensemble, comme en saison 10. Pour se conclure dans un épisode final à l’image du « n’importe quoi » narratif du début avec My struggle III. Un final intitulé My Struggle IV (inspiration, quand tu n’es plus là, même dans les titres…) plus que décevant, quatrième partie de la mythologie relancée depuis 2016.

La paresse n’est pas ailleurs

Dans cet épisode, Mulder se concentre sur la recherche de son fils alors que Scully tente d’avertir le monde du danger de l’homme à la cigarette qui souhaite annihiler l’humanité à coup de super-virus. Les deux agents vont une nouvelle fois réussir à « sauver » le monde (tout est relatif), tout en tournant la page de leur « fils » dans un quasi happy-end plus capillotracté que jamais, bien plus que l’idée de Scully et ses visions, ou la résurrection de l’homme à la cigarette.

Un final qui n’a ni saveur, ni profondeur, succession de fausses traques et de courses poursuites dans des hangars et autres usines désaffectées, de phénomènes gores bizarres, de Mulder qui se prend pour un tueur un gage à la Jack Bauer, tout en jouant des décors pour essayer de recréer l’ambiance si caractéristique des grands épisodes fil-rouge mythologique de X-Files. Malheureusement ça ne suffit pour pour que ça marche.

Et ça ne marche pas. Ce final propose une conclusion très loin de la subtilité et intelligence que The X Files pouvait offrir en surfant sur les peurs issues de l’inconscient collectif ou socio-économiques, la paranoïa complotiste ou la manipulation gouvernementale, s’inspirant de faits historiques ou divers, histoire de faire frissonner son spectateur avec réalisme et crédibilité.

Ici, par paresse ou manque d’inspiration – qui pourrait le dire ? – on conclue une mythologie qui, il y a deux ans, semblait un poil plausible, par des cliffhangers ridicules et du romantisme dégoulinant. Romantisme exacerbé avec une Scully – à nouveau – enceinte par miracle (à 53 ans faut oser – et ce malgré une infertilité), et un Mulder heureux d’avoir retrouvé sa chère et tendre (comme un beau happy-end de téléfilm de l’après-midi de M6).

De l’art de tout faire foirer

Avec cette saison 11, et ce final encore plus décevant que tout ce qui a été proposé depuis le retour de la série culte sur les écrans, Chris Carter prouve de manière indéniable qu’il n’est pas à la hauteur de la série qu’il a créé et des deux personnages qu’il a imaginé.

Il est clairement, sans son collaborateur de toujours, Frank Spotnitz, ainsi que les scénaristes qui ont donné à X-Files ses lettres de noblesse, comme Vince Gilligan, Darren et Glen Morgan, incapable de proposer des intrigues intelligentes ou de réinventer la série sans sombrer dans l’insensé ou l’incohérent, quand ce n’est pas le shipperisme.

Arrêtons les frais

Il prouve, de plus, qu’il ne sait plus quoi offrir pour conclure l’intégralité de X Files, ou cette saison 11 qui a été diffusée dans la quasi indifférence générale, puisqu’il sombre à nouveau dans la facilité de la MSR (Mulder & Scully Relationship), avec un twist encore plus farfelu que Scully Nostradamus.

Une MSR essorée tout le long de la saison, à coup de flirts, de regards langoureux et de dialogues et autres punchlines romantiques, sensés nous faire oublier les enjeux des diverses intrigues, et cacher le manque de créativité, ainsi qu’une écriture paresseuse.

Si Chris Carter assure que la série pourrait revenir, avec cet épisode final qui propose quelques cliffhangers alambiqués, et surtout peu engageants, malgré les déclarations de Gillian Anderson qui ne veut plus revenir dans la peau de Scully, il est clair que The X Files devrait s’arrêter sur ce final.

Prions les dieux de la télévision

Une fin pour The X Files qui est certes loin d’être à la hauteur de la série culte, loin de la claque télévisuelle qu’elle a été dans les années 90, mais qui permettrait enfin à une série culte de ne pas s’autodétruire, et rester culte.

Prions les dieux de la Télévision pour que Mulder et Scully rendent leurs badges pour de bon et roucoulent dans leur baraque à la campagne, car ça devient pénible de voir des séries cultes détruites en cédant à la mode du revival.

Crédit photos : ©FOX

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  • BarbraS

    J’adore la saison 11 qui est aussi bonnes que les saisons 2,3,4,5 ! La série peut continuer sans Scully ou alors il faut la remplacer ! Moi je dis encore car je suis fan depuis les débuts en 1993.