Pourquoi Twin Peaks est-elle une série culte ?

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C’est peut-être pour cet engouement ponctuel à son époque qu’elle restera un monument dans l’inconscient collectif, et deviendra une série culte.

L’Avant et l’Après Twin Peaks

Laura palmer morteMais peut-être aussi parce que cette série sera par la suite prise comme référence dans et pour beaucoup d‘autres. L’une qui assumait pleinement ces influences est X-Files, héritière assumée et directe du style et du mystère Twin Peaks, tant pour son atmosphère oppressante, sa musique si particulière électronique, que son aspect paranormal, et son genre policier hors normes. Certains osent dire que Lost, et bien d’autres séries à l’intrigue décalée, originale et mystérieuse, n’auraient jamais vu le jour, si Twin Peaks n’avait pas été diffusée auparavant.

Elle est ainsi toujours dans l’inconscient collectif, que ce soit des critiques, scénaristes ou simples spectateurs, comme un influenceur fantôme qui a donné naissance à des œuvres à sa hauteur. On la voit par exemple récemment référencée ouvertement dans le générique de la séries des Wachovski : Sense8

Twin Peaks devient une série qui marque un avant et un après. Notamment en France, où la série télévisée n’était pas aussi démocratisée qu’on ne le pense. Au-delà des soaps et dramas renommés des années 80, comme Dynastie ou Dallas, la série n’avait pas grande place sur le PAF, avant Twin Peaks, qui ouvrira le premier âge d’or des séries, avant certains « samedis fantastiques » ou « trilogie du samedi. »

Une réalisation digne du grand écran

Ce qui a fait la renommée et le « culte » Twin Peaks est bien évidemment sa réalisation léchée qui tranche avec le style classique télévisuel. Alors que la plupart des productions télévisuelless jouissent d’une réalisation codifiée pour le petit-écran, loin d’une « marque de fabrique » que l’on peut rattacher à un nom rien qu’à l’image, Twin Peaks transcende les us de la télé en proposant une esthétique personnelle et assez proche du cinéma d’auteur.

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Une image qui détone avec la simplicité des codes visuels de la télévision qui va fédérer les spectateurs, découvrant autre chose sur leurs écrans. Elle va surtout attirer ceux qui boudent la télévision. En effet, les cinéphiles, qui voient dans le petit-écran une sorte de sous-culture loin d’être à la hauteur du cinéma, vont s’intéresser à Twin Peaks pour celui qui s’est fait connaître pour ses œuvres artistiques sur le grand-écran et son univers visuel si graphique. Twin Peaks devient alors une série précurseur à son époque, en proposant une esthétique cinématographique sur un petit-écran. Une œuvre qui propose une certaine alliance des codes de la technique demandée par le médium télévisuel et ceux du cinéma, grâce à son univers visuel.

twin-peaksPourtant,Twin Peaks n’est pas la première série télévisée à jouer avec les codes du cinéma et y faire référence. Le Cerveau pense notamment à la série St Elsewhere, qui dans les années 80, avait déjà institué et inclus des codes du 7ème art dans la fabrique visuelle de ses épisodes. Là où Twin Peaks réussit, c’est dans la généralisation et la simplicité dans ses références visuelles, qui se font essentiellement sur celle du maître du suspense et du mystère au cinéma : Alfred Hitchcock. Hitchcock, qui, rappelons-le, avait lui aussi proposé des programmes télé avec sa série d’Anthologie : Alfred Hitchcock présente.

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