The Deuce saison 1 : Bien plus que du sexe (critique)

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5.0

Retour sur la très bonne première saison de la série de HBO The Deuce qui explore la prostitution et la pornographie dans le New York des années 70. Critique.

Dès son premier épisode, The Deuce a prouvé que la série n’était qu’une série à propos de sexe. C’est une série qui plonge dans un univers glauque mais fascinant. Un univers capitaliste qui utilise les gens et les broie. Cet univers, c’est celui de la prostitution et de la pornographie au début des années 70 mais The Deuce n’est pas fait pour titiller les gens, c’est fait pour examiner un monde sexy en apparence mais difficile, laborieux et très cruel en réalité. C’est un travail qui rapporte de l’argent, pas un plaisir et la saison de The Deuce l’a bien montré mais il est aussi important de souligner qu’à aucun moment, la série ne porte un jugement sur les gens.

the-deuce-saison-1-bien-plus-que-du-sexe-critique-1La série a terminé sa première saison cette semaine sur HBO et OCS. Composée de 8 épisodes, l’histoire de la série fut extrêmement bien amenée et aura captivée le Cerveau. A la fin de la saison, certains ont évolués, d’autres ont stagné et la série met les deux pieds dans le business. Un business cruel qui dévore (ou tue) les plus faibles et fait monter les plus coriaces au top. Il aurait été très facile pour The Deuce d’être vulgaire et racoleur mais ce n’est pas le cas. Oui il y a du sexe mais c’est réaliste et c’est surtout dans un contexte qui porte l’histoire. C’est important pour l’histoire de ces femmes qui risquent leur vie chaque jour et ce n’est pas gratuit.

Du trottoir aux studios de cinéma porno

Très rapidement, Eileen devient vraiment la star de la série. Maggie Gyllenhaal est excellente dans le rôle de cette femme prostituée qui cherche à se reconvertir dans la pornographie mais pas seulement en tant qu’actrice. Elle a l’ambition de réaliser elle-même ses films et grâce à l’aide du pornographe Harvey Wasserman, elle commence petit à petit à diriger les modèles et pose sa marque de fabrique. Elle arrive à les mettre en confiance et les traite comme des êtres humains, pas des morceaux de viande. Eileen a un oeil particulier et elle a du talent. Il est vraiment intéressant de voir cette industrie à travers ses yeux, les yeux d’une femme parce que ce genre de film est généralement fait par des hommes, pour des hommes. Le regard d’une femme est toujours différent et apporte autre chose dans ce cas.

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The Deuce va ainsi plus loin et ne limite pas sa vision au sexe. A travers un sujet qui pourrait paraître grivois, il y a aussi un constat de la société. Le traitement des femmes et des homosexuels est aussi exploré de manière intelligente dans la série. Les femmes étaient souvent insignifiantes, des “putes” que personne ne respectait et la série les a vraiment humanisées et porte un autre regard sur elles. Quant aux homosexuels, ils ont aussi participé à cette révolution et la série le montre. Mais elle montre aussi qu’ils étaient mal traités et mis dans des instituts psychiatriques. Et à ce sujet, l’histoire du frère d’Eileen est à briser le coeur.

Une réalisation impeccable

the-deuce-saison-1-bien-plus-que-du-sexe-critique-3La réalisation des 8 épisodes fut aussi impeccable avec un visuel année 70 réaliste. David Simon s’est entouré de réalisateurs compétent qui ont un oeil parfait pour la série. Parmi eux, Michelle McLaren qui était derrière la caméra pour le premier et le dernier épisode. Il est très important d’avoir des femmes à la réalisation pour ce genre de séries parce qu’on évite un maximum le “male gaze” ce point de vu trop masculin qui parfois voit les femmes plus comme des objets. Bien évidemment, on ne fera pas de généralisation mais il est vrai que les femmes réalisent les scènes de sexe différemment des hommes. McLaren a vraiment donné le ton et les réalisateurs et réalisatrices qui ont suivi, comme James Franco qui a fait deux épisodes, ont vraiment continué dans le même sillon.

L’histoire de The Deuce est surtout racontée à travers des personnages forts et déterminés. Ils ne sont pas juste là pour montrer comment c’était avant, ils ne sont pas juste le véhicule d’un passé, ils sont aussi des personnes à part entière. David Simon et George Pelecanos offrent toute une palette de personnages divers et intéressants. Il est très difficile de tout gérer quand il y a autant de personnages mais Simon a toujours eu des grands ensembles d’acteurs et arrive toujours à équilibrer les choses. Il a aussi ses acteurs fétiches et les fans de son travail reconnaîtront des visages de talents vus dans The Wire ou Treme.

Une série à voir

Avec leur série, David Simon et George Pelecanos, plongent vraiment le téléspectateur au tout début d’une époque qui a révolutionné l’Amérique puritaine. Le sexe est partout et le sexe fait vendre. Tout a commencé par ce quartier, The Deuce, la 42ème rue de New York. En mettant leur microscope dans ce lieu, en plein Manhattan, ils étudient ce qui a créé un mouvement national et a révolutionné l’Amérique et décoincer quelques moeurs. New York est une ville vibrante, une ville qui vit presque dans sa bulle, dans son melting-pot. Mais New York va finir par être trop petite pour les personnages. Il sera intéressant de voir comment l’histoire évoluera dans la saison 2 et surtout si les choses s’étendront, notamment à Los Angeles.

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Interdite aux moins de 16 ans, The Deuce est disponible sur OCS Go ainsi qu’à la vente via téléchargement digital depuis ce 31 octobre. Vous trouverez la série notamment sur iTunes, Google Play, Orange, Canal Plus, Sony Playstation et Xbox.

Crédit ©HBO

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