Mary : Marc Webb – La Rencontre avec passion pour son film !

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Le Cerveau a rencontré le réalisateur Marc Webb à l’occasion de son passage à Paris pour la sortie de son film Mary.  La Brainterview.

Cette semaine, sort en salles Mary, un joli film réalisé par Marc Webb, qui après The Amazing Spider-Man, revient ici à un film plus intimiste, dans l’esprit de son premier film, 500 Jours Ensemble, même s’il est différent.

Le film Mary suit Frank (Chris Evans), un homme qui se bat pour obtenir la garde de sa nièce Mary (McKenna Grace), une petite fille hors du commun qui a un don pour les mathématiques.

Ce mois-ci, le Cerveau a pu rencontrer le réalisateur, de passage à Paris, qui parle avec passion de son film mais aussi de Chris Evans qui offre une performance loin de Captaine America et de la jeune McKenna Grace, petit prodige. Et s’il adore les films indépendants et simples, il confie au Cerveau qu’il n’est pas contre réaliser à nouveau un film de super-héros.

 Vous avez parlé de votre envie revenir à vos racines, à ce que vous aimez dans le cinéma. Quel a été le déclic avec Mary ?

mary-la-brainterview-de-marc-webb-qui-parle-avec-passion-de-son-film-coucher-de-soleilC’est marrant, je pense que c’était surtout l’envie retourner vers un film plus petit, comparé à Spider-Man qui était un gros film. Mary est un genre de film très différent. Même vis à vis de 500 Jours Ensemble. Ce film-là était plus un fourre-tout, c’était amusant, il y avait tellement de choses différentes, différentes techniques, c’était un vrai pot-pourri, un mélange des genres. Mary est un film vraiment très simple, il est petit, il n’y a pas de tour de passe-passe. Nous n’avons pas construit de plateau, il n’y a pas d’effets visuels [sauf pour le chat], c’était juste un film très simple. Et c’est vraiment dû à l’effet Spider-Man, je voulais vraiment quelque chose de simple. Mais je voulais aussi faire un film qui toucherait des gens différents. Je ne voulais pas être prétentieux, je souhaitais quelque chose de simple et m’amuser à le faire. Je voulais aussi réchauffer les coeurs des gens.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette histoire écrite par Tom Flynn et convaincu de réaliser le film ?

C’est la relation entre Frank et Mary. Elle est tellement intéressante. Ils sont presque comme un vieux couple marié. Leurs interactions, l’espièglerie de Mary, c’est marrant. Le challenge de trouver la performance avec une gamine pareille, c’est quelque chose que je n’avais pas fait avant. Travailler avec un enfant me faisait très peur et c’était un bon signe. Et puis j’ai toujours eu un attachement aux mathématiques. Mon père et mon grand-père étaient mathématiciens et je me sentais un peu comme le mouton noir [de la famille]. Celui qui faisait du cinéma et pas des maths. C’était un moyen sympa de rendre hommage à ça.

Mary a été filmé de manière traditionnelle, sur pellicule et non en numérique. Pourquoi avoir fait ce choix plutôt que digital ? C’est très rare de nos jours.

Nous devions faire le film rapidement parfois, même si le numérique est génial. Et quand on travaille avec un enfant il est conseillé de laisser la caméra tourner pour que ce soit le plus naturel possible. J’ai le sentiment que la pellicule réagit mieux aux choses naturelles, c’est bien plus joli. Il y avait un grand coucher de soleil dans le film et la structure du grain m’attirait vraiment. D’ailleurs, je filme la majorité de mes films sur pellicule. J’ai du mal à l’abandonner.

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Pourquoi avez-vous choisi Chris Evans pour jouer cet oncle, cette figure paternelle ? Il joue généralement des rôles loin de ça, on ne l’attend pas forcément dans ce type de personnage. Il est Captain America après tout…

Le rôle requiert une certaine masculinité qui est très américaine et justement, avec le bagage qu’apporte Chris avec Captain America, il est parfait. Ce qu’on ne voit pas avec Chris, c’est qu’il est très sensible, attentionné et émotif. A la fin du film, vous voyez ce que vous ne voyez pas dans Captain America. Il possède une palette de sensibilités différentes. Il est nuancé dans Captain America mais le voir vulnérable de la sorte, c’était vraiment bien. C’est inattendu pour quelqu’un comme Chris.

C’est très intéressant de le voir dans une performance plus calme.

Oui c’est une performance plus calme. Chris était prêt à prendre à bras le corps la simplicité du rôle, il n’avait pas besoin d’un cache-oeil ou de boiter ou de devoir zozoter, il n’y avait pas fioritures. C’était juste un gars charmant, drôle et au grand coeur. Pour tout dire, c’est un rôle dangereux à jouer mais je pense qu’il est vraiment génial dedans.

Pouvez-vous nous parler du travail effectué avec la jeune McKenna Grace qui incarne Mary ? C’est vraiment une jeune fille très douée, était-ce difficile de lui faire apprendre toutes les équations qu’elle devait résoudre ?

mary-la-brainterview-de-marc-webb-qui-parle-avec-passion-de-son-film-mckenna-graceElle a mémorisé tous ces nombres. Je les ai mis en chanson et elle les a répétés en les chantant. Elle répétait avec sa mère avant les prises. Elle a un cerveau génial, elle est très douée elle-même et elle possède un talent naturel. Non seulement elle a la capacité mais aussi une vraie profondeur émotionnelle ! En général,  elle sait, par exemple, pleurer de manière authentique – mais elle peut aussi être très drôle et improviser. Cette gaité est vraiment très importante et elle ne s’est pas perdue. Le but ultime du film était de trouver cette performance. Tout le film repose dessus et le truc le plus compliqué c’est de trouver l’enfant qui peut à la fois rire et pleurer et exprimer aussi les émotions entre les deux, de manière authentique et pas trop mièvre. C’était compliqué. Mais elle pouvait le faire à merveille. Je voulais que l’univers du film soit le plus naturel possible.

Mary est un film familial dramatique à propos d’héritage et sur l’influence d’un être sur la vie de quelqu’un, sur l’éducation. Pensez-vous que le monde a besoin de plus de films de ce genre, ceux qu’on appelle des feel-good movies ?

Je ne sais pas si on a besoin de films dans ce genre mais je pense que le film est accessible, drôle et chaleureux et beaucoup de gens peuvent l’apprécier. Et ce qui est bien à propos du film, c’est qu’il soutient les familles non-traditionnelles. Parfois nos familles nous déçoivent, de manière très profonde et je pense qu’on peut faire le choix de créer sa propre famille si on a de la chance.

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Oui, c’est vrai qu’il y a la voisine Roberta qui est aussi là pour aider, jouée par la fantastique Octavia Spencer.

Oui, Roberta est la mère en fin de compte. Elle prend soin de Mary d’une certaine façon. Et ce n’est pas ce qu’on imagine mais par mon expérience, si vous avez des gens autour de vous, des sources d’amour constantes et dévouées, cela peut vraiment aider un enfant à se développer.

Avant de vous quitter, le Cerveau se doit de vous posez la question. Avez-vous vu Spider-Man Homecoming ?

Non, je ne l’ai pas vu, je n’ai pas eu une seconde à moi donc je n’ai pas eu le temps. A vrai dire je suis assez anxieux de le voir. J’ai entendu dire que Tom Holland est génial, il a l’air hilarant, j’ai hâte de le voir.

Vous referiez ce genre de films de super-héros si vous en avez à nouveau l’occasion ?

Oui, bien sûr, je pense que oui. Qui sait, je ne sais pas ce qui se passera dans un an.

Crédit ©20th Century Fox

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