Confessions d’un enragé : le chat qui tourmentait Otero – BrefD

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Le 31 aout dernier paraissait chez Glénat, dans la collection 1000 feuilles, la nouvelle Bande Dessinée sombre et fantastique de Nicolas Otero, Confessions d’un enragé ; en Bref, s’il vous plait !

CDUE_300_ALa rage. Cette maladie mortelle qui nous semble si lointaine, si disparue, et qui pourtant continue de faire fantasmer les esprits ; notamment celui de Nicolas Otero.

Après nous avoir offert l’année passée un très beau biopic sur Kurt Cobain, Le roman de Boddah, également disponible dans la collection 1000 feuilles chez Glénat, le tourmenté Nicolas Otero revient avec Confessions d’un enragé, une Bande Dessinée qui oscille entre histoire fantastique et récit initiatique de l’enfance, le tout sur un fond de diagnostic médical bien peu encourageant – sans mauvais jeux de mots, je vous prie.

Si vos vaccins sont à jour et que vous vous méfiez des chats, laissez-vous porter par les confessions d’un jeune garçon enragé.

En bref, le Pitch.

À la fin des années 1970, le jeune Liam est âgé de 4 ans. Il coule des jours heureux et paisibles avec ses parents et son grand frère à Rabat, au Maroc. Un jour, alors que les deux enfants jouent ensemble au ballon, Liam est surprit par le râle étrange d’un chat errant. Intrigué, il s’approche de l’animal qui l’attaque violemment. Tout va ensuite très vite pour le petit garçon. Les cris d’effrois, l’hôpital, les médecins, les piqûres, et ce mot que tout le monde semble avoir à la bouche : la Rage.

Ce jour là, Liam a échapper de peu à la mort : soignée rapidement, la maladie mortelle et fulgurante a pu être endiguée à temps. Cependant, Liam ne sera plus jamais le même, hanté par le fantôme du chat qui fera de lui un être à la sauvagerie animale, primaire et incontrôlable.

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En bref, c’est bien ?

Le récit de Confessions d’un enragé est bien loin du conte de fée. C’est cru, violent et sans fards. Ainsi, c’est à vif qu’on suit l’évolution d’un enfant hanté par la rage qui le ronge, luttant pour vivre le plus normalement possible malgré la malédiction qui le poursuit.

On se sent facilement happé par la manière dont Nicolas Otelo nous raconte son histoire : le narrateur étant Liam lui-même, il s’exprime avec la même spontanéité que ce dernier, ce qui permet au lecteur de se sentir proche du protagoniste, de ressentir ce qu’il ressent.

Cependant, une petite chose est à déplorer sur ce point. En effet, tout au long de l’histoire, un médecin intervient régulièrement pour s’adresse au lecteur afin de lui expliquer les syndromes de la rage et leurs conséquences sur le protagoniste. Si cela est intéressant d’un point de vue purement médical, on se sent, à chacune de ses interventions, sortir du récit. Le décalage, la manière très soudaine dont ces instants « explications scientifiques », amenés trop régulièrement et trop brutalement pour s’intégrer à la narration de manière fluide.

En bref, c’est beau ?

CDUE_300_BAvec ce titre, on retrouve le style très reconnaissable de Nicolas Otero : ces lignes noires très marquées, un graphisme clair et identifiable… Pour les aficionados de l’œuvre de l’auteur, pas de dépaysement en vue.

Les jeux de mise en scène sur les passages de possessions, lorsque le fantôme du chat enragé reprend le dessus sur Liam, sont particulièrement bien amenés et servent avec beaucoup de talent la narration. Ils apportent une cassure nécessaire, sortant le lecteur du traditionnel enchaînement de planches, un peu classiques dans la forme – bien que très soignées.

On notera par ailleurs le très beau travail apporté à la couverture, réalisée par Verane Otero, également responsable des couleurs sur ce titre. Et quelles couleurs, puisqu’elles donnent au dessin une profondeur et une ambiance prenante.

En bref, laisser vous envahir par la rage.

Malgré les interventions médicales qui nous font sortir régulièrement du récit, Confessions d’un enragé reste une Bande Dessinée très agréable à lire et remplie de bonnes idées. L’histoire de Liam est touchante et sensible, le dessin et les couleurs sont exécutées avec soin, faisant de ce titre un moment de lecture sympathique et prenant.

Crédits : Glénat éditions.

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