Stranger things saison 1 : Une saison terrifiante et attendrissante (bilan)

2

5.0

Découvrez le bilan du Cerveau pour la saison 1 de Stranger Things, composée de 8 épisodes et créée par les frères Duffer.

Vendredi 15 juillet, Stranger Things s’est dévoilée sur la plateforme de Streaming de Netflix avec un pilote prometteur. Un pilote qui donnait le ton pour une saison riche en rebondissements, en frissons et moments tendres.

Avec une histoire bourrée de mystère, mêlée à l’imaginaire d’un jeu de société légendaire, aux pouvoirs de télékinésie, et certaines théories scientifiques supposées sur les dimensions parallèles, Stranger Things saison 1 propose une intrigue inédite et captivante, comme un hommage aux séries d’antan, comme Twin Peaks par exemple, en mêlant les genres, et mettant en avant une époque chérie mais oubliée.

L’hommage parfait

Stranger-things--bilan-de-la-saison-1-image-1Ce qu’on aime dans cette série, c’est l’hommage à toute une époque, et pas seulement son cinéma. Si l’on savait que Stranger Things serait une série qui rendrait hommage au cinéma culte des années 80, de Carpenter à Spielberg, l’hommage ne s’arrête pas là.

La volonté première des créateurs de la série, les frères Duffer, a clairement été de recréer une ambiance typique de cette époque. Une ambiance portée par les acteurs, notamment les enfants, mais aussi les décors extrêmement fidèles, les différentes orchestrations musicales, ou la typographie du générique (qui fait fortement penser à la série V, cela dit en passant).

Ainsi, le spectateur, et spécialement celui qui est né et a grandi dans les années 80, retrouvera des sensations oubliées, des sentiments enfantins et un univers qui lui parlera à coup sûr. Si l’hommage aux années 80 se fait, il ne se fait pas dans un but d’appel gratuit à la nostalgie, comme peuvent le faire certaines productions de remakes. Non, ici, on conte une histoire singulière et inédite, certes inspirée et référencée, mais certainement pas écrite dans le but de jouer sur une époque que beaucoup chérissent aujourd’hui, histoire de saigner la nostalgie au point de friser l’overdose. Stranger Things raconte une histoire dans une période du siècle dernier, telle est la volonté première des scénaristes de la série. Les références en easter eggs et l’ambiance « doudou » 80, sont un bonus qui apporte une plus-value à la série qui n’est pas négligeable.

Narration ficelée

Stranger Things est une réussite notamment grâce à sa narration. En effet, elle est exécutée avec technicité, finesse et équilibrée tout le long des 8 épisodes, histoire de révéler les mystères de cette intrigue au bon moment.

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Chaque personne présente a son utilité dans cette histoire de monde parallèle et de ténèbres, jusqu’au cinquième épisode, où ces derniers, qui évoluaient chacun dans leurs intrigues respectives, finissent par se rejoindre tous dans la quête de Will. Un peu à la manière d’un film chorale. Pas d’excès, pas de mise en avant d’un héros ou d’un autre, chaque personnage à son pan mérité, sans privilégier les uns ou les autres. Ce qui permet au spectateur de s’y attacher et même de se projeter.

On aurait pu redouter que les enfants soient mis en valeur beaucoup plus que les adultes. Mais ce n’est pas du tout le cas. De la mère de Will au Chef de la Police, chaque voyage narratif est calculé de manière à garder cet équilibre, et former un tout cohérent jusqu’à la scène finale de la série.

Un mystère très Stephen King

Stranger-things--bilan-de-la-saison-1-image-3Le plus de Stranger Things est, sans détour, le mystère au centre de cette histoire. Inspiré à la fois par le folklore des croyances collectives avec des mondes comme des limbes, peuplés de démons, il vient se nourrir aussi de l’imaginaire geek, notamment grâce au célèbre jeu des enfants : Donjon et Dragon.

Il est aussi soutenu par des théories scientifiques comme l’explique si bien le professeur de sciences. Il renoue aussi avec une tradition de méfiance envers le gouvernement et ses expériences secrètes, que ce dernier tente d’étouffer froidement, même s’il est à l’origine des problèmes. Machination, manipulation, secrets, méfiance, le Dr Brenner représente un antagoniste de choix dans l’intrigue de Stranger Things, antagoniste typique des séries des années 90.

Visiblement inspirée par l’imaginaire de Carpenter pour son ambiance très réaliste, malgré des évènements paranormaux, et dans la description d’une ville de province banale des USA , Stranger Things est aussi et surtout influencée par Stephen King. Avec ce mystère paranormal imaginé par les frères Duffer, le maître de l’horreur a clairement nourrit la créativité de ces derniers, grâce à des films comme Ça ou les Tommyknockers, tout en gardant un charme unique et inédit. Le monde parallèle nous rappelle beaucoup ceux de King, avec leurs monstres et autres créatures.

Haletant

L’intrigue de la série évolue crescendo, entre tensions, révélations, jeux enfantins et tournants décisifs jusqu’à l’apothéose des deux derniers épisodes, au rythme très soutenu, et parfois même, avec un peu de féerie et de douceur. Une évolution narrative qui, jumelée à la réalisation qui frise la perfection de la série, permet l’immersion du spectateur, qui sera poussé à consommer les épisodes rapidement pour ne pas quitter ce sentiment d’implication dans l’intrigue. On réfléchit, on échafaude des théories tout en binge-watchant Stranger Things.

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Oui, une fois de plus Netflix propose une série de huit épisodes, écrite sans aucun doute à la manière d’une série de network, mais qui se consomme avec une rapidité inhabituelle. Un peu comme Sense 8 l’année dernière, il est difficile pour le spectateur de s’imposer un rythme de visionnage classique, surtout quand la narration pousse à vouloir regarder la suite, notamment avec ces multiples cliffhangers en fin d’épisode.

Si une saison 2 verra certainement le jour, puisque les producteurs et acteur assurent que la série est imaginée sur plusieurs, il est clair que cette première saison de Stranger Things a mis la barre très haute, avec sa narration d’orfèvre et son casting assez époustouflant. Si la fin de la saison suggère la disparition de certains personnages clés et le retour d’autres, elle s’arrête sur un cliffhanger qui promet de poursuivre les révélations de l’intrigue, tout en proposant de nouvelles histoires. Il est clair que le monde parallèle et ses possibilités proposent un fond infini d’intrigues possibles, et certain que les protagonistes, notamment les enfants Mike, Eleven, Dustin et Lucas, seront bel et bien de retour dans la suite.

En attendant la seconde saison, et son annonce officielle, le Cerveau vous recommande d’être patient, et de redécouvrir d’autres séries et films des années 80, histoire de rester dans l’ambiance.

Crédit photo : ©Netflix

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  • Poupie

    Pour les références à Stephen King, il y a aussi clairement le livre « Charlie », qui est un enfant de parents qui ont participé aux mêmes genres de tests gouvernementaux que la mère d’Eleven dans la série, et qui comme elle possède des « pouvoirs ».

  • Syldana

    Même la qualité d’image est bluffante et adopte à 100% le style de l’époque. Dès les premières images, le générique… nous replongeons dans un univers à la Twin Peaks, les styles vestimentaires, la réalisation montrant des scènes de la vie quotidienne en famille, la relation entre les enfants nous plonge totalement dans du Spielberg, c’est fou.