Independance Day 2, suite du film iconique des années 90 de Roland Emmerich sort dans les salles mercredi 20 juillet. Le Cerveau se demande vraiment pourquoi les extra-terrestres, qui avaient déjà pas mal annihilé la Terre, sont revenu en 2016. La critique, déçue, du Cerveau.

Ce mercredi, la suite inespérée de l’un des blockbusters les plus marquants des années 90 débarque dans les salles françaises : Independence Day baptisée Independence Day 2 : Resurgence. Une suite qui se déroule 20 ans après les événements de 1996, ou la Terre a failli être annihilée par une espèce extra-terrestre. Une espèce venue profiter des ressources de la planète sans égard pour ceux qui y habite. On explose tout et on s’installe.

Un véritable « pop-corn movie » qui a marqué son époque, époque elle-même marquée par une mode Alien. Porté par un Will Smith fidèle à lui-même et Jeff goldblum – qui lui rempile pour cette suite à l’ère du reboot, des suites et des remakes - Independence Day a donc bien sa suite. Une suite un peu tirée par les cheveux, bodybuildée grâce à un budget de 200 millions d’euros. Problème, Will Smith n’est pas là. Et ce n’est pas le seul problème du film.

Humour pas marrant

Independance-day-2-savant-fou-critique-decue-brain-damagedCe qu’on aimait dans Independence Day c’était l’humour décalé, jumelé au thriller et aux codes de Blockbusters. Un humour qui venait ajouter une plus-valu à un film qui était long et très « m’as-tu vu », avec ses explosions, ses sursauts patriotiques, et ses stéréotypes dignes de films d’Action.

Dans cette suite, par contre, on se prend beaucoup trop au sérieux. Même si on essaie d’insuffler un peu d’humour dans le personnage de Liam Hemsworth, copie ratée de celui de Will Smith dans le film précédent. On essaie aussi avec le scientifique loufoque, laissé dans le coma depuis sa possession par un alien en 1996. Toujours aussi taré dès son réveil, le savant fou est un peu trop caricatural pour qu’on puisse en rire, et fatigant, au point qu’on finisse par souhaiter qu’il retombe dans le coma, ou qu’il meure… au choix.

Bis repetita

Dès les premières images, le Cerveau a compris que Roland Emmerich se contenterait de nous raconter la même histoire, «pimpée» vingt ans après, grâce à son budget colossal, ses effets spéciaux et sa 3D. Très peu de nouveautés ou de véritable frisson, on balance la sauce «explosion» dès les premières minutes, pour surenchérir par la suite.

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Celui qui adore les films catastrophe, de Stargate à White House Down, prouve une fois de plus qu’il ne sait pas faire des films cohérents. Le Cerveau n’a pas dit intelligent, ce serait trop demander, surtout quand il s’agit de ce type de blockbuster. Un poil de cohérence dans toute cette invraisemblance, par contre, c’est primordial.

Dans cette suite, pas de cohérence dans son intrigue, encore plus tirée par les cheveux que la précédente. Les aliens reviennent en 2016 avec leur Reine Mère pour récupérer le noyau de la Terre, grâce à une balise de détresse d’un vaisseau échoué – que personne n’a compris qu’elle était un balise de détresse – 20 ans plus tard.

Pourquoi ?

Alors que le monde, «pimpé» grâce à la technologie alien se prépare à commémorer les 20 ans de la victoire contre ces derniers, on repart donc dans le schéma classique du premier film.  Avec cette fois-ci, un Jeff Godblum qui lui-même ne semble pas convaincu ni par son personnage, ni par l’intrigue de ce film. Dommage qu’un acteur de ce gabarit soit aussi passif à l’écran, alors qu’il est sensé être l’un des héros de ce long métrage.

Un coup en Afrique, un coup aux USA, on assiste donc au retour du vaisseau mère, qui cette fois aspire les choses, au lieu de détruire à coup de faisceaux lumineux. Les vaisseaux de combats se font abattre, et sont moins résistants qu’imaginé, même si mêlés à la technologie extra-terrestre. Et les batailles sont interminables. Malheureusement, si les effets spéciaux en envoient plein la vue, on s’ennuie, car on connaît déjà l’histoire.

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Mais surtout, on s’énerve, parce que ce n’est pas ce pourquoi on a pris un ticket au guichet. On voulait de la bravoure, de l’union internationale comme le premier, un patriotisme américain, comme celui qui caractérisait Independence Day. Un patriotisme qui nous rendait nous spectateurs, patriotes, fiers d’être « Américains » le temps d’un film. Ici, le seul discours patriote, sera resservi par un Président Whitmore affaiblit, vieux et hanté, sans conviction ni même émotion, à l’image de tout le film. Tout est tellement exaspérant, que le seul mot qui nous vient à l’esprit tout le long du film c’est : « Pourquoi? »

L’antre du stéréotype

Independance-day-2-critique-decue-jeff-goldblumpresident withmoreCe qui exaspère le plus dans Independence Day 2 : Resurgence est la ribambelle de clichés servis peut-être pour remplir le vide intersidéral du film : un peu à l’image de cette séquence vue et revue de la femme avec son enfant sur le toit voués à une mort certaine, accompagnée de la mère d’un des héros, qui échappent de justesse à l’annihilation de l’immeuble, sacrifice à la clé.

On pense à la fille du président aussi qui veut se sacrifier pour sauver la Terre dans la mission suicide qui est proposée, et qui au final sera accompli par le président. Mais le meilleur, reste celui de l’Africain, et ses manchettes, fils de dictateur et un peu dictateur lui aussi – sinon c’est pas crédible- Général sans avoir fait l’armée. Un dur à cuire taciturne qui fait office de quota « exotique ».

Shut up Woman

Independence Day 2 Resurgence, est un film bourré de défauts, mais celui qu’on attendait le moins était le sexisme, qui bien évidemment s’offre une belle place de choix dans ce film. Un sexisme incarné par une Présidente absente, et presque caché par la fausse proactivité de la fille du président Whitmore. Une présidente qui ne fait que valider des décisions militaires, ou réciter des discours écrits par d’autres. Si encore dans les années 90, cela ne choquait pas qu’une femme puisse être « absente » ou passive, en 2016, voir une présidente se planquer dans une base militaire et être quasiment absente du film jusqu’à sa mort, cela relève du sexisme éhonté.

Un sexisme qui prend tout son sens lorsque cette dernière est remplacée par le Général (William Fichtner), qui lui, a une place de choix dans ces deux heures de film. On ne parlera pas plus du personnage de Charlotte Gainsbourg, Psychologue que personne n’écoute et qui exacerbe tout le monde, même David le scientifique, quand elle pointe des choses pertinentes sur l’origine des aliens… Et cerise sur le gâteau, si elle est là, c’est pour que Jeff lui colle une belle pelle à la fin, quand tout est bien qui finit bien…

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Vous l’avez donc compris, Independence Day 2 : Resurgence est bien une suite qui n’aurait surement jamais dû voir le jour. Tristounette, incohérente, exaspérante par moment, mais surtout ratée, cette suite confirme bien que nous vivons une sale époque : celle des suites, des reboots ou des remakes des grands succès d’autrefois. A croire qu’on ne sait plus écrire de bon films ou blockbusters originaux. Ce ne sont pas les talents qui manquent pourtant. Et c’est bien dommage. Independence Day 2 : Resurgence est preuve qu’on peut redouter les suites de l’autre succès des années 90 d’Emmerich avec le retour annoncé de la franchise Stargate au cinéma.

Independence Day 2 : Bande Annonce

Crédit photo : ©20th Century Fox