The 100 : le showrunner réagit à nouveau à la polémique (spoilers)

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Après le décès surprise de Lexa, le showrunner de The 100, Jason Rothenberg réplique à nouveau dans une longue lettre destinée aux fans.

Les fans de The 100 sont sous le choc. Lexa est morte. Au-delà de ce décès totalement inattendu, certaines voix s’élèvent pour critiquer cette décision. Les détracteurs y voient en effet, un moyen d’éliminer un personnage lesbien. Le showrunner de la série, Jason Rothenberg, s’était déjà exprimé sur le sujet. Il disait alors regretté la manière dont ils avaient appréhendé ce retournement de situation, mais pas d’avoir tué ce personnage en particulier.

A l’aube de la convention WonderCon, où il doit apparaître ce week-end à Los Angeles, le showrunner a écrit une longue lettre  où il exprime, encore une fois son point de vue. Il réitère qu’il a beaucoup appris grâce à cette polémique et que, s’il avait su, il aurait fait les choses différemment. Ici, il adresse mieux le coeur de la polémique. Ce n’est pas tant la mort de Lexa elle-même le problème, mais qu’elle fait partie d’une trop longue liste de personnages de lesbiennes supprimées pour mieux faire souffrir les fans.

Sans jamais s’excuser, Rotenberg démontre bien qu’il a compris le problème et semble avoir vraiment appris une leçon. Cependant, on peut bien comprendre avec cette lettre que dans The 100, aucun personnage n’est sauf, pas même s’ils sont LGBT+. S’il doit en tuer un autre dans le futur, il s’y prendra simplement d’une meilleure manière.

« Depuis que l’épisode « Thirteen » de The 100 a été diffusé il y a trois semaines, j’ai passé énormément de temps à lire les lettres, les blogs, les tweets et les articles d’hommes et de femmes passionnés qui se déclarent tristes et en colère suite à la morte de Lexa, et ce, juste après une scène d’amour entre elle et notre héroïne Clarke Griffin. Je suis d’ailleurs toujours en train de les lire et je suis toujours en train d’apprendre. Mais j’ai acquis mon point de vue, et plus que tout, je tiens à vous remercier, vous les fans.

Pas une série, pas un seul épisode n’existe dans le vide. En tant que téléspectateurs, nous apportons notre expérience de la vie réelle, les événements contemporains et la mémoire collective de toutes les histoires qui nous ont divertis (ou pas). Toutes les relations. Toutes les scènes d’amour ou acte de violence. Toutes les révélations et clichés. Toutes les intrigues originales, et oui, même les tropes. Les pires séries réutilisent la formule. Les meilleures transcendent les clichés, ouvrent nos yeux sur une nouvelle manière de penser, et accueille de nouveaux spectateurs.

Pour de nombreux fans de The 100, l’histoire d’amour entre Lexa et Clarke est un pas positif vers l’intégration. J’en tire une énorme fierté. D’autant plus que The 100 a démarré sa 4e saison avec un couple de personnages principaux lesbiens et un casting très varié. L’honnêteté, l’intégrité et la vulnérabilité d’Eliza Taylor et d’Alicia Debnam-Carey ont beaucoup apporté aux deux personnages et leur relation a pris une importance bien plus grande que je ne l’aurais pensé. Et cette représentation très importante a été supprimée par une balle perdue.

L’idée d’avoir une tragédie suivre un grand moment de bonheur était de souligner le drame, et souligner la fragilité de la vie. Mais le résultat final est devenu complètement autre chose – la perpétuation du cliché très malsain appelé « Bury the Gay ». Notre promotion agressive de cet épisode et de cette relation a simplement servi à nourrir le sentiment de trahison.

Alors que je comprends désormais pourquoi nous faisons face aux critiques, cela me fend le coeur. Je jure que faire disparaître, tourmenter ou blesser qui que ce soit n’a jamais été dans notre intention. Ce n’est pas qui je suis réellement.

Dans le monde des séries, personne n’est sauf et tout le monde, même un personnage aimé des fans peut mourir. Mes propres séries préférées fonctionnent également sur le même modèle d’urgence poussé à son paroxysme. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles cet épisode en particulier a été tourné de cette manière : d’abord des raisons pratiques : une actrice quitte la série, des raisons liées à la création : c’est une histoire de réincarnation et des raisons thématiques : The 100 est une série à propos de la survie. Malgré ces raisons, qui me sont propres,  j’écris et je produis toujours des programmes télévisés pour le monde réel dans lequel les événements négatifs et tristes existent. Et je suis vraiment désolé pour ne pas avoir reconnu ça aussi bien que j’aurais dû. En sachant ce que je sais maintenant, la mort de Lexa aurait été tournée différemment.

The 100 est une série post-apocalyptique qui se déroule 130 ans dans le futur. C’est un combat constant entre la vie et la mort. Dans notre série, toutes les relations débutent avec une seule question : « Peux-tu m’aider à survivre aujourd’hui. Ta couleur n’a pas d’importance, ton genre n’a pas d’importance, que tu sois gay, bi ou hétéro n’a pas d’importance. Ce qui nous divise en tant que citoyens du monde aujourd’hui n’a pas d’importance dans cette série. Et c’est là la beauté de la sicence-fiction. Nous pouvons arguer un point sans prêcher. Nous pouvons dire que l’origine ethnique, la couleur de peau, l’orientation sexuelle, le genre ou un handicap ne devrait pas nous diviser.

Mais on m’a rappelé fortement que notre public apporte tout cela dans le monde réel, où les ados LGBT+ font face à des discriminations répétées, souffrent souvent de dépression et se suicide à un taux bien plus importants que les ados hétéros. Où les gens font toujours face aux discriminations à cause de la couleur de leur peau. Où, dans encore trop d’endroits, les femmes n’ont pas les mêmes opportunités que les hommes, surtout les femmes bi, lesbiennes ou transgenre. Et où les personnages de télévisions ne représentent toujours pas complètement les vies diverses du notre public. Ce n’est même pas proche.

Ceux d’entre-nous qui sont assez chanceux d’avoir une plateforme pour raconter des histoires ont une opportunité pour étendre les frontières de l’inclusion, et nous ne devrions pas penser que cela va de soi.

Pour ceux qui s’interrogent sur le futur de la série, The 100 est une série où les personnages ne vont pas de l’avant rapidement. Cela est vrai pour les blessures physiques et émotionnelles. Clarke ressent un profond sentiment de perte de quelqu’un qu’elle aime, et elle portera cette perte avec elle pour toujours.  J’espère sincèrement que les fans qui ont vu une part d’eux-mêmes dans cette relation entre Clarke et Lexa peuvent se sentir un peu réconforté en sachant que leur amour était magnifique et réel. ».

source EW/Image ©CW

La rédaction

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  • soso

    J’aime beaucoup cette série car justement, il n’y a plus de notion d’être noir ou blanc (ou jaune), les femmes ont une vraie position égale à l’homme. Et l’orientation sexuelle n’est pas abordé comme tel car elle n’a pas d’importance. Je comprends le sentiment des fans mais en même temps, ça va apporté beaucoup à l’histoire. Ce n’était pas la mort d’une Queer mais bien d’un personnage central qui va changé la donne.

  • Everdeen

    Toute cette histoire prend vraiment des proportions insensées, c’est dingue. Personnellement je suis lesbienne et je ne me sens absolument plus (ce fut le cas autrefois) sous représentée à l’écran aujourd’hui. Je regarde énormément de séries TV et je retrouve des persos lesbiens ou bisexuels dans une très grande partie d’entre elles (The Fosters, Faking It, How to get away with murder, The 100, Grey’s Anatomy etc. pour ne citer que les premières qui me viennent à l’esprit là comme ça tout de suite).
    Depuis le début la série The 100, des dizaines et même des centaines de personnages sont morts, blancs, noirs, jaunes, hispaniques, adultes, enfants, petits, grands, gros, minces, hétéros…et donc Lexa. Lesbienne. Et là apparemment y a plus le droit ? On nous vend le message d’une société égalitaire où tout le monde s’en fiche pas mal de qui vous aimez et avec qui vous couchez, on considère alors la série comme progressiste, mais alors le jour où on décide que de ce fait un personnage lesbien a tout à fait le droit de subir le même sort que tous les hétéros avant elle, là les fans eux même ne sont plus d’accord avec cette égalité de traitement ? C’est pas là justement que se trouverait la discrimination au final ?
    Je suis d’accord avec le fait que cette mort ait été traitée de façon maladroite, mais de là à en arriver à un tel bashing de Jason Rothenberg et des différents auteurs de la série, ça m’échappe franchement et ça devient même lassant. Je trouve ça très intéressant qu’on parle davantage de notre représentation à l’écran, et surtout c’est une très bonne chose que grâce à cette histoire des fonds aient pu être récoltés pour le Trevor Project. Mais alors cette espèce de vendetta menée actuellement sur la toile devient tout bonnement insupportable. Je suis lesbienne oui, et je ne me suis absolument pas sentie trahie ou sous représentée après la mort de Lexa. Déçue oui, car j’aimais beaucoup ce personnage et sa relation avec Clarke, mais en aucun cas je ne ressens le besoin de me « révolter ».

  • Rafik

    On veut revoir lexa