Brain Throwback Thursday : Pretty Woman a 25 ans

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Richard Gere et Julia Roberts sont à l’honneur dans le Brain Throwback Thursday spécial 25 ans de Pretty Woman

Pretty Woman a 25 ans. C’est pourquoi le film est à l’honneur dans ce Brain Throwback Thursday ce mois ci, pour une double dose de nostalgie, puisque ce jeudi nous revenons aussi sur Cendrillon. Réalisé par Garry Marshall, ce long-métrage met en scène Richard Gere dans le rôle de Edward, d’un riche homme d’affaire qui est séduit par Vivian, une prostituée, incarnée par Julia Roberts. Conte de fée moderne, on assiste alors à la naissance de leur sentiments, aux difficultés dont ils doivent faire face pour vivre cet amour presque impossible, entre manque de confiance en soit, jugement d’eux-même et de la société, et évolution de personnalité chez les deux personnages. Parce que l’amour guéri tous les maux, y compris l’indifférence et l’égocentrisme chez les très riches.

C’est beau l’amour

Richard Gere Pretty Woman TBT 25 ansLe succès du film tient tout d’abord au duo Richard Gere et Julia Roberts. Leur alchimie à l’écran est plus que palpable. De nombreuses séquences sont rentrées dans les mémoires comme la scène d’essayage dans un magasin de haute couture qui a fait rêver de nombreuses femmes,ou  les moments hilarants où Vivian fait des faux pas dans la haute société, ou encore la scène finale où Edward convainc Vivian de le suivre avec La Traviata jouant depuis sa limousine.

Il ne faut pas non plus oublier la fameuse chanson de Roy Orbinson, qui aura connu autant de succès, sinon plus, que le film.

Conte de fée moderne

Mais Pretty Woman fonctionne surtout car il a toutes les bases du conte de fée. Edward n’est autre que le prince, ici, riche et plein de pouvoirs. Vivian est la roturière. Son élévation sociale se fera donc par le mariage (ce qui à l’époque aura fait grincer les dents de nombreuses féministes). Le film emprunte à de nombreux contes traditionnels. Le shopping peut être apparenté à la scène de la transformation de Cendrillon. Et la fin n’est autre que le preux Chevalier qui arrive sur son cheval blanc pour sauver la pauvre princesse enfermée dans sa tour.

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Le tout en version moderne et ancrée dans notre réalité, sans magie, donc. Ce n’est pas une bonne fée qui aide et transforme Vvian, mais le gentil concierge de l’hôtel. Le Prince est un businessman puissant et riche. La pauvre princesse presque esclave est la prostitué. Et en guise de tour, un mauvais HLM. Le cheval blanc sera une limousine, avec chauffeur. Il est donc plus facile pour une spectatrice adulte de s’identifier à la situation. Les femmes touchées par ce long métrage ne croient plus en la magie de la bonne fée, et des usages des royaumes magiques sans âge, mais elles veulent encore rêver du prince charmant. Pretty Woman leur vend ce rêve.

My Fair Lady Nineties Edition

Pretty Woman c’est aussi une revisite de My Fair Lady (1964), ou de la pièce Pygmalion de Bernard Shaw parue en 1914. L’initiation d’une jeune femme qui n’a aucune classe ni bienséance, introduite dans la Haute, qui n’est plus une vendeuse de fleurs,comme dans l’oeuvre originale, mais cette fois une prostitué. L’homme lui offre l’élévation sociale, et personnelle, tout en tombant amoureux de cette dernière alors que rien ne le prédestinait.

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Si dans Pygmalion, Eliza, la protagoniste principale, roturière de son statut, ne reste pas avec Mr Higgins, à la différence dans My Fair Lady ou Pretty Woman, les deux femmes restent avec leurs hommes, même si dans My Fair Lady, ils ne se marient pas, leur romance restant suggérée. Les thèmes principaux se retrouvent dans les deux long-métrages : la critique de la haute société, la parodiant à souhait, et la question des apparences.

L’autre fin

pretty-woman julia roberts en puteJulia Roberts a révélé cette semaine à NBC que Pretty Woman aurait très bien pu se terminer tout autrement. Avant que Garry Marshall n’arrive sur le projet, le long-métrage était beaucoup plus noir et très loin de la comédie romantique. D’abord il s’appelait 3000, du prix fixée par Vivian pour ses passes. A la fin, sa meilleure amie mourrait d’une overdose, et Edward éjectait Vivian de sa voiture, lui jetait l’argent à la figure et partait la laissant là, sur le trottoir. Tout de suite, ça vend moins du rêve.

L’histoire d’amour est beaucoup moins belle comme ça, et n’aurait certainement pas eu la même influence, en particulier sur le cinéma hollywoodien, ou la pop-culture,

Car Pretty Woman sort en 1990. Avec Quand Harry rencontre Sally cause le raz-de-maré de comédie romantique des années 90.

Critiques

Et pourtant le film a été accueilli de manière mitigée par la critique américaine à sa sortie. Beaucoup ont reproché à Pretty Woman une intrigue trop obsédée par les statuts sociaux et l’argent, et non par l’histoire d’amour. Paradoxalement, le film a été nommée en France pour le césar du meilleur film étranger.

Pretty Woman aura aussi été accusée d’encourager la prostitution, en montrant une version aseptisée de la profession, et non la réalité, indiquant par exemple que Vivian n’aurait jamais pu quitter son mac comme ça (ce qui en soit n’est pas faux). Et qu’en gentil riche homme d’affaire qui vient vous sauvez de votre condition et ne tente même pas coucher avec vous, ça n’existe pas vraiment et d’ignorer le trafic d’esclaves sexuelles que cache le monde des Escorts Girl.

A savoir que Richard Gere lui-même n’aime pas Pretty Woman. Il l’a confié en 2012 à un journaliste disant que “C’était une comédie romantique stupide”. Il est surtout très critique de son personnage et voit lui une glorification des vautours de Wall Street en Edward.

La révélation Julia Roberts

Cependant, le film est un vrai succès public, avec pas moins de 463 millions de dollars de recettes dans le monde, soit troisième film de l’année dans le monde en 1990. Les producteurs ne se trompent pas, et savent que le succès est Richard Gere et cette nouvelle actrice que personne ne connaissait avant, Julia Roberts.

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On connaît la carrière que Julia Roberts a eu depuis. Comment elle est devenue ensuite la chouchou du box office et l’une des actrices les mieux payées d’Hollywood.

Et dans cette longue carrière, elle a recroisé Richard Gere. Les directeurs de casting souhaitant certainement recréée l’alchimie et attirer les fans du film. On les retrouve ainsi ensemble dans Just Married (ou presque) en 1999, avec le même réalisateur. Et, commercialement, ça fonctionne avec 309,5 millions de dollars de recettes dans le monde. Beaucoup moins à l’écran cependant, les critiques notant un manque d’alchimie entre les deux acteurs principaux et une intrigue au-delà du cliché.

Crédit photos : © Buena Vista Pictures

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