L’Intrépide : Paris gagnant

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Au rang des surprises bande-dessinées françaises, le Cerveau appelle L’Intrépide, succulent mélange de culture parisienne et américaine.

Alors que les maisons d’édition américaines sont en plein boom suite à la conquête des salles obscures des super-héros les plus édulcorés, il existe une enclave qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. Résister ? Le terme est un peu brusque. Le Cerveau parlerait plus « d’adaptation ». En effet, entre La Sentinelle et autres Brigades Chimériques, le super-héros à la française inspiré de son homologue outre-atlantique a le vent en poupe. Et c’est sur cette vague de mutation culturelle que nous vient le premier tome L’Intrépide, super-héros parisien du passé, tout droit sorti de l’imagination débordante de l’inénarrable Marcus.

L'intrépide posterLa vie en bleu, vert et rouge

Sorti d’un vortex temporel à notre époque, l’étrange héros qu’est L’Intrépide, venu directement de 1976, a du mal à prendre ses marques. Etonné de trouver Les Halles défigurées, il se rend enfin compte de ce qui lui arrive. En quête de réponses, il retourne chez sa grand-mère, indirectement responsable de ses pouvoirs car elle lui confectionne de bons petits plats depuis sa plus tendre enfance dans des fourneaux ayant appartenu à Pierre et Marie Curie, ipso facto : étant irradiés. Sauf que selon l’animal qui est cuisiné, l’Intrépide obtient un nouveau pouvoir hérité des spécificités de l’animal en question. Et c’est à ce moment que sa némésis, le Voleur Vert l’attaque dans son QG. S’en suit une terrible bataille dans les rues de Paris, qui se terminera par un affrontement aux conséquences désastreuses dans la Géode du Parc de la Villette…

Enfance accomplie

Avant de parler du « comics » lui-même, il est de bon ton de rappeler l’histoire insolite derrière l’Intrépide. Marc Lacombe, aka Marcus, présentateur spécialisé dans les jeux vidéo sur Game One et Nolife, présenta un jour les planches originales d’un histoire de super-héros qu’il avait inventé étant enfant, en 1976 justement. Il s’agissait bien évidemment des prémices de l’Intrépide. Jouissant d’une communauté de fans aussi intrépides que son héros, Marcus croula vite sous les fanart et les demandes de mettre en images pour de bon les aventures du super-héros multicolore. Et de sa rencontre avec le duo Rémi Guérin et Guillaume Lapeyre à l’originie de City Hall naquirent les aventures modernes de l’Intrépide.

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L'intrépide illus1Aventure temporelle

Là où la force de l’Intrépide réside c’est dans sa capacité à lier les différentes époques durant lesquelles Paris vécu ses années symboliques : du début du siècle avec Pierre et Marie Curie ainsi que les références à la Grande Guerre, en passant par les années folles et les 30 Glorieuses. Enracinement romantique dans des périodes historiques qui ont forgé la culture parisienne voyant son apogée à notre époque avec une rapide visite des lieux modernes de la capitale. Une continuité dans l’histoire de Paris qui ne verse pas dans la facilité du « c’était mieux avant », chose rare dans production française.

Seul bémol cependant, si le ton léger et humoristique colle parfaitement au personnage mélange attachant de super-héros de l’âge d’or des comics au comportement qui n’est pas sans rappeler celui de Goku,  il manque ce sérieux qui pourrait en faire une création en passe de devenir une oeuvre mature. Mais le Cerveau n’a pas trop d’inquiétudes là-dessus. Les exemples de productions françaises aillant connus des débuts versant dans la comédie avant de devenir plus obscures, sans être pédantes, sont légions (Kaamleott, Le Visiteur du Futur…).

L’Intrépide est donc une réponse parfaitement adaptée à la déferlante américaine super-héroique de ces derniers temps. Drôle, intelligemment écrit, somptueusement dessiné… Il est difficile de trouver quoi que ce soit à redire sur cette initiative, autant sur le fond que sur la forme. Le Cerveau espère cependant une évolution dans le personnage de l’Intrépide qui lui permettrait d’obtenir la reconnaissance qu’il mérite. Ca serait dommage qu’il tombe dans l’oubli aussi vite, vu le potentiel qu’il referme.

Crédits : ©Ankama

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