Skandalon : Aveu d’échec

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Avec Skandalon, Julie Maroh propose une réflexion sur le statut de Dieu des chanteurs d’aujourd’hui qui reste malheureusement bien en surface.

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Tazane est une véritable icône rock. Passionné, arrogant, égoïste, parfois violent, le chanteur accumule les polémiques. Mais le public qui l’adule et les médias qu’il fascine n’attendent en réalité qu’une seule chose : son prochain coup d’éclat… Ce goût du scandale, Tazane l’a cultivé, il en a fait un art. À tel point que, petit à petit, il va aller de plus en plus loin, jusqu’à commettre l’irréparable, et s’engouffrer dans une redoutable spirale autodestructrice.

De Jim Morisson à Claude François

Après Le Bleu est une couleur chaude- adapté au cinéma sous le nom de La vie d’Adèle, Julie Maroh propose comme nouveau roman graphique Skandalon sorti le 11 septembre dernier. Skandalon vient du Grec et veut dire scandale. Julie Maroh dresse ici un portrait impitoyable du star-systeme. Tazane est une icône rock. Un chanteur qui est passé au stade de Dieu adulé par ses fans. Par les dessins, les comportements, les références, on ne peut que penser à Jim Morisson ou Iggy Pop dans le dessin, Kurt Cobain ou Pete Doherty dans la chute dans le drogue et le dégoût de la célébrité et de son propre public, Michael Jackson avec l’affaire de viol, Claude François et les fans qui campent devant l’immeuble de la star ou encore Bertrant Cantat ou quand le public soutient un criminel. Toutes des stars qui sont passés au statut de Dieu parmi ceux qui les écoutent, dont les scandales ont fait la une des journaux, ont peut-être terni leur réputation mais jamais les ventes de leurs albums.

Profondeur de façade

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Dans Skandalon, Maroh souhaite que ses lecteurs se questionnent sur les scandales, les transgressions des interdits de la société et comment nos idoles ne sont que les nouveaux dieux et se comportent comme ceux des mythologies. Elle cite Malraux bien sûr, mais aussi Claude-Levis Strauss ou Aristote. Cela donne à l’album une impression de profondeur, mais elle n’est que de façade. Maroh nous abreuve de tous les stéréotypes sur la vie de Rock Star, sans jamais les étudier ni donner une piste de la cause. Elle fait la même chose avec la déification du musicien, et rarement tente d’en étudier le phénomène. Tazane a bien sûr choisi son pseudo parce qu’il est maléfique – une anagramme phonétique de Satan. Tazane se drogue, viole une fille dans les coulisses, est en désaccord avec les membres de son groupe. L’auteure nous épargne aucun cliché sur les rockeurs, il est même adepte de l’auto-mutilation. Le tout soutenu par des jeunes filles fébriles et critiqué par des vieux cons. Sentant sûrement que l’album manque de profondeur, Maroh offre une post-face qui nous explique sa réflexion, son symbolisme et ce qu’elle a voulu dire. On ne peut lire ici qu’un aveu d’échec. Elle n’a pas réussi à traduire sa pensée par son dessin et son histoire, elle se doit de donner une explication.

Julie Maroh se rattrape dans ses dessins, avec des traits gras et bruts qui s’associent très bien avec son propos. Des couleurs vives et assombries parfaites avec l’humeur de son héros. La volonté est là, l’intention est la bonne. Mais l’exécution laisse vraiment à désirer.

Crédits Image ©Glênat

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  • John Smith

    Je ne suis convaincu par rien de ce que j’ai vu, entendu ou lu d’Agents of S.H.I.E.L.D. pour l’instant.
    Le gros problème est pour moi de vouloir se mettre un peu à part du Marvel Cinema Universe, tout en faisant partie du Marvel Cinema Universe.

    Le concept d’agents qui chassent les objets surnaturels, les extraterrestres, les trucs bizarres, j’adore, mais ça a été exploité un paquet de fois à la télé et la plupart du temps c’est mauvais, caricatural et un peu débile.
    Alors bon, ils ont peut être fais ce qu’il faut pour que la série tienne la route, mais j’arrive pas à m’enlever de la tête l’image d’une série B avec des « enquêtes surnaturelles ».