Black Mirror Saison 3 : Au plus proche du réel (bilan)

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3.0

Découvrez le bilan de la saison 3 de Black Mirror, un peu plus sage, mais qui tient encore ses promesses et nous propose des histoires, pour certaines, se rapprochant encore plus de notre réalité. Un avenir (présent ?) possible, qui fait froid au Cerveau…

Avec 2 saisons et un épisode de Noël, Charlie Brooker nous a fait devenir accro à sa série horrifiante qui nous propose un avenir plus qu’angoissant: Black Mirror.

BlackMirror_EP1_san_junipero_1258r1Black Mirror revient sur Netflix avec non pas 3, mais 6 épisodes. Une 3ème saison qui se veut plus sage, moins traumatisante que les précédentes, avec même un épisode qui se finit bien, chose assez rare pour le souligner.

Pour chacun des 6 épisodes de cette série d’anthologie, l’histoire prend vraiment le temps de s’installer, et on ne comprend pas tout de suite de quoi il retourne Les personnages, les lieux, le contexte prennent place doucement pour finalement faire basculer le spectateur dans l’angoisse de cette réalité alternative. Et pour cette saison 3, la formule de Black Mirror est toujours bien là : prendre une avancée technologique pour en montrer les dérives. Car ce n’est pas la modernisation de notre société et ses nouvelles technologies qui sont critiquées, mais bel et bien l’utilisation qu’en font les hommes et comment ils les détournent. Le propre de la science-fiction : critiquer l’humanité.

Au plus proche du réel

Avec cette saison 3 moins dans l’anticipation, le Cerveau ne sait que penser. Est-ce que la série commence à avoir fait le tour de nos possibles futurs ou bien essaie-t-elle simplement de se rapprocher de nous pour nous mettre d’avantage en garde ? Cette saison 3 de Black Mirror est presque rattrapée par la réalité et se veut beaucoup plus proche de nous, de nos habitudes technologiques actuelles et de notre société.

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Comme dans le premier épisode intitulé NoseDive, où une véritable course aux « likes » a lieu, via les photos postées sur les réseaux sociaux mais surtout par rapport à votre attitude dans la vraie vie, puisque chaque personne peut noter votre comportement et ainsi vous faire monter ou descendre dans l’échelle sociale. Sachant que la moyenne de vos « likes » peut aussi bien vous ouvrir des portes que les fermer (obtention d’un appartement, perte d’un emploi…). Tout tient au paraître. Un épisode qui se rapprocherait  presque de notre vie, où aujourd’hui elle est étalée sur différents réseaux sociaux en suscitant un maximum de likes pour le bien de notre amour propre ?

Charlie Brooker sait mettre le doigt là où ça fait mal. Notamment sur notre comportement derrière un écran et  le lynchage qui a lieu sur les réseaux sociaux, comme si ce qui y était dit n’avait pas d’importance catastrophique, comme si nous étions puissants, là, assis en slip sur notre canapé a décider ce qui est bien ou non et à le crier à la face du monde juste en choisissant le bon hashtag qui va faire du buzz, sans se soucier des réelles conséquences.

Et, si finalement, nos vies étaient en jeu ?

Réalité Virtuelle

BlackMirror_EP6_playtest_00455rLa réalité virtuelle, qui commence à être de plus en plus présente dans nos vies actuelles, fait son apparition sous différentes formes d’ailleurs dans cette 3ème saison, comme si elle en était la thématique principale.

On la retrouve évidemment sous la forme d’un jeu vidéo qui va devenir un réel cauchemar dans Playtest. Mais surtout sous forme d’illusion du quotidien pour créer un paradis où finir ses jours dans l’épisode San Junipero ou bien encore pour nous masquer la réalité et nous permettre de commettre des actes horribles avec Men Against First.

Trois épisodes traitent différemment de cette technologie, soit la moitié de la saison, une véritable sonnette d’alarme est lancée ! La vie est-elle si difficile pour que nous basculions dans une addiction à la réalité virtuelle ?

Black Mirror est une série futuriste, dite d’anticipation, et pourtant avec l’épisode Shut up and dance, le scénariste nous propose une histoire de chantage et de harcèlement numérique totalement plausible de nos jours.Ccertainement l’épisode le plus ancré dans le réel et qui ne laissera pas indifférent. Combien d’entre vous masqueront la caméra de leur ordinateur après avoir vu cet épisode ?

Un casting de choix

Ce qui fait l’originalité de Black Mirror, c’est que chaque épisode est indépendant des autres, avec un réalisateur et des acteurs différents. Une véritable série d’anthologie comme il en existe peu de nos jours.
On peut remarquer que cette saison, le casting s’internationalise avec quelques acteurs qui sont loin d’être inconnus.

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On retrouve ainsi la sublime Bryce Dallas Howard (Jurassic World, The Village…) touchante dans son rôle d’accro du « like » qu’elle joue à merveille. Mais aussi Jérôme Flynn (Game of Thrones, Ripper Street…) qui ici joue un rôle tout à fait moderne d’homme tourmenté qui fait face à une situation plus que délicate.

Et quel plaisir de retrouver Kelly Mcdonald (Boardwalk Empire, Nanny McPhee…) dans un rôle fort de policière dure et pas du tout commode qu’elle interprète avec brio.

Une saison riche de genres

Les scénaristes de Black Mirror se sont fait plaisir avec cette nouvelle saison en abordant des genres très différents, et il y en a pour tous les goûts ! On retrouve de l’horreur (arachnophobe, fermez les yeux !), un thriller, un film de guerre, une romance…

BlackMirror_EP1_san_junipero_0282rUne diversité plaisante avec un panel de genres où chacune des technologies sert l’histoire comme il se doit. Ce qui rend la série encore plus riche en termes de narration et permet de la renouveler, surtout quand les épisodes sont proposés tous à la suite par Netflix.

Certains épisodes ont un ton plus léger, avec même une petite dose d’espoir. Parce que oui, la technologie peut faire du bien, et oui, on peut aussi s’en passer et redevenir nous-même en revenant aux choses essentielles et en redevenant simplement humain. Malgré tout, même si cette diversité de genre apporte un renouveau à la série, les épisodes sont assez inégaux. Certains ont une fin attendue et surprennent moins avec un scénario trop facile, alors que d’autres, comme le dernier épisode (Hated in the nation) sont tout à fait étonnants.

Et c’est un vrai final en beauté qui nous est offert avec ce 6ème épisode, dans un scénario beaucoup plus pointu et développé sur 1h30. La réalisation soigné de James Hawke, connu aussi pour avoir réalisé quelques épisodes de Penny Dreadful ou bien encore quelques-uns de Doctor Who, avec cette atmosphère pesante et ce twist final, sont une vraie réussite et nous rappelle, que oui, Black Mirror peut encore nous surprendre.

Même si cette saison est en demi-teinte, c’est avec impatience que Le Cerveau attend la saison 4 de Black Mirror prévue pour 2017.

Crédit photo : ©Netflix

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  • XSpy

    Non mais sérieusement apprenez à écrire ! « c’est avec impatience » et non pas « cette avec impatience ». Niveau CP…